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Le français, première langue de l’olympisme ?

La France entend réactiver le dossier de l’emploi de la langue française aux Jeux olympiques comme l’imposait la Charte olympique à l’origine telle que l’avait rédigé Pierre de Coubertin. A maintenant un peu plus de 900 jours des Jeux de Paris 2024, cette question est fondamentale.

 

Tout à commencé à Los Angeles 1984  lorsque Ronald Reagan (photo) a inauguré les Jeux olympiques. Pour l’ancien président américain les Jeux étaient « open ». 

Depuis, tous les présidents qui ont eu à prononcer cette petite phrase qui consiste à dire simplement : « les Jeux sont ouverts », l’ont fait en anglais, voire dans leur langue maternelle.

De fait, l’usage du français comme  première langue olympique venait d’en prendre un coup.

 

Pourtant il est dit dans la charte olympique rédigée par Coubertin, la bible du mouvement, que le français est la langue officielle du mouvement olympique au même titre que l’anglais et qu’en cas de divergence, c’est le français qui fait autorité.

 

Malgré cela, aucun des présidents du CIO, précédemment attachés à la langue française comme l’espagnol Juan-Antonio Samaranch ou le belge Jacques Rogge ne se sont émus de ces entorses à la charte olympique. Leur successeur, l’Allemand Thomas Bach qui prononce tous ses discours et réserve toutes ses communications en anglais, encore moins.

Pire même, dans son souci d’efficacité, il a permis qu’à l’occasion des Jeux olympiques de PyeongChang 2018, Tokyo 2020 et prochainement Pékin 2022, le français ne soit plus pratiqué sur les sites olympiques en dehors de la cérémonie d’ouverture.

 

Le seul à s’agacer de cette perte d’influence du français dans la sphère olympique, c’est Guy Drut, l’ancien champion olympique et membre de droit du CIO. Il avait tancé son collègue Tony Estanguet lors du congres olympique à Tokyo en juillet 2024 pour avoir prononcé toute sa présentation des Jeux de Paris 2024 en anglais et pas en français, sa langue maternelle.

Une tentative pour freiner le phénomène

Aussi dans la perspective des Jeux de Paris 2024, un collège d’experts a été mis en place par la Délégation Générale à la langue française et aux langues de France, le ministère de la culture et celui des sports. Il va plancher sur la question.

 

Le collège est présidé par l’universitaire Arnaud Richard, président de l’Académie nationale olympique française.

Parmi les 21 membres, citons Daniel Zielinski (PHOTO), Inspecteur Général de l’Éducation, du Sport et de la Recherche. Il est actuellement le référent auprès du Ministère des sports aux questions relatives à l’emploi de la langue française. Il est par ailleurs délégué pour la France aux Jeux de la Francophonie 2022 qui se dérouleront en République Démocratique du Congo.

 

Le premier point sur lequel devront se pencher les experts c’est le nom des quatre disciplines additionnelles prévues à Paris 2024. Si pour l’escalade, la chose semble entendue, les experts devront tenter d’enrichir la terminologie sportive en trouvant de nouvelles appellations pour le breaking, le skateboard et le surf.

Il semblerait tout aussi urgent de se pencher sur le slogan des Jeux de Paris 2024 « Made for sharing » – qu’on pourrait traduire par – fait pour partager. La formule est sans doute moins universelle, mais elle aurait du sens au sein des pays francophones.

EN BREF

Le Congrès américain demande des comptes au CIO

La Commission exécutive du Congrès Américain sur la Chine (CECC) vient d’exhorter le Comité international olympique (CIO) à publier la preuve que ses uniformes prévus pour les Jeux olympiques d’hiver de Pékin 2022 n’ont pas été fabriqués à l’aide du travail forcé.

Dans son courrier, la commission américaine demande au CIO de « rendre publique une copie du ‘certificat d’origine’ remis au CIO.

Dans une lettre adressée au président du CIO, Thomas Bach, la commission exécutive du Congrès sur la Chine (CECC) a exprimé sa préoccupation concernant les groupes Anta Sports et le groupe Hengyuanxiang (HYX), avec lequel le CIO a des contrats d’uniformes considérant que ces groupes utilisent du coton de la région autonome ouïghoure du Xinjiang.

 

Les deux sociétés utiliseraient du coton de la région, où la Chine a été accusée d’avoir placé plus d’un million de musulmans ouïghours dans des camps d’internement. Les allégations de travail forcé dans la région font partie des raisons invoquées par les États-Unis et d’autres pays dans leur décision de boycotter diplomatiquement Pékin 2022.

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