GUERRE FROIDE aux JEUX OLYMPIQUES

La GUERRE FROIDE aux JEUX OLYMPIQUES La guerre froide a été une période de tensions géopolitiques entre l'Union soviétique et ses

La GUERRE FROIDE aux JEUX OLYMPIQUES

La guerre froide a été une période de tensions géopolitiques entre l’Union soviétique et ses États satellites « le bloc de l’Est » et les États-Unis avec ses alliés du « bloc de l’Ouest » après la Seconde Guerre mondiale.

 

Les historiens font débuter cette période de fortes tensions en 1946 lorsqu’un diplomate américain demande à renforcer une politique étrangère américaine de nature à endiguer l’expansionnisme soviétique dans des régions stratégiques. C’est le début de la « guerre froide ».

Ce sont les révolutions de 1989 et l’effondrement de l’URSS en 1991 qui mettront fin au communisme en Europe de l’Est, de fait, à la « guerre froide ».

 

Pendant cette période, les deux parties ont soutenu des conflits régionaux sans jamais s’opposer directement. Aux Jeux olympiques, cette période de guerre froide s’est fortement ressentie dès l’arrivée des Soviétiques aux Jeux à Helsinki 1952 (photo stade olympique).

 

Il s’agissait, pour eux comme pour les autres pays du bloc de l’Est, d’obtenir des résultats sportifs supérieurs à ceux des Occidentaux, voire du reste du monde, afin de démontrer leur supériorité physique.

Les Jeux olympiques devenaient une des arènes du combat idéologique.

L’URSS parie sur le sport

Cérémonie d’ouverture des Jeux de Moscou en 1980

Au départ, le sport était mal considéré en URSS. Pour les dirigeants, il s’agissait d’une pratique bourgeoise et capitaliste. Mais rapidement, avec les Jeux olympiques, les e ont compris que le sport pouvait être un outil de politique intérieure destinée à lutter contre l’alcoolisme, par exemple, mais aussi extérieure, le sport devenant un vecteur de puissance.

Une victoire sur la piste ou sur le terrain était vue comme une preuve de la suprématie d’un régime sur l’autre.

 

La machine de propagande fut extrêmement bien développée des deux côtés. Plusieurs épisodes de cette guerre larvée sont restés célèbres.

Le premier, lorsqu’aux Jeux de Melbourne 1956, plusieurs dizaines de sportifs hongrois s’échappent et demandent l’asile à l’ambassade américaine après l’échec de la rébellion hongroise matée par l’Armée rouge dans les rues de Budapest.

De son côté, dès 1956, l’URSS est en tête du tableau des médailles avec 37 en or contre 32 aux Américains. Sept fois sur neuf pendant ses apparitions aux Jeux olympiques jusqu’en 1988, l’Union soviétique a remporté le classement des médailles. Les deux autres fois, elle finit deuxième derrière les États-Unis.

Guerre froide aux Jeux d’hiver

Les Jeux olympiques d’hiver constituaient un front idéologique depuis la première participation de l’Union soviétique aux Jeux d’hiver de 1956.
Comme aux Jeux d’été, l’Union soviétique inscrit des équipes d’athlètes qui étaient tous théoriquement étudiants, soldats ou exerçant une profession, mais dont beaucoup étaient en réalité rémunérée par l’État pour s’entraîner à temps plein.

Le CIO, de son côté, ne fait rien pour empêcher ce manquement aux règles traditionnelles, car il a tout à gagner à la confrontation sportive des deux blocs.

 

La Guerre froide va rapidement créer des tensions entre les pays alliés des deux superpuissances. Les relations tendues entre l’Allemagne de l’Est et l’Allemagne de l’Ouest vont compliquer la tâche du CIO.

En 1955, l’Union soviétique a reconnu l’Allemagne de l’Est comme État souverain. Elle lui donne la crédibilité nécessaire pour présenter une équipe indépendante des athlètes d’Allemagne de l’Ouest. Le CIO finira par se plier à la logique de deux équipes allemandes lors des Jeux de Grenoble 1968 alors qu’il souhaitait n’en voir qu’une seule.

Le dopage comme arme de la performance

Il faut dire que les Soviétiques ont mis en place des machines à champions contrôlées par le régime et les scientifiques. Cela vaut pour l’URSS et ses états satellites. Afin d’obtenir à son tour des résultats tout aussi comparables et, de fait, marginaliser les résultats de l’Allemagne de l’Ouest, la RDA va mettre en place, dans les années soixante-dix, un système de dopage d’état généralisé. Tous les sportifs sont pris en charge par leurs entraîneurs et les médecins fédéraux. Ils administrent des produits aux sportifs tout en leur cachant la véritable finalité. On leur indique que les produits administrés servent à la récupération.

Les boycotts pour enfoncer le clou

Enfin viendra le temps des boycotts, les plus importants étant ceux de Moscou 1980 et Los Angeles 1984 après que l’Armée soviétique soit intervenue en Afghanistan pour mater une crise de régime.

 

À Moscou 1980, les États-Unis ont orchestré une mobilisation générale pour protester contre cette invasion. Tous les pays sont appelés à boycotter ces Jeux. Au final, seules 80 nations sont représentées, ce qui constitue le plus faible chiffre depuis 1956.

 

L’URSS veut rendre la monnaie de la pièce aux Américains et boycotte à son tour les Jeux de Los Angeles 1984. Seuls douze pays communistes suivront l’exemple de l’URSS. Car, dans le même temps, les Américains envoient leurs diplomates convaincre plusieurs pays de ne pas s’aligner sur la décision des Soviétiques.

Des vols charters seront même organisés pour proposer un transport gratuit aux sportifs des pays africains. Les Américains obtiennent ce qu’ils souhaitaient : marginaliser les pays communistes.

 

Avec la disparition de l’URSS en 1991 et l’éclatement du bloc de l’Est, on devine aisément qui a finalement gagné la guerre froide, même si le bloc de l’Est a gagné de nombreuses batailles à commencer par celle des Jeux olympiques.

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