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Bras de fer entre les États-Unis et l’Agence mondiale antidopage (AMA)

Le gouvernement des États-Unis aurait décidé de ne plus payer à l’Agence Mondiale Antidopage sa quote-part, prenant le risque de priver ses athlètes des prochaines grandes compétitions internationales dont les Jeux de Tokyo 2020.

On sait que l’AMA est financée à moitié par le Comité International Olympique (CIO) et l’autre moitié par les états membres. A ce titre, les États-Unis payent l’équivalent de 15% de la contribution de tous les états au budget annuel de l’AMA qui est d’environ 35 millions d’euros. C’est, de tous les pays, le plus gros contributeur.

A l’origine du conflit, la politique de l’AMA que le gouvernement américain ne juge pas suffisamment « transparente ». Il exige un plan de réformes.

L’AMA n’a pas tardé à réagir. Son président, l’ancien athlète polonais Witold Banka, 35 ans a écrit depuis Varsovie à tous les athlètes. Après leur avoir rappelé les fondements de l’Agence, ses règles et ses succès, ce dernier a fait une autocritique et admis qu’il restait beaucoup à faire, mais il rappelle une arme fondamentale « c’est dans un esprit de collaboration entre les gouvernements et le Mouvement sportif qu’il est possible de lutter efficacement contre le dopage dans le sport ».
Pour le reste, Witold Banka s’est lancé dans un long discours pour démontrer la transparence de l’agence, expliquant notamment que tous les statuts, tous les procès verbaux étaient en ligne… sauf ceux dont le dossier est encore à l’instruction et de citer notamment le conflit qui oppose actuellement l’AMA à l’Agence russe antidopage (RUSADA) qui est examinée par le Tribunal arbitral du sport (TAS).

Reste que dans son bras de fer avec l’AMA, le gouvernement des États-Unis a le soutien de sa propre agence nationale antidopage (USADA). De fait, aujourd’hui, l’AMA pourrait décider d’interdire à l’USADA de siéger au sein de l’organisation et par voie de conséquence priver les athlètes américains des grandes compétitions internationales dont les Jeux olympiques.

Bien évidemment les américains intenteraient tous les recours juridiques pour faire annuler cette décision. Banka n’écarte pas cette possibilité mais rappelle : « Aujourd’hui, il m’est difficile d’imaginer l’AMA sans nos acteurs des pouvoirs publics qui s’engagent avec leurs forces de l’ordre et soutiennent la lutte contre le dopage dans leurs pays respectifs ; tout comme, je ne peux pas imaginer l’Agence sans les parties prenantes du Mouvement sportif qui s’assurent que des règles unifiées sont appliquées dans tous les sports et dans toutes les compétitions ». Et de préciser « … le contrôle de l’AMA n’est pas à vendre, quelle que soit la partie prenante avec laquelle nous traitons ».

Banka déplore cette situation : « L’AMA a été créée pour garantir que tous les athlètes puissent participer sur un pied d’égalité, dans des conditions équitables, sans dopage et dans le respect les uns des autres. Aujourd’hui, les disputes politiques obscurcissent cet objectif ».

Une position qui n’ébranle pas le pouvoir américain qui pour l’heure n’entend pas baisser pavillon.

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