L’Afrique aux Jeux d’hiver : timidement, mais sûrement
L'Afrique aux Jeux d'hiver : timidement, mais sûrement Huit pays africains vont participer aux Jeux olympiques d'hiver de Milan Cortina 2026.
L’Afrique aux Jeux d’hiver : timidement, mais sûrement
Huit pays africains vont participer aux Jeux olympiques d’hiver de Milan Cortina 2026. C’est un record de nations, mais pas de participants. Pendant les derniers Jeux à Pékin en 2022, cinq pays africains seulement étaient représentés et il n’y avait que six athlètes en compétition. Il faudra suivre leur prestation ce soir lors de la cérémonie d’ouverture.
Quatre nouvelles nations africaines font leur arrivée aux Jeux olympiques d’hiver : le Bénin, la Guinée-Bissau, l’Afrique du Sud, dont c’est le retour après Pyeongchang 2018 et le Kenya. Ces quatre nations s’ajoutent à l’Érythrée, au Maroc, à Madagascar et au Nigéria. Au total, quinze compétiteurs participent à l’événement, dont cinq Sud-Africains, deux Marocains, deux Malgaches et deux Nigérians. Les autres pays n’ont qu’un seul compétiteur.
Quinze sportifs africains aux Jeux, c’est bien, mais ce n’est pas un record. Celui-ci avait été établi lors des Jeux d’Albertville 1992 avec 19 représentants. Néanmoins le CIO, dirigé par la Zimbabwéenne Kirsty Coventry, s’en félicite : « Pour un continent à cheval sur l’équateur et caractérisé en grande partie par des climats tropicaux où la glace et la neige sont rares, la présence de l’Afrique aux Jeux olympiques d’hiver reste remarquable ».
Des sportifs domiciliés dans l’hémisphère nord
Si l’organisation a raison de s’en féliciter, la plupart des sportifs sélectionnés vivent dans l’hémisphère nord. C’est le cas de Nathan Tchibozo, le représentant béninois. Né d’un père béninois et d’une mère togolaise, il a représenté le Togo à Pékin 2022 avant de choisir le Bénin à Milan Cortina.
Ce skieur qui monte sur les planches depuis l’âge de six ans a aujourd’hui 21 ans. Il a toujours vécu dans les Alpes françaises avec sa famille. Cet étudiant en marketing sportif à Albertville a appris sa sélection, il y a seulement un mois. Un bonheur pour lui et son père, qui a joué un rôle déterminant en créant la Fédération de ski du Bénin.
La Malgache Mia Clerc (photo) serait presque blasée de participer aux Jeux de Milan Cortina. Elle a déjà participé aux Jeux de Pyeongchang en 2018 et de Pékin en 2022. Bien qu’elle ait été adoptée dans un orphelinat malgache par une famille française vivant en Haute-Savoie, elle entend défendre les couleurs de son pays d’origine aux Jeux en ski alpin.
Elle ne sera pas la seule porte-drapeau du pays. Mathieu Gravier sera à ses côtés. Ce skieur originaire de Mont-de-Marsan participera à ses deuxièmes Jeux olympiques après Pékin 2022.
Lui aussi, âgé de 22 ans, vit dans les Alpes où il est tout à la fois moniteur et responsable d’un magasin de matériel de ski aux Deux-Alpes.
Des francophones chez les anglophones
Le Nigeria ne compte qu’un athlète dans ses rangs. Samuel Ikpefan, engagé dans l’épreuve de ski de fond. Originaire d’Annemasse en Savoie, il disputera ses deuxièmes Jeux olympiques. Il espère faire mieux qu’à Pékin, où il avait déclaré forfait pour le 15 km classique et terminé 73e au classement général du sprint libre messieurs.
Autre représentant francophone au sein des compétiteurs africains, Issa Laborde, âgé de 18 ans, qualifié en ski alpin. Né d’un père français et d’une mère kényane, il connaît déjà l’ambiance olympique pour avoir participé il y a deux ans aux Jeux olympiques de la jeunesse de Gangwon 2024. Certain de ne pas être sélectionné en équipe de France, il a choisi de représenter le pays de sa mère, une nation qui brille aux Jeux d’été avec notamment ses coureurs de grand fond.
C’est l’Afrique du Sud avec cinq représentants qui disposera de la plus importante délégation africaine avec Thomas Weir et Lara Markthaler engagés en ski alpin, Matthew Smith en ski de fond, Malica Malherbe en ski acrobatique et Nicole Burger en skeleton.
