Nouvelles règles pour désigner l’hôte 2036
Nouvelles règles pour désigner l'hôte 2036 Le CIO revoit ses règles et élabore une compétition olympique plus courte et plus ouverte
Nouvelles règles pour désigner l’hôte 2036
Le CIO revoit ses règles et élabore une compétition olympique plus courte et plus ouverte pour la décennie à venir. S’agissant des Jeux de 2036, plusieurs villes sont candidates (au moins une dizaine) mais elles devront désormais répondre à de nouveaux critères en matière de capacité, de financement et d’infrastructures.
Le Comité international olympique (CIO) s’oriente vers une révision substantielle du calendrier et des règles politiques qui désigneront la ville hôte des Jeux olympiques d’été de 2036. C’est l’agence Kyodo News qui a été la première à annoncer l’information. Selon elle, la ville hôte devrait être désignée lors de sa session du CIO de 2029. L’organisation reviendrait ainsi à l’ancienne règle en désignant l’hôte olympique sept ans à l’avance. Voilà qui change des onze ans dont ont bénéficié Los Angeles 2028 et Brisbane 2032.
Des périodes trop longues qui ont nécessité plusieurs années d’inactivités avant que les choses rentrent dans l’ordre et que les organisateurs marchent dans le même sens.
Ajoutons par ailleurs que la désignation des Alpes 2030, seulement cinq ans et demi avant les Jeux, paraissait là, un délai trop court. Dans le cas présent, c’est la précipitation qui n’a pas permis de poser des bases saines.
Transparence et saine compétition
Cette décision du CIO intervient alors que l’organisation réexamine un processus de candidature qui, ces dernières années, a été critiqué pour son manque de transparence et le rôle limité accordé aux membres du CIO dans la décision finale.
Avec le retour aux sept années actives, la désignation modifie la nature de la concurrence entre les candidats et valorise les projets capables d’avancer rapidement, sans nécessiter de constructions massives, comme on le voit avec Brisbane, par exemple (photo : maquette du futur stade)
Ce nouvel horizon favoriserait les pays, les villes ou régions disposant déjà de stades, de villages olympiques, de systèmes de transport, d’une expérience en matière de grands événements et d’une structure administrative et politique éprouvée. À l’inverse, il pénaliserait les candidatures qui doivent construire une grande partie de leur site olympique.
À l’heure actuelle, où le développement durable et la rigueur budgétaire sont au cœur des préoccupations, cette évolution semble privilégier des modèles plus compacts et vérifiables, moins exposés aux dépassements de coûts, comme le préconisait l’ancien président Jacques Rogge.
La mécanique du choix
Selon le média japonais, le CIO pourrait rétablir un système de vote permettant à ses membres de choisir parmi plusieurs candidats finalistes. Voilà un énorme changement par rapport aux dernières élections où une Commission des futurs hôtes et le Comité exécutif sélectionnaient un candidat privilégié qui ensuite n’avait plus qu’à être ratifié par la session.
La présidente du CIO, Kirsty Coventry, pilote la révision de ce système. À la différence de 2019, où les Jeux n’intéressaient plus que deux villes, aujourd’hui, une dizaine de villes ou régions sont candidates. Il est donc temps d’organiser de nouveau une compétition entre les prétendants, mais qui repose sur des critères économiques et politiques mesurables.
Parmi les pays candidats à l’organisation des Jeux de 2036 figurent des acteurs jouissant d’une influence géopolitique et économique considérable. L’Inde (photo : maquette future cité olympique d’Ahmedabad), le Qatar, l’Arabie saoudite, la Turquie font figure de favoris. Mais d’autres candidatures européennes (Allemagne, Hongrie, Grande-Bretagne, Italie, Espagne, Pologne, Danemark) semblent également prendre l’affaire au sérieux, même si leur projet est davantage à l’horizon 2040.
Sans oublier ses pays émergents ayant manifesté des velléités de candidature, comme le Chili, le Mexique, l’Afrique du Sud ou l’Égypte.
Le processus envisagé se déroulerait en trois phases : un « dialogue continu » pour restreindre la liste des candidats au premier trimestre 2027 ; un « dialogue stratégique » incluant des plans détaillés, des garanties financières et des présentations devant l’assemblée ; et une compétition finale au quatrième trimestre 2028, avant l’élection officielle en 2029.
Ajoutons par ailleurs que le CIO envisagerait de limiter le nombre de sports additionnels (quatre aujourd’hui) afin de contenir l’expansion du programme olympique et d’éviter que les coûts et les exigences de chaque édition ne cessent de croître.