Une élection historique, une bataille épique
Une élection historique, une bataille épique Avec sept candidats en lice pour succéder à Thomas Bach, l'élection présidentielle du CIO, qui
Une élection historique, une bataille épique
Avec sept candidats en lice pour succéder à Thomas Bach, l’élection présidentielle du CIO, qui se tiendra ce jeudi en Grèce, promet d’être l’une des plus incertaines depuis des décennies. Les dernières heures avant le scrutin s’annoncent tendues. Il faut dire que les orientations que le CIO devra prendre dans les prochains mois, les prochaines années dépassent le cadre de la personnalité de celui qui sera élu.
Le monde du sport retient son souffle. Dans 48 heures, le CIO se donnera un nouveau (une nouvelle) président(e). En effet, pour la première fois, une femme, la Zimbabwéenne Kirsty Coventry, est en passe de pouvoir accéder au poste suprême. Par le passé, une femme s’est déjà présentée à l’élection, l’Américaine Anita Defrantz en 2001. Elle n’avait alors que très peu de chance d’y parvenir, tant la candidature de Jacques Rogge ne faisait pas débat. D’ailleurs, le Belge avait été élu dès le deuxième tour de scrutin.
Il est d’ailleurs important de se pencher sur la structure même du vote pour comprendre en quoi cette élection n’a rien de gagné d’avance. Le système a plus de 100 ans d’âge. Par certains aspects, il présente des similitudes avec l’élection papale. C’est, en effet, une sorte de conclave qui permet l’élection et ne concerne que la centaine de membres du CIO. Alors, bien sûr, les 7 candidats ont fait entendre leur différence dans les différents médias et ont tenté de convaincre le grand public de leur projet, mais cette fois, ce ne sont pas des millions de personnes qu’il faut convaincre, mais juste la centaine de votants.
Tempête dans les allées du Resort
Ce système très fermé offre toutes les possibilités de tractations en coulisse avant le vote. C’est ainsi que dans les couloirs du Ressort grec de Costa Navarino, mais aussi le long de la plage qui borde l’établissement, voire sur le parcours de golf qui complète le palace, les discussions s’annoncent nombreuses, tout autant que confidentielles et secrètes.
Deux des favoris sont passés maîtres dans l’exercice : Sebastian Coe et Juan Antonio Samaranch. Ce dernier est un fort habile diplomate, comme l’avait été son père, l’homme qui a révolutionné le mouvement olympique. Coe a su renverser la table en 2005 à Singapour et obtenir les Jeux de Londres 2012, alors que Paris était archi favorite.
Pour être élu, le nouveau (elle) président(e) devra obtenir la majorité absolue, soit un peu plus de la moitié du total des votants. C’est-à-dire plus de 50 voix. Certains, dans le passé, ont obtenu rapidement cette majorité, comme Jacques Rogge en 2001 ou Thomas Bach en 2013, élus dès le deuxième tour. Cette fois, la procédure peut être plus longue.
C’est ainsi que les candidats passent plusieurs tours successifs. Celui qui reçoit le moins de voix est éliminé et, en cas d’égalité, un vote intermédiaire décide de l’avenir des candidats. Les résultats des autres candidats sont tenus secrets jusqu’à la proclamation du vainqueur, ce qui ajoute un élément d’incertitude. Le suspense s’annonce total, d’autant plus qu’entre les différents tours, les transferts des voix seront aussi cruciaux qu’imprévisibles.
Les compatriotes exclus du vote
En effet, il ne sera pas possible de se concerter entre les tours et, de plus, les votants devront laisser leur téléphone et autres objets électroniques au vestiaire. Certains oracles prédisent qu’il pourrait y avoir six tours de scrutin.
D’ailleurs, pour complexifier plus encore l’élection, les 109 membres du CIO ne participent pas tous au premier tour. Le système, en effet, exclut le président sortant et les membres du CIO du même pays qu’un candidat. C’est ainsi que le Français David Lappartient ne pourra pas bénéficier des voix de Guy Drut, Martin Fourcade ou Jean-Christophe Rolland, les trois autres membres français du CIO… Les membres français du CIO seront de nouveau autorisés à participer à participer au scrutin si David Lappartient est éliminé avant la fin de l’élection.
Enfin, dernier aspect concernant le scrutin, la fameuse limite d’âge qui pénalise plusieurs candidats. Le CIO a fixé l’âge maximal des présidents à 70 ans, avec une possibilité de prolongation maximale de quatre ans dans des cas exceptionnels. À cet égard, Sebastian Coe (68 ans) est le candidat le plus âgé, ce qui signifie qu’en cas de victoire, son mandat ne pourrait pas aller à son terme. Juan Antonio Samaranch (65 ans) et Morinari Watanabe (65 ans) sont dans une situation comparable. S’ils sont élus, ils devront changer les règles pour aller au terme de leur mandat.
En revanche, Kirsty Coventry (42 ans) et David Lappartient (51 ans) pourront exercer le pouvoir pendant 12 ans (8 + 4) sans aucun problème.
On le voit, l’élection présidentielle du CIO de ce jeudi s’annonce comme l’une des plus imprévisibles de tous les temps.
LES 7 CANDIDATS
