Une candidature Liverpool-Manchester se dessine
Une candidature Liverpool-Manchester se dessine Tandis que le maire de Londres, Sadiq Khan, envisage une nouvelle candidature olympique, les grandes villes
Une candidature Liverpool-Manchester se dessine
Tandis que le maire de Londres, Sadiq Khan, envisage une nouvelle candidature olympique, les grandes villes du Nord de l’Angleterre, Liverpool et Manchester plaident pour le « rééquilibrage ». C’est la formule employée par les responsables olympiques pour justifier d’une candidature conjointe aux Jeux de 2040. Cette candidature pourrait contribuer à réduire les inégalités nord-sud en stimulant les investissements dans la région.
L’idée est née à l’Institut Heseltine, un centre de recherche en politiques publiques situé dans le Merseyside. Il plaide pour que les deux grandes villes du nord de l’Angleterre soient candidates à l’organisation des Jeux à l’horizon 2040. Manchester a déjà fait acte de candidature, c’était en 1996 et en 2000. Cette fois, elle envisage de le faire de nouveau avec sa voisine de Liverpool.
Avant d’en arriver là, les villes du Nord devront se défaire de la concurrence londonienne auprès du Comité olympique britannique (BOA). Épisodiquement, la capitale britannique lorgne sur les Jeux qu’elle a déjà obtenus à trois reprises en 1908, 1948 et 2012. Cette fois, le maire de Manchester, Andy Burnham, n’entend pas lâcher prise : « J’ai entendu dire que Londres en redemande. Mais certainement pas, le pays ne peut pas offrir à Londres une deuxième édition des Jeux olympiques » … au 21e siècle, aurait-il pu ajouter.
L’Institut Heseltine pour les politiques publiques, les pratiques et l’aménagement du territoire a chargé le journaliste et ancien candidat à la mairie de Liverpool, Liam Fogarty, d’élaborer une vision de ce que pourrait impliquer une candidature conjointe Liverpool-Manchester. Fogarty soutient l’idée que les grands événements sportifs pourraient contribuer à corriger ce déséquilibre en stimulant les investissements dans les infrastructures et, comme il l’a formulé, « en apportant un peu de joie au passage ».
La rivalité : un mythe
Liverpool et Manchester se sont rapprochés ces dernières années en favorisant les coopérations dans de nombreux domaines. Liverpool a favorisé la culture, Manchester, les investissements étrangers.
Celle qui s’est autoproclamée « destination préférée des touristes pour un City-break », la Liverpool moribonde des années 1980, est de nouveau fière d’elle. Classés au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2004, les bords de la Mersey (photo) abritent désormais des centres d’affaires, des salles de spectacle, et des palais des congrès aux formes modernes.
Quant à Manchester, son activité est basée sur la finance, l’innovation, l’enseignement supérieur, le shopping, le sport et la biotechnologie. Elle possède le plus grand aéroport du pays en dehors de la capitale et plusieurs sièges européens de firmes mondiales.
On a souvent opposé les deux villes du Nord alors que leur rivalité n’est que footballistique. Elles disposent l’une et l’autre d’infrastructures sportives de très haut niveau.
C’est ainsi qu’à l’occasion des Jeux du Commonwealth 2002, Manchester a investi 22 millions de livres (25,5 millions d’euros) d’investissements sportifs. Elle dispose de nombreux stades, dont le célèbre Old Trafford ; le Manchester Stadium où se sont déroulées les épreuves d’athlétisme des jeux du Commonwealth ; le centre aquatique international, le Manchester velodrome (photo) où ont été formé les meilleurs pistards britanniques et qui abrite également une piste de BMX et de VTT.
De son côté, Liverpool n’est pas en reste. Elle dispose de grands stades, dont l’incontournable Anfield Road ; l’Echo Arena qui accueille d’importants combats de boxe, l’hippodrome d’Aintree pour l’équitation, le Royal golf international, des salles de sports collectifs, de gymnastique, etc. Bref, là encore, la ville est bien dotée en équipements de haut niveau.
La concurrence sera r
Les maires des deux villes considèrent que l’amélioration de dessertes aéroportuaires serait nécessaire à l’accueil des nombreux visiteurs, ainsi qu’une ligne ferroviaire à grande vitesse entre les deux villes. Resterait à obtenir l’approbation des populations. Les deux maires considèrent qu’il s’agit là du principal défi.
La compétition pour 2040 est déjà en cours. Plusieurs pays européens pensent avoir une chance de les obtenir. Il y a l’Allemagne, l’Espagne, la Pologne, la Hongrie et le Danemark potentiellement sur les rangs. La Grande-Bretagne entend désormais s’inviter dans la compétition.