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Le Kenya prend enfin le dopage à bras-le-corps

C’est désormais « devenu une affaire d’État ». C’est ainsi que  le président du Kenya, William Ruto a qualifié le programme destiné à lutter contre le dopage. Il a annoncé cela à l’issue de la visite à Nairobi du président de World Athletics, Sebastian Coe.

 

« Le défi au Kenya est difficile et chaotique. » La phrase de Sebastian Coe lors de la dernière réunion du Conseil mondial d’athlétisme, à Rome cet été, résumait la situation compliquée à laquelle était confronté le berceau des meilleurs coureurs de fond du monde. On sait que depuis de nombreux mois, le dopage frappe durement ce pays africain. Plus de 60 athlètes sont sanctionnés et la plupart ont été révélés l’an dernier.

 

Si le pays n’a pas été exclu des compétitions internationales, c’est parce que selon Sebastian Coe « il n’y a aucune preuve que cela soit sponsorisé ou assuré » par le gouvernement.

Sebastian Coe tire la sonnette d’alarme

C’est dans ce contexte que le président de World Athletics s’est rendu à Nairobi en ce début d’année 2023. William Ruto lui a assuré qu’« il ne ménagera aucun effort dans la lutte contre le dopage. Nous collaborerons avec des partenaires, des sportifs et leurs contacts pour lutter contre le dopage qui menace notre patrimoine ». a-t-il dit.

 

Ruto a également annoncé que le gouvernement kenyan disposera de 3,7 milliards de shillings (environ 26 millions de dollars) pour développer des programmes antidopage au cours des cinq prochaines années.

 

 

C’est le nouveau Ministre des sports Ababu Namwamba (photo aux côtés de Coe) qui sera en charge de sa mise en application. Il sait où frapper. « Selon nos premières investigations, il existe un syndicat clandestin très complexe. Cela implique des agents, des entraîneurs et des médecins, donc plusieurs instruments devront être déployés pour démanteler ce syndicat », dit-il.

« Je pense que nous devrions criminaliser le dopage et élever la gestion des substances dopantes au même niveau que celle des stupéfiants. Donc, tout comme nous traitons les trafiquants de drogue, nous devons traiter ceux qui se livrent à cette pratique », a déclaré le ministre.

 

En 2022, près de 30 cas de dopage kenyans ont été signalés. Il ne touche plus seulement les athlètes de seconde zone qui espèrent franchir un palier, il touche désormais ses plus grands champions.

 

L’année s’est terminée par une suspension de six ans pour Diana Chemtai Kipyokei (photo), qui a remporté en 2021 le marathon de Boston, l’un des plus importants du calendrier. Elle ne pourra plus courir avant 2028.

Pourquoi le Kenya plus que tout autre pays

Les athlètes Kenyans sont les meilleurs spécialistes mondiaux des courses longues distances, (5000, 10.000 m) et des marathons. Leurs revenus sont directement impactés par leur capacité à gagner les courses ou tout au moins à se classer parmi les premiers. Or, la pandémie de Covid-19 a singulièrement réduit le calendrier des courses ces derniers mois. D’où les risques pris par les athlètes pour engranger le plus de gain possible quand l’occasion leur était donnée.

C’est le directeur australien de l’unité d’intégrité de l’athlétisme (AIU) Brett Clothier qui l’affirme.

 

Le Kenya possède un énorme potentiel de talents, mais le pays est également confronté à des problèmes économiques. Tout cela créé un environnement très propice au marché noir des produits dopants et au dopage en général. Les techniques et les produits sont facilement disponibles, cela crée tout un marché parallèle. Pire même, le dopage au Kenya a touché durant cette année la tranche d’âge des adolescents.

Le combat semble désormais changer de camp. L’état semble vouloir se donner les moyens de lutter contre le fléau. Il y a tout intérêt car comme le dit le président, la course à pied c’est le « patrimoine » du pays. En d’autres termes, c’est aussi le seul moyen pour Nairobi d’exister sur la scène internationale.

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