Winston Tang représentera la Guinée-Bissau en ski alpin. Pietro Tranchina défendra les couleurs du Maroc, toujours en ski alpin, tout comme Abderrahim Kemmissa, qui se frottera aux meilleurs en ski de fond.
Enfin, l’Erytrhéen Shannon-Ogbnai Abeda (photo) disputera la compétition olympique de ski alpin. Lui non plus n’est pas un inconnu. Vivant au Canada, il a déjà disputé les Jeux olympiques de la jeunesse d’Innsbruck 2012 et les Jeux d’hiver de Pyeongchang 2018 et Pékin 2022. À l’origine, ce sportif voulait abandonner le ski pour se reconvertir dans le bobsleigh. Compte tenu de l’adage « un tiens vaut mieux que deux tu l’auras », il revient aux Jeux dans son sport de prédilection.
L’Harmonie attendue pour la Cérémonie d’ouverture
La cérémonie d’ouverture prévue ce soir au stade San Siro de Milan et sur les trois autres sites olympiques (Predazzo, Livigno et Cortina) s’annonce grandiose. Plus de 1 300 artistes, dont environ 1 200 bénévoles venus de 27 pays, peaufinent les chorégraphies, les costumes et la mise en scène en vue depuis une semaine.

Photo de la cérémonie d’ouverture des Jeux de Turin 2006
« Tous participent à la création d’un spectacle pour la nation, pour la joie de prendre part à un événement aussi important que les Jeux olympiques », indique Marco Balich, le maître de cérémonie. Outre les bénévoles, des célébrités comme Andrea Bocelli, Mariah Carey, Laura Pausini et le rappeur italien Ghali se produiront également lors de la soirée d’ouverture.
Balich, un habitué des cérémonies olympiques, metteur en scène des cérémonies de Turin 2006 et de Rio 2016 a conçu l’ouverture autour du thème de l’« harmonie », symbolisant le lien entre la ville et la nature, le sport et les valeurs de paix, ainsi que « l’harmonie des cultures, des religions et des peuples dont nous avons plus que jamais besoin », a déclaré Balich.
Rompant avec la tradition, cette édition des Jeux présentera deux vasques olympiques au lieu d’une seule, toutes deux placées dans des lieux publics emblématiques : sous l’Arco della Pace à Milan et sur la Piazza Angelo Dibona à Cortina d’Ampezzo.
Alors que la flamme olympique brillera de mille feux sur deux sites, le défilé des athlètes sera également dispersé, avec des cérémonies organisées à Predazzo, Livigno et Cortina d’Ampezzo, en plus de l’événement principal à San Siro.
Le CIO craint que la cérémonie ne soit perturbée par des huées à l’encontre de la délégation américaine, car, pour une grande partie de la société italienne, la participation de l’ICE au sein du département sécurité est perçue comme une légitimation des décisions disproportionnées de Trump et un transfert du conflit dans la sphère sportive.
Le ministre de l’Intérieur, Matteo Piantedosi, a insisté sur le fait que les agents de l’ICE présents en Italie n’auront aucune mission de patrouille et se limiteront à l’analyse et au partage d’informations depuis les locaux diplomatiques.
Kirsty Coventry a réitéré ces derniers jours un message très clair : le respect et l’unité sont les maîtres mots dans un contexte de divisions. « J’espère que la cérémonie d’ouverture sera perçue par tous comme une occasion de se respecter mutuellement », a-t-elle déclaré.
Une première cyberattaque déjouée
Les autorités italiennes ont confirmé qu’une cyberattaque avait visé des hôtels à Cortina d’Ampezzo. Il a été déjoué grâce à une intervention proactive.
La sécurité numérique est l’un des domaines les plus surveillés lors des Jeux olympiques, compte tenu de l’importance des infrastructures qui en dépendent. Selon les médias italiens, le Comité d’organisation de Milan-Cortina a déployé des efforts considérables pour contrer toute attaque potentielle. Une équipe de spécialistes travaille en étroite collaboration avec les experts du comité pour lutter contre ce type de menace.
Selon l’Agence France-Presse, un groupe de pirates informatiques russes a revendiqué l’attaque, affirmant qu’il s’agissait d’une riposte au soutien du gouvernement italien à l’Ukraine.