Alpes 2030 : crise de gouvernance ou plus encore ?
Alpes 2030 : crise de gouvernance ou plus encore ? Après le départ d'Anne Murac, directrice des opérations en charge de
Alpes 2030 : crise de gouvernance ou plus encore ?
Après le départ d’Anne Murac, directrice des opérations en charge de la carte des sites, cette fois, c’est le directeur de la communication, Arthur Richer qui vient de jeter l’éponge au sein de l’équipe de direction d’Alpes françaises 2030. Au-delà des mots d’Edgar Grospiron destiné à rassurer, l’organisation cherche un chargé de mission destiné à mettre de l’ordre dans la maison.
À quatre ans des Jeux dans les Alpes françaises, il semble qu’une crise de gouvernance menace le Comité d’organisation. Deux départs en quelques mois au sein du Comité directeur démontrent, sinon quelques atermoiements, plus surement une crise en interne entre les souhaits des uns, et les exigences des autres.
Le patron de l’organisation, Edgar Grospiron, s’est voulu rassurant sur ses réseaux sociaux, évoquant des Jeux olympiques qui dépassent le cadre de l’organisation des Jeux eux-mêmes. « Si nous rencontrons des difficultés, c’est parce que je porte une ambition des plus élevées. Je ne me résous pas à livrer des Jeux olympiques et paralympiques ordinaires ni à me cacher derrière l’excuse du temps ou de contraintes budgétaires, écrit-il.
Sans doute a-t-il raison sur le fond, mais en interne, le message ne passe plus et le patron de l’organisation semble s’isoler.
Ce flou n’est pas du goût de la ministre des Sports, Marina Ferrari, élu de Haute-Savoie, qui se montre préoccupée. » La réussite des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver des Alpes françaises 2030 exige une organisation exemplaire, structurée et pleinement opérationnelle. Je serai extrêmement exigeante et vigilante sur ce point, aux côtés du Mouvement sportif et des Collectivités territoriales. Je veillerai à ce que chacun assume ses responsabilités ».
Le ton en dit long sur sa colère sourde.
La ministre exige au plus vite une clarification de la situation, cela d’autant que le temps presse et que de nombreuses zones d’ombre n’ont toujours pas été levées s’agissant de l’organisation même des Jeux.
Les zones d’ombre
La carte des sites constitue le premier point négatif. Même si la plupart des lieux de compétition sont connus, ils ont donné lieu à des atermoiements. Méribel, évincée de l’accueil du ski alpin masculin, s’est retirée, mais Val-d’Isère, pressentie pour la remplacer, rechigne à verser sa contribution.
Ajoutons qu’un an après la mise en œuvre du Comité d’organisation, on ne connaît toujours pas le lieu de la Cérémonie d’ouverture.
L’autre gros point d’interrogation concerne les sports additionnels. Ils devaient être connus avant la fin de l’année pour validation à Milan Cortina. Finalement, le CIO a décidé de repousser les choix de plusieurs mois. Sans doute pour ne pas contrarier le travail du groupe en charge de définir les sports olympiques de demain, et notamment ceux aux Jeux d’hiver. En attendant, cela complique l’organisation d’Alpes 2030.
De nouveaux sports, ce sont aussi de nouveaux sites à définir et les retards pris se rattrapent difficilement. Milan Cortina aura démontré que l’éclatement des sites est une réelle complication.
Enfin, dernier point qui cloche, aucun sponsor principal et même secondaire n’a encore été annoncé. Or, les Jeux olympiques reposent d’abord et avant tout sur les partenariats conclus avec des groupes privés.
Un homme providentiel à la rescousse ?
Bref, à quatre ans des Jeux, il n’y a plus de temps à perdre. Afin d’endiguer la crise de gouvernance, un homme providentiel sera prochainement en charge d’une mission de clarification.
Selon le journal Le Monde, c’est Etienne Thobois (photo), l’ancien directeur général des Jeux de Paris 2024, qui serait pressenti. On se demande d’ailleurs pourquoi on n’y avait pas pensé plus tôt après la réussite des Jeux de Paris 2024, dont il était le principal artisan aux côtés de Tony Estanguet.
Sans doute après des Jeux éreintants à mettre en œuvre, avait-il besoin de souffler. Mais cette fois, son expertise devient indispensable.
L’annonce de sa nomination n’est pas encore connue. Qu’importe, sans doute a-t-il besoin de se rendre sur place et d’examiner les conditions de sa mission. Une chose est sûre, compte tenu de son expérience et de sa réussite antérieures, sa mission pourrait permettre de remettre l’organisation sur les bons rails.
Pingback:Utah 2034 vs Alpes 2030 : destins opposés | DICOLYMPIQUE 12 février 2026