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Les BOYCOTTS aux Jeux olympiques – Politique

L’histoire du boycott aux Jeux olympiques est moins récente qu’on ne le pense. Le tout premier boycott intervient lors des Jeux de Melbourne 1956. Les Suisses, les Espagnols et les Hollandais ne participent pas aux Jeux pour protester contre l’invasion soviétique en Hongrie. De leur côté, l’Égypte, l’Irak et le Liban en font de même pour protester contre la crise de Suez et l’invasion d’Israël en Égypte. Enfin, c’est la Chine qui se retire quelques semaines avant les Jeux pour protester contre la présence de Taïwan aux Jeux sous le nom de Formose.

 

A Tokyo 1964, c’est cette fois l’Afrique du sud qui est exclue du mouvement olympique en raison de sa politique d’apartheid. Elle ne reviendra pas avant Barcelone 1992.

Les années noires de l’olympisme

Lors des Jeux de Montréal 1976, ce sont les nations africaines qui quittent le Québec pour protester contre la présence des Néo-zélandais. Il est reproché aux All Blacks, l’équipe de rugby de Nouvelle-Zélande, une tournée en Afrique du sud, le pays de l’apartheid.

 

Puis, c’est le président Américain Jimmy Carter qui demande à sa délégation de ne pas se rendre à Moscou 1980 pour s’opposer à l’invasion russe en Afghanistan. De nombreux alliés des États-Unis soutiendront ce geste d’ostracisme. Retenons pour la petite histoire que trois Américains ont finalement participé aux Jeux de Moscou 1980, l’un entraînait l’équipe de Suède de basketball, l’autre boxait pour le compte de Porto Rico et le troisième défendait les couleurs de l’Autriche en athlétisme.

 

Quatre ans plus tard et sans véritable raison, les nations de l’Est, à l’exception de la Roumanie, refusent de participer aux Jeux de Los Angeles 1984. Enfin en Séoul 1988, c’est la Corée du Nord qui boycotte les Jeux en raison du différend politique avec son voisin de Corée du sud. Elle entraîne dans son sillage, l’Albanie, Cuba et l’Éthiopie. Notons que les boycotts de nations aux Jeux d’hiver sont beaucoup plus rares. Il n’existe jusqu’ici qu’un seul exemple, celui de la Chine en 1980 pour protester contre la présence des chinois de Taipei aux Jeux de Lake Placid 1980.

De nouvelles formes à inventer

Il a depuis été démontré que les boycotts des Jeux n’étaient pas salutaires et ne changeaient rien à la politique intérieure d’un pays. Lors des Jeux de Pékin 2008 plusieurs nations occidentales avaient appelées à ne pas participer aux Jeux. Il s’agissait de protester contre la politique chinoise au Tibet. Depuis la Chine a fait quelques efforts en matière de respect des droits de l’homme, mais sur le fond rien n’a vraiment changé.

Ainsi, de nouveau lors de l’attribution des Jeux d’hiver à Pékin 2022, des associations des droits de l’homme ont appelé à la délocalisation des Jeux. Elles dénonçaient cette fois la politique chinoise au Xinjiang et les représailles vis à vis de la population musulmane ouïghoure, mais aussi celle de Hong-Kong, de Taïwan et toujours celle du Tibet. Le CIO s’est montré inflexible estimant ne pas être « super gouvernement mondial ».

Les États-Unis, le Canada, la Grande-Bretagne et l’Union Européenne ont pris des décisions diplomatiques contre la Chine, mais sans plus. Un boycott diplomatique des Jeux est désormais envisagé. Cela signifie que des chefs d’état ne se rendraient pas aux Jeux, mais que les athlètes de ses pays pourraient y participer.

 

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