L’Allemagne entend participer… pour gagner
L'Allemagne entend participer
L’Allemagne entend participer… pour gagner
La République fédérale s’est lancée dans la course à l’organisation des Jeux olympiques d’été avec l’objectif d’obtenir ceux de 2036, voire 2040 ou 2044. Elle veut écrire un récit national qui tire un trait sur le passé et anticipe un avenir durable et fédérateur.
Le projet olympique de l’Allemagne se dessine autrement qu’à son origine. Au lieu de privilégier la candidature de villes comme Berlin, Munich, Hambourg ou la région Rhin-Rhur qui ont présenté récemment leur projet individuel, le Comité olympique allemand (DOSB) commence à esquisser une stratégie politique, sportive et sociale qui vise à faire l’unanimité au plan national. En clair, le DOSB vise une candidature nationale.
Elle s’inscrit dans l’air du temps. Le CIO qui vise à réduire les coûts des organisations est de plus en plus sensible aux candidatures collectives plutôt qu’aux candidatures individuelles. C’est ainsi que les Jeux d’hiver 2030 reviendront à deux régions françaises, et que, par ailleurs, le CIO est en dialogue continu avec la Suisse pour les Jeux d’hiver 2038. C’est ainsi que l’Allemagne semble privilégier une coopération visant à remplacer l’ancienne compétition interne par une vision commune. Le président du DOSB l’explique ainsi » Grâce à l’Agenda 2020 et aux réformes qui ont suivi, les Jeux sont redevenus beaucoup plus attractifs pour les organisateurs potentiels. Nous sommes convaincus que ce processus de sélection permettra non seulement de trouver le meilleur concept pour l’Allemagne, mais aussi celui qui nous permettra de remporter la compétition internationale. Nous sommes ravis de pouvoir choisir parmi quatre concepts de grande qualité » indique Thomas Weikert.
Autrement dit, pourquoi choisir entre quatre candidatures alors que la somme des atouts de chacun ferait une excellente candidature.
L’histoire, une plaie ouverte
Depuis les Jeux olympiques de Munich en 1972, marqués par le tragique attentat terroriste contre la délégation israélienne, l’Allemagne a tenté à plusieurs reprises de retrouver son statut d’hôte, sans succès. Les propositions de Berlin en 2000, Leipzig en 2012, Munich pour les Jeux d’hiver de 2022 et Hambourg pour ceux d’été de 2024 ont échoué avant même l’issue du vote au CIO. La plupart du temps, les citoyens ont rejeté les candidatures lors de référendums locaux.
Faut-il rappeler enfin les Jeux de Berlin 1936 qui a consacré la montée du mouvement nazi ? La capitale allemande est le témoignage de la page la plus noire du mouvement olympique, au delà de la réussite des Jeux eux-mêmes.
Voilà pourquoi le DOSB planche sur une potentielle candidature nationale. Certes, les quatre projets concurrents ont été présentés fin mai. Les villes (Berlin, Munich, Hambourg) et la région Rhin-Rhur ont présenté leurs plans préliminaires et ont été évaluées en fonction de leur faisabilité technique, économique et opérationnelle. La deuxième phase envisage même la possibilité d’organiser des référendums locaux avant l’été 2026. Viendra ensuite une troisième étape, celle de la décision finale, basée sur une grille d’évaluation élaborée en collaboration avec le gouvernement fédéral. Elle évaluera la compétitivité internationale de chaque concept et sa durabilité à long terme. L’Allemagne se prononcera sur sa candidature olympique à l’automne 2026.
Un des piliers de la candidature est l’utilisation intensive des infrastructures existantes, réparties dans les villes concernées. Munich possède une expérience organisationnelle, Hambourg offre des capacités logistiques et portuaires, Berlin bénéficie d’une visibilité internationale et la région Rhin-Ruhr bénéficie d’un réseau sportif bien établi. Le modèle ne vise pas la concentration, mais la répartition : un projet qui reflète la réalité fédérale de l’Allemagne. Comme le déclare, le membre allemand du CIO, Michael Mronz, « Nous ne voulons pas seulement participer, nous voulons gagner».
Une chose est sûre, l’état allemand suivra. Le nouveau chancelier Friedrich Merz, a déjà assuré de son soutien à cette candidature. Une candidature ferme, mais qui prendra le temps nécessaire. Si l’Allemagne n’obtient pas les Jeux de 2036, elle est d’ores et déjà candidate pour 2040, voire 2044. L’objectif est de poursuivre le dialogue avec le CIO et être prêt quand le moment arrivera.
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