ESSENTIEL JOUR 14 : Affaire Valieva : le linge sale se lave en public !

Critiqué, le TAS charge l'autorité antidopage Le Tribunal arbitral du sport (TAS) qui a autorisé Kamila Valieva à participer à l'épreuve

Critiqué, le TAS charge l’autorité antidopage

Le Tribunal arbitral du sport (TAS) qui a autorisé Kamila Valieva à participer à l’épreuve féminine de Pékin 2022 vient de publier son jugement * afin de faire toute la lumière sur les critiques dont il a fait l’objet après cette décision. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il n’est pas tendre avec l’Agence mondiale antidopage (AMA).

 

Fortement critiqué par le CIO et l’AMA elle-même pour cette décision, le jury du TAS a qualifié l’autorité antidopage de « plutôt inquiétante » et a dénoncé un « manquement à fonctionner efficacement ».

 

Dans le jugement écrit , le TAS explique en détail pourquoi il n’a pas retenu les appels destinés à rétablir une suspension provisoire contre Valieva. Le tribunal rappelle que Kamila Valieva a été informée de son test positif le 8 février, soit un mois et demi après son contrôle, de surcroit au lendemain de la victoire de l’équipe russe de patinage dans la compétition par équipe et à quelques heures de recevoir sa médaille.

 

Le TAS a jugé que cela causerait un « préjudice irréparable » d’exclure Valieva de la compétition individuelle à Pékin 2022. Elle aurait dû être informé de son contrôle positif, selon les normes de l’AMA, au plus tard, 20 jours après le prélèvement.

Des délais qui laissent à désirer

Le jugement écrit critique fortement ce délai de 20 jours. « Les athlètes ne devraient pas être exposés au risque de préjudice grave occasionné par l’incapacité des autorités antidopage à fonctionner efficacement à un niveau de performance élevé et d’une manière conçue pour protéger l’intégrité du fonctionnement des Jeux » peut-on lire dans le jugement du TAS.

 

S’agissant du cas Valieva en particulier, le Tribunal dénonce l’acharnement vis à vis d’une athlète qui selon lui, n’aurait pas commis de faute personnelle « sans aucune faute de sa part, et sans aucune allégation de conduite inappropriée de qui que ce soit… se retrouve aux Jeux Olympiques d’hiver à être mise en demeure d’une prétendue violation des règles antidopage à partir d’un échantillon prélevé 44 jours auparavant ».

 

Les retards de traitement du laboratoire accrédité par l’AMA à Stockholm ont été imputés aux problèmes de personnel provoqués par la pandémie de COVID-19 en Suède. Le moins qu’on puisse dire c’est que le TAS n’a pas trouvé l’argumentation convaincante.

 

Bien évidemment, l’Agence Mondiale du Sport (AMA) n’a pas tardé à réagir.  Dans un communiqué, elle accuse le jury du Tribunal d’avoir voulu réécrire le Code Mondial Antidopage. Elle considère que le TAS avait décidé « d’ignorer les termes clairs et sans ambiguïté » du Code mondial antidopage 2021 en permettant que les suspensions provisoires obligatoires pour les « personnes protégées » soient désormais considérées comme des suspensions provisoires facultatives.

 

Les deux organisations nous ont habitué depuis des mois à des passes d’armes sur la manière d’interpréter le Code mondial antidopage. Une des plus virulentes concernaient le jugement de l’affaire du dopage russe. L’AMA reprochant au TAS de souvent minimiser ses condamnations. Celle-ci vient un peu plus épaissir le dossier.

 

* Lire le jugement du Tribunal arbitral du Sport (en anglais)

 


Bach fustige les entraineurs de Valieva

Le président du Comité International Olympique (CIO), Thomas Bach, a déclaré qu’il était « très perturbé » après avoir vu la lutte de Kamila Valieva dans la compétition féminine de patinage artistique. Il dénonce « l’atmosphère effrayante » de son entourage après l’événement.

 

« J’ai vu à quel point la pression devait être forte sur elle. Cette pression dépasse mon imagination, en particulier pour une fille de 15 ans. La voir se débattre sur la glace, voir comment elle essaie de se ressaisir et terminer son programme ».

 

Et le président du CIO d’enfoncer le clou : « Quand j’ai vu comment elle était accueillie par son entourage, d’une énorme froideur, ça faisait froid dans le dos de voir ça. Plutôt que d’essayer de l’aider, vous pouviez sentir cette atmosphère glaçante, cette distance. Si vous interprétez le langage corporel, c’est encore pire. » a conclu le président du CIO.

 

Les commentaires de Bach ont été condamnés en Russie, ainsi le Le vice-Premier ministre russe Dmitri Chernychenko lui a adressé une cinglante réplique. « Nous sommes profondément déçus de voir un président du CIO tisser son propre récit fictif sur les sentiments de nos athlètes, puis les présenter publiquement comme la voix du CIO » a t-il dit au site InsideTheGames.

Chernyshenko a été président et directeur général des Jeux olympiques d’hiver de Sotchi 2014. « C’est franchement inapproprié et faux » a t-il conclu.

 

Une chose est sûre désormais, ce qu’on a appelé l’affaire Valieva et qu’importe ses conclusions dans les prochains mois restera à jamais comme une tâche indélébile sur ces Jeux de Pékin 2022.

 


Un troisième cas de dopage

La bobeuse ukrainienne Liidia Hunko, qui a terminé 20è de la compétition de monobob a été testée positive à un stéroïde anabolisant. Les résultats publiés par l’Autorité de contrôle indépendant (ITA) ont indiqué que l’échantillon prélevé contenait de la déhydrochlorométhyl-testostérone.

 

Celle qui s’affiche sur les réseaux sociaux en soulevant de la fonte en se surnommant « Strongwoman » a été rattrapée par ses démons. Elle a été provisoirement suspendue.

 

Il s’agit du troisième cas de contrôle antidopage à ces Jeux d’hiver et le deuxième impliquant un athlète ukrainien. La skieuse de fond Valentina Kaminska a également été testée positive aux stéroïdes anabolisants et à deux autres substances interdites. Le premier cas était celui du skieur iranien Hossein Saveh Shemshaki, contrôlé positif à la veille de la compétition de slalom.

 


Les médailles du jour (actualisé en temps réel)

Biathlon : Mass start 12,5 km femmes

Mass-start 15 km hommes

Patinage de vitesse : 1000 m hommes

Ski acrobatique : Half-pipe femmes

Ski cross hommes

2 COMMENTAIRES
  • Blanchard 18 février 2022

    Merci pour votre éclairage factuel sur l’ « affaire Kamila Valieva ». Cette athlète a effectivement été au coeur d’un enchainement de faits incompréhensibles et cela a bien évidemment impacté sa performance sur la glace.

    Je suis toutefois peiné de voir que on est maintenant dans une course à désigner les responsables. TAS vs AMA. Bach vs entourage…
    On en oublie l’athlète et ses fans.

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