World Athletics et Coe ont ouvert la boîte de Pandore

Le monde du sport international est vent debout face à la proposition de Sebastian Coe de récompenser les médaillés d’or à Paris 2024. Il aurait compromis ses chances de succéder à Thomas Bach à la présidence du CIO. Les présidents de fédérations internationales l’accusent d’avoir ouvert la boîte de Pandore.

 

Il ne fait pas mystère que Sebastian Coe, (photo) actuel président de la Fédération internationale d’athlétisme (World Athletics) ambitionne de succéder à Thomas Bach, l’an prochain à la tête du CIO. C’est sans doute dans cette perspective qu’il a proposé la semaine dernière que les athlètes touchent une partie des revenus que sa fédération tire de l’organisation mondiale du sport.

La semaine dernière, World Athletics a annoncé que les médaillés d’or en athlétisme recevront 50 000 dollars à l’issue des Jeux de Paris 2024 et que les médaillés d’argent et de bronze seront également récompensés à partir des Jeux de Los Angeles 2028.

 

Pour Michael Payne, un Irlandais, ancien directeur marketing du CIO, la proposition de Coe risque de lui coûter cher. « Ce qui a surpris tout le monde, c’est que Coe a pris la décision unilatéralement, avec un avertissement d’une heure au CIO et zéro heure aux autres fédérations. Les fédérations estiment, non sans raison, qu’ils ont été jetés sous le bus. Qu’allez-vous faire à peine trois mois avant Paris ? a t-il déclaré à l’AFP.

 

Selon Payne, cet épisode a porté atteinte à sa réputation parmi les membres du CIO. « S’il s’agissait d’un stratagème présidentiel, c’était la médaille d’or du but contre son camp, car qui élit le président ? Ce sont les membres du CIO. Beaucoup d’entre eux sont des présidents de fédérations internationales, qui sont apoplectiques de rage », a ajouté Payne.

L’ensemble des Fédérations internationales vent debout

L’Association des fédérations internationales des Jeux olympiques d’été (ASOIF) a confirmé vendredi dans un communiqué n’avoir été « ni informée ni consultée » par World Athletics, fédération membre, avant cette annonce.  » L’ASOIF respecte et défend l’autonomie de chaque fédération membre. Cependant, lorsqu’une décision d’une FI a un impact direct sur les intérêts collectifs des FI olympiques d’été, il est important et juste de discuter de la question en jeu, avec les autres fédérations au préalable. »

 

Comme on pouvait le penser, World Athletics vient de créer un problème. En récompensant ses athlètes méritants, elle met toutes les autres fédérations dans l’obligation d’en faire autant. Elle vient d’ouvrir la boîte de Pandore. Le discours entendu est partout le même : « d’autres sports vont clairement faire l’objet de pressions de la part des athlètes qui leur diront : « Eh bien, et nous ? Comment ce sport peut-il faire cela et pas d’autres ? »

 

L’Association des Comités nationaux olympiques d’Afrique (ACNOA) vient par ailleurs de soulever un autre problème, éthique : « Certains représentants d’athlètes ont exprimé des inquiétudes quant à la question du sport propre, car en augmentant l’incitation à gagner encore plus, les athlètes peuvent être exposés à des paris, à des manipulations ou à des pressions pour se doper », a déclaré l’organisation.

 

Si la plupart des athlètes soutiennent le projet du président de World Athletics, il ne pourrait pas en être autrement, cela risque de se faire au détriment du modèle de solidarité qui jusque là soutient et permet le développement des athlètes à tous les niveaux sportifs.

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