Ciao Milan Cortina 2026… vive Alpes 2030 ?
Ciao Milan Cortina 2026
Ciao Milan Cortina 2026… vive Alpes 2030 ?
Les Jeux de Milan Cortina sont terminés. Hélas, peut-on dire, tant ils furent réussis avec une ultime Cérémonie très Commedia dell’Arte dans les arènes de Vérone. Après deux semaines de compétition, le sport a laissé la place à l’art et au spectacle « où l’Italie devient une scène ». Ciao ! Grazie a tutti.
Le drapeau olympique est désormais dans les mains des organisateurs des Alpes 2030. La passation officielle hier soir, symbolique, ne doit pas faire oublier l’essentiel. Il ne reste que quatre ans avant la prochaine édition hivernale, mais quatre ans pour presque tout faire, c’est court !
Le projet Alpes 2030 est né en 2024 sous la pression du temps et, désormais, il n’y a plus de temps à perdre. Très discret pendant la quinzaine italienne, le président du COJOP, Edgar Grospiron, s’est finalement livré à une conférence de presse. Il était nécessaire de clarifier les choses alors que plusieurs chantiers sont toujours en suspens et qu’il faut remettre de l’ordre dans la gouvernance de l’organisation.
« Nous savons que nous avons peu de temps et peu d’argent », a déclaré l’ancien champion olympique, résumant parfaitement la pression qui pèse sur l’organisation. « Nous avons confiance en nos capacités, un haut niveau d’excellence pour de nombreuses raisons. Nous serons en mesure d’organiser les Jeux à temps et au niveau attendu. »
Parmi les décisions à prendre rapidement, il y a l’organisation de la tête de pont. Car c’est de là que tout découle. Il est acquis que le directeur général, Cyril Linette, va partir. Le COJOP devra compter sur l’expertise d’Étienne Thobois, l’ancien directeur général de Paris 2024. Il sera en mission d’accompagnement. Avec l’expérience qui est la sienne, il était temps de faire appel à ses services. Le temps ne s’arrête jamais.
Grospiron toujours à la baguette

Pour l’heure, les responsables politiques font confiance à Grospiron pour mener le bateau à bon port. Le président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, Renaud Muselier, a déclaré au journal Ouest-France que Grospiron reste « l’homme de la situation », car « il fait avancer les choses, parce qu’il est un champion olympique, parce qu’il a la confiance du CIO, parce qu’il a la confiance de tous les organisateurs des Jeux ».
Reste qu’une fois ces dispositions réglées, il va bien falloir s’attaquer aux questions essentielles et elles sont légion.
Quels sports additionnels en 2030 ? Quel lieu pour la cérémonie d’ouverture ? Quels sites de ski alpin définitivement arrêtés ? Quid des nouvelles constructions indispensables ? Quelle patinoire pour le patinage de vitesse, car la France ne dispose pas d’un tel équipement ? Enfin quid des partenaires privés indispensables à la construction du budget ?
Voilà pour les principales interrogations, mais d’autres, sous-jacentes, vont se poser prochainement.
Le modèle multisite des Jeux de Milan-Cortina 2026 vise à optimiser les infrastructures existantes et à maîtriser les coûts. À Milan Cortina, il y avait sept clusters. Les Alpes 2030 n’ont pas prévu d’économiser la répétition du modèle. Comme en Italie, il y aura quatre sites principaux (Nice, Briançonnais, Savoie et Haute-Savoie) et une dizaine de lieux de compétition.
Si Grospiron reconnait les « turbulences » internes, il défend la nécessité de la cohésion pour mener à bien le projet. Il se réfère aux Jeux de Paris 2024, convaincu de pouvoir tirer profit de l’expérience acquise. « Nous suivrons les recommandations et les choix du CIO », a-t-il déclaré. On devrait rapidement être fixé dans la capacité de la nouvelle équipe dirigeante à maitriser le calendrier et se montrer enfin à la hauteur du beau projet qu’est Alpes 2030.