Cet article 40 que les sportifs réprouvent
Cet article 40 que les sportifs réprouvent Depuis samedi dernier, date d'ouverture du village olympique, les sportifs qui vont participer aux
Cet article 40 que les sportifs réprouvent
Depuis samedi dernier, date d’ouverture du village olympique, les sportifs qui vont participer aux Jeux de Milan Cortina 2026 ont l’obligation stricte de cacher leurs sponsors, sur eux-mêmes ou dans toutes leurs communications. Cette règle s’appelle la règle 40 de la Charte olympique.
De nombreux sportifs mettent en lumière la règle 40 de la Charte qui les prive d’exposer leurs partenaires pendant les Jeux. La période s’étend du jour d’ouverture du Village jusqu’au lendemain de la cérémonie de clôture, soit du 30 janvier 2026 au 24 février 2026 pour la période olympique. Les athlètes paralympiques devront l’appliquer du 27 février au 17 mars 2026.
Pendant ces 26 jours, les Olympiens doivent veiller à ne pas exposer leurs propres sponsors afin de prioriser de la visibilité des sponsors du CIO.
Si les règles d’application de la règle 40 couvrent cette période, les participants sont libres de toute communication, en dehors de celle-ci. Ils pourront donc librement trois jours après la fin des Jeux remercier leurs partenaires, ce dont ceux-ci semblent s’accommoder.
Une règle, des exceptions
Les conditions de l’article 40 à la différence de bien des articles de la Charte sont contenues sur neuf pages. C’est dire si le CIO veille jalousement à ce qu’il soit respecté et si les juristes qui ont participé à sa rédaction y ont mis du cœur.
Pourtant, le premier grief des Olympiens vis-à-vis de cette règle touche à ce que les rédacteurs étaient incapables d’imaginer lors de sa rédaction tout au long du 20e siècle et qui, aujourd’hui, conditionne la participation aux Jeux des athlètes professionnels eux-mêmes. Lors des précédentes rédactions de l’article 40, les posts, les photos, les vidéos avaient une moindre importance. Aujourd’hui tout a changé, la communication est essentielle pour les marques afin de disposer d’un retour sur investissement.
Afin que les règles soient bien intégrées par les principaux intéressés, certains comités nationaux olympiques forment leurs champions.
Les seuls sportifs exonérés de cette règle sont précisément ceux qui ont des partenaires TOP du CIO pour sponsor. Il s’agit des sportifs qui sont en partenariat avec notamment Visa, Samsung, Deloitte, TCL, Airbnb, Omega notamment. Ces firmes sponsorisent une vingtaine de compétiteurs présents à Milan Cortina.
Cette règle est évidemment jugée injuste par tous les autres, ceux qui ont d’autres partenaires qui, tout au long de leur carrière, financent leur projet sportif. C’est d’autant plus vrai que leur tenue officielle est fournie par leur fédération sportive et dépourvue de tous sponsors potentiels.
Les téléspectateurs y gagnent en clarté, délestés de toute pollution visuelle. En revanche, les sportifs verraient d’un bon œil un assouplissement de la règle 40.
Des Jeux éclatés, bonne idée ou pas ?
Pour la première fois depuis la création des Jeux d’hiver en 1924, les Jeux olympiques se dérouleront sur un vaste territoire et trois régions : la Lombardie, la Vénétie et le Trentin-Haut-Adige. Huit « clusters » sont répartis sur 22.000km² et il y a jusqu’à six heures de route entre les différents sites. Pour des raisons économiques et écologiques, les Jeux de Milan Cortina sont organisés à travers tout le nord de l’Italie et plus sur un seul site en particulier comme auparavant.
Le choix de cette multiple implantation tient à la volonté du CIO de faire reposer les Jeux sur les infrastructures existantes.
En dehors du Village olympique destiné à devenir un campus étudiant, les organisateurs des Jeux n’ont construit que deux grandes réalisations : le palais des sports de glace de SantaGuilia à Milan en cours de finition et la piste de bobsleigh, luge et skeleton de Cortina d’Ampezzo.
Toutes les autres infrastructures nouvelles sont des sites provisoires.
Pour les athlètes, la nouveauté, c’est qu’ils ne pourront pas tous se côtoyer, puisqu’ils seront répartis dans quatre villages olympiques. Il en sera de même pour la cérémonie d’ouverture demain, qui se tiendra sur quatre sites différents, dont le Stade San Siro comme site principal.
Si la plupart des sportifs le regrettent, tous en comprennent les raisons.
Ce modèle de Jeux éclatés doit servir de laboratoire aux prochains Jeux d’hiver des Alpes françaises 2030, organisés dans les régions AURA et PACA, voire ceux prévus en Suisse en 2038. À la fin des Jeux, la présidente du CIO a convenu de faire un point sur cette organisation multiple et sur la nécessité de poursuivre ce modèle, l’amender, voire y renoncer au delà des Jeux français.
Le CIO met la pression sur le COJOP Alpes 2030
Une troisième démission vient de toucher le comité de direction des Alpes françaises 2030 avec le départ de Bertrand Méheut, président du comité des rémunérations du COJOP et ancien PDG de Canal+. Ce dernier dit ne plus croire dans le projet tricolore.
Une situation qui n’a pas échappé à Pierre-Olivier Beckers-Vieujant, le président de la commission de coordination des Jeux 2030. Il n’a pas mâché ses mots en rappelant que la direction du COJOP se devait de travailler « en équipe ».
À quatre ans de l’échéance, « plusieurs décisions clés restent en suspens, et le rythme de livraison doit s’accélérer dans l’ensemble des chantiers », prévient-il, en faisant notamment allusion à la carte des sites et au programme des sports qui ne sont toujours pas finalisés.
Lindsay Vonn veut y croire encore
La skieuse américaine Lindsay Vonn victime d’une chute lors de la descente de Crans-Montana il y a une semaine, croit toujours en ses chances de disputer la finale olympique.
« Je me suis complètement déchiré le ligament croisé antérieur. J’ai aussi une contusion osseuse, ainsi que des déchirures du ménisque, mais on ne sait pas exactement ce qui était déjà présent et ce qui est dû à la chute ».
Après avoir consulté plusieurs médecins, la championne olympique de descente à Vancouver 2010, toujours sur le circuit à 42 ans, est réaliste. Elle reste optimiste.
« Après de nombreuses consultations médicales, une thérapie intensive, des tests physiques et une séance de ski aujourd’hui (mardi), je suis convaincue d’être apte à participer à la descente olympique dimanche. Malgré mes blessures, mon genou est stable, il n’y a pas d’enflure et mes muscles fonctionnent correctement. Je continuerai évidemment à évaluer ma situation quotidiennement avec mon équipe médicale afin de prendre les décisions les plus judicieuses, mais je compte bien participer à la compétition dimanche ».