Le public veut révolutionner l’esprit des Jeux

L'institut de sondage Ipsos* vient de réaliser une enquête publique pour évaluer l'opinion du public concernant les droits et la

L’institut de sondage Ipsos* vient de réaliser une enquête publique pour évaluer l’opinion du public concernant les droits et la représentation des athlètes aux Jeux olympiques. Trois pays ont été sondés (France, États-Unis, Australie). Ces trois pays ont hébergé ou accueilleront les Jeux olympiques d’été entre 2024 et 2032.

Il montre que le public est très favorable à une meilleure rémunération des athlètes olympiques. Il démontre également une volonté de plus grande participation des athlètes aux décisions concernant leur carrière.

 

Voilà un sondage qui va conforter deux candidats à l’élection de président du CIO : Sebastian Coe et David Lappartient. Si le premier souhaite rémunérer les athlètes à hauteur de leur performance aux Jeux, le deuxième envisage de permettre à davantage d’athlètes d’être représentés au sein du CIO.
Or, le sondage commandé par Uni World Players (NDLR Une association qui rassemble 85 000 sportifs professionnels de 100 associations de joueurs dans plus de 60 pays) souligne que les actions du CIO sont en décalage avec les attentes du public en matière de droits et de représentation des athlètes.

L’histoire en marche

En effet, le statut de sportif amateur acté lors de la refondation des Jeux olympiques en 1894 a volé en éclat. Depuis les années 1980, les athlètes qualifiés pour les Jeux sont des professionnels. Les autres sont des sportifs bénéficiant d’un statut protégé qui leur permet d’être détachés de leur entreprise pour s’entraîner de manière professionnelle. C’est le cas de tous ou presque.

 

Ces sportifs assurent l’essentiel du spectacle aux Jeux. Or, une fois l’événement terminé, le CIO fait ses comptes et ils sont florissants. Entre les droits de retransmission, les heures d’audience sur toutes les plateformes, les recettes collectées auprès de ses principaux commanditaires, le CIO a généré des milliards de dollars de recette. Généreux, il redistribue 90% d’entre elles aux comités nationaux olympiques (CNO) et aux fédérations internationales de Sport (FIs).  À eux d’en faire bon usage.

 

Quant aux sportifs, seuls les vainqueurs reçoivent une médaille. Ajoutons pour être objectif, qu’une partie d’entre eux ont pu bénéficier d’une bourse olympique (0,6% des revenus générés). Si la plupart des états offrent une récompense aux champions, nombreux sont ceux qui ont assuré le spectacle et qui n’ont rien en retour.

Un partage équitable

Dans les trois pays étudiés par le sondage (France, Australie, États-Unis), la moitié des personnes interrogées ont admis qu’elles « ne savaient pas » si le CIO partageait avec les athlètes les revenus générés par les Jeux sous forme de paiement (direct ou indirect). Seuls 18 % ont correctement reconnu que le CIO ne le faisait pas. Or, une majorité des personnes interrogées dans le sondage (65 %) estime que le CIO devrait partager les recettes olympiques en tant que forme de paiement avec les athlètes (directement ou indirectement). C’est en Australie que le soutien est le plus fort (68 %), suivi de la France (67 %) et des États-Unis (59 %).

 

Au passage, UNI World Players rappelle que chaque athlète présent aux Jeux rapporte 370 000 euros au CIO. C’est la raison pour laquelle UNI World Players demande un engagement en faveur d’un traitement équitable des athlètes et de leur juste part des milliards de dollars générés par les Jeux. Ils interpellent pour cela les sept candidats à la succession de Thomas Bach.

Des responsabilités dans ce qui les regardent

L’écrasante majorité des personnes interrogées (73 %) ignorent que les athlètes olympiques n’ont qu’un droit de regard limité sur les questions qui touchent à leur carrière. C’est ainsi qu’une majorité de personnes estiment que les athlètes devraient avoir un droit de regard égal à celui du CIO sur les décisions susceptibles d’affecter leur carrière. C’est en Australie que le soutien est le plus fort (71 %), suivie des États-Unis (67 %) et de la France (62 %).

Pour information, sur les 110 membres du CIO, une quarantaine seulement sont d’anciens sportifs dont la plupart ont cessé leur activité depuis de longues années.

 

Autre point qui va faire débat dans un espace olympique où seuls les sponsors officiels sont présents, le public estime que les athlètes devraient autorisés à promouvoir leurs sponsors personnels lorsqu’ils participent aux Jeux olympiques. Là encore, une majorité se dégage en leur faveur (États-Unis – 59 %, Australie – 57 % et France – 51 %).

 

Ce sondage montre que le public est favorable au changement. Il considère que les sportifs sont l’essence même des Jeux olympiques et qu’ils méritent d’être associés à l’énorme richesse qu’ils génèrent. Le prochain président du CIO va devoir veiller à cet aspect qui révolutionne les règles de la charte olympique voulue par Pierre de Coubertin lors du congrès de la Sorbonne en 1894.

 

* Ipsos a interrogé un échantillon représentatif par quota de 3 188 adultes âgés de 16 à 75 ans aux États-Unis (1 102), en France (1 086) et en Australie (1 000) en ligne entre le 27 septembre 2024 et le 2 octobre 2024. Les données ont été pondérées en fonction des proportions connues de la population hors ligne de ce public par âge, sexe, région, statut professionnel et niveau d’éducation afin de refléter la population adulte de ce public.

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