Affaire dopage chinois : l’AMA persiste et signe

Selon le programme télévisé allemand « Geheimsache Doping » – Dopage Top secret- sur la chaîne ARD qui a enquêté et le New York Times qui l’a publié, 23 nageurs chinois n’ont pas été suspendus malgré un contrôle positif avant Tokyo 2020. L’Agence mondiale antidopage (AMA) est accusé d’avoir gardé l’information secrète.

 

Parmi les athlètes impliqués, 13 ont concouru à Tokyo 2020 et trois d’entre eux ont été champions olympiques : Zhang Yufei, (photo) vainqueur du 200 mètres papillon, ainsi que Yang Yunxuan, vainqueur du 200 m et Wang Shun, qui a participé au relais 4 x 200 m nage libre.

 

La plainte affirme que le contrôle a été effectué alors qu’ils participaient à une compétition dans la province du Hebei, en Chine, et que la substance détectée était la trimétazidine (TMZ). Cette drogue est interdite par l’Agence mondiale antidopage (AMA) depuis 2014. C’est cette substance qui a valu quatre ans de suspension à la patineuse russe Kamila Valieva.
La fonction principale de ce médicament est d’améliorer la fonction cardiaque en augmentant le flux sanguin.

 

Selon l’acte d’accusation, un rapport de mars 2021 de l’Agence chinoise antidopage (CHINADA) avait pointé une contamination alimentaire comme la cause involontaire de la consommation du modulateur métabolique. La contamination alimentaire est précisément la cause qui permet d’éviter une suspension en cas de contrôle positif.

l’Agence mondiale antidopage droit dans ses bottes

Par un communiqué publié samedi dernier, l’AMA a reconnu avoir été informée de ces résultats en juin 2021 et avoir ensuite procédé à son examen. Mais, indique l’Agence, aucun de ses chercheurs n’a pu se rendre en Chine en raison des protocoles inhérents au COVID-19.

 

Conscient du trouble que cette affaire provoque, l’Agence a tenu une conférence de presse en ligne hier pour fourbir ses arguments. Son président Witold Banka, l’affirme haut et fort : « Si c’était à refaire, nous ferions exactement la même chose ».L’AMA s’appuie sur les conclusions de la CHINADA qui a mené l’enquête.

Les traces de TMZ ont été trouvées dans des récipients à épices de la cuisine de l’hôtel et dans le système d’évacuation d’eau. La CHINADA a informé l’AMA qu’elle ne sanctionnerait pas les nageurs testés positifs, son enquête ayant conclu à une contamination environnementale ou alimentaire.

Par ailleurs l’AMA s’appuie sur un fait établi qui montrerait la bonne foi des autorités chinoises. Elle a mené son enquête parallèle et constaté que seuls les athlètes ayant séjourné dans cet hôtel ont été testés positifs. Les autres nageurs, logés dans un établissement différent, n’ont pas présenté de résultats positifs.

 

Quant à la question de savoir si l’AMA n’a pas fait preuve de légèreté en ne révélant pas cette affaire, la réponse de Banka est claire : « La question est de savoir si on veut ou non exposer des athlètes innocents. En publiant les noms de sportifs n’ayant pas enfreint les règles antidopage, nous risquons de nuire à leur image ».

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