Utah 2034 vs Alpes 2030 : destins diamétralement opposés
Utah 2034 vs Alpes 2030 : destins diamétralement opposés Au moment où le Comité d'organisation des Jeux des Alpes 2030 nage
Utah 2034 vs Alpes 2030 : destins diamétralement opposés
Au moment où le Comité d’organisation des Jeux des Alpes 2030 nage en plein marasme, leurs homologues des Jeux d’Utah 2034 baignent dans le bonheur. Les Américains ont pris tellement d’avance que le CIO leur a demandé de « ralentir le rythme ». En revanche, côté français, il faudrait accélérer, alors que tout semble au point mort.
Le président-directeur général d’Utah 2034, Fraser Bullock (photo) a loué lors d’une conférence de presse, les excellentes relations qu’il entretenait avec le CIO et en particulier avec Kirsty Coventry, qu’il connait bien. Il faut dire qu’à huit ans de l’événement, les Américains ont pris de l’avance et le CIO les a félicité, mieux même il leur demande de lever le pied.
« Puisque nous disposons déjà de tous les sites et de tout le nécessaire, nous avons l’opportunité de rehausser le niveau des Jeux », a déclaré Bullock. Pour l’occasion, les États-Unis ont dépêché en Italie une centaine de responsables. Ils sont actuellement sur place pour observer de près l’organisation de ces Jeux. L’objectif est de recueillir des informations pratiques sur les systèmes de transport, la logistique des sites, la sécurité publique et l’exploitation des stations de montagne.
Au passage, les responsables de l’Utah ont noué des relations avec les Alpes 2030 et passé des accords de partenariat (photo ci-dessus). Pourtant, au lieu de s’en réjouir, le patron d’Alpes 2030, Edgar Grospiron, semblait mal à l’aise lors de la signature du contrat, comme si les tensions qui affectent le projet qu’il conduit avaient raison de son enthousiasme habituel.
Des projets aux antipodes
Entre les deux projets, il semble qu’il y ait des années-lumière. Tandis qu’Utah 2034 est invité à ralentir le rythme, les Alpes 2030, dans quatre ans, font du surplace. Pire que tout, la direction qui devrait être soudée et aller de l’avant ne cesse de s’entredéchirer. Chaque jour, on découvre qu’un nouveau membre de la direction quitte le navire. La responsable des sites a été la première à quitter son poste, suivie par le directeur de la communication, puis par le responsable des rémunérations. Ce dernier a ajouté qu’il « ne croyait plus au projet » et qu’il observait des « dérives ». Voilà maintenant qu’on parle du départ du directeur général des Jeux, Cyril Linette, qui avait été recruté par Edgar Grospiron.
Or, après trois mois de collaboration, on parle de dissensions entre les deux hommes et même d’un divorce imminent.
Dans ce contexte, le CIO ne reste pas les bras croisés et, dès mardi soir, a convoqué son conseil exécutif. Nul doute que des décisions seront annoncées prochainement, mais, pour l’heure, l’organisation mondiale du sport n’entend pas troubler l’organisation des Jeux de Milan Cortina.
En juillet 2024, lors de l’attribution des Jeux aux Alpes françaises, on se félicitait du coup de poker des Tricolores qui avaient renversé la table en trois mois. On comprend désormais que le projet était mal préparé, mal financé et que ceux chargés de leur faire vivre aujourd’hui éprouvent les pires difficultés à le faire avancer.
On comprend mieux désormais pourquoi Martin Fourcade, longtemps pressenti pour en prendre la direction, a préféré jeter l’éponge.
Même absent des Jeux, Trump divise toujours
Qualifié de « vrai loser » par Donald Trump, le skieur acrobatique Hunter Hess reçoit le témoignage de soutien d’une grande partie de la communauté olympique. Ce dernier avait exprimé son mécontentement envers l’administration américaine.
Hunter Hess ne se satisfait pas de porter fièrement les couleurs américaines aux Jeux comme la plupart de ses compatriotes. Pour lui, représenter les États-Unis lui « provoque des sentiments mitigés », compte tenu de son opposition à « beaucoup de choses qui se passent » dans son pays.
Cette petite voix a trouvé de l’écho au plus haut sommet de l’état américain où le Président Trump veille jalousement à ce que ses athlètes soient politiquement corrects vis-à-vis de son administration. Il a immédiatement réagi, traitant Hess de « vrai loser » et remettant en cause l’appartenance de l’athlète à l’équipe nationale.
Sobrement, Hess a réagi sans citer le président américain, « J’aime mon pays », a clarifié Hunter Hess dans une publication sur les réseaux sociaux. « L’Amérique a tellement de qualités, mais il y a toujours des choses à améliorer. L’une des nombreuses choses qui rendent ce pays si extraordinaire, c’est que nous avons le droit et la liberté de le souligner. »
Un malaise évident
La Chinoise Eileen Gu, qui est née et qui vit aux États-Unis, mais qui a choisi la nationalité sportive du pays de sa mère, a immédiatement apporté son soutien à Hunter Hess : « Je plains vraiment les athlètes. ». Gu, médaillée d’argent en slopestyle, a également exprimé sa déception face à la politisation des Jeux et elle l’a fait avec des mots choisis. « Le sport a pour vocation de rassembler les gens… et voir des titres aussi clivants s’immiscer dans ce qui est, à mes yeux, un espace sacré – l’un des rares espaces sûrs qui subsistent, où les gens peuvent communiquer, partager leur culture et être pleinement eux-mêmes – est inadmissible. »
Hess est loin d’être le seul à s’être exprimé sur l’actualité de son pays. La skieuse star Mikaela Shiffrin, la fondeuse Jessica Diggins, la patineuse Amber Glenn ou encore le skieur acrobatique Christopher Lillis ont tous partagé leur malaise quant à l’atmosphère régnant de l’autre côté de l’Atlantique.
Le Comité olympique et paralympique américain a déclaré être au courant des messages injurieux adressés aux athlètes et collaborer avec les forces de l’ordre pour les protéger. Le porte-parole du Comité international olympique, Mark Adams, a déclaré lundi aux journalistes qu’il « ne souhaitait pas alimenter le débat » concernant les propos de Trump. Ce dernier, bien qu’ayant refusé l’invitation de se rendre à Milan pour la cérémonie d’ouverture, continue à distance de diviser l’ensemble de sa communauté.
Programme du jour
BOBSLEIGH, CURLING, HOCKEY SUR GLACE, LUGE, PATINAGE DE VITESSE, SHORT-TRACK, SKELETON, SAUT À SKI, SKI ACROBATIQUE, SKI ALPIN, SKI DE FOND, SNOWBOARD.
En gras les sports à médailles du jour