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TÉLÉVISION / Médias-culture

La télévision tient une place considérable dans l’organisation des Jeux. C’est elle qui assure au Comité International Olympiques (CIO) les confortables revenus générés par les droits d’exclusivité que détient le network américain NBC. C’est pour lui que le CIO envisageait voici peu d’allonger la durée des Jeux. Il était envisagé de les faire durer plus longtemps afin d’assurer aux télévisions des parts d’audience et donc des recettes publicitaires plus importantes.

 

Il n’en a pas toujours été ainsi. Jusqu’au milieu du 20ème siècle, la presse écrite puis la radio ont été au cœur du dispositif olympique. Mais si ces médias ont assuré la promotion du mouvement olympique, ils n’ont pas permis son indépendance financière.

 

C’est en 1936 que la première caméra de télévision est montrée au public par le chef de la propagande nazie, juste avant le début des Jeux de Berlin. Elles serviront à réaliser un documentaire de Leni Riefenstahl sur l’événement.

 

A Londres 1948, 500.000 personnes visionnent les reportages réalisés pendant les Jeux. Dès les Jeux d’Helsinki 1952 et ceux de Melbourne 1956, des discussions concernant les droits télévisés sont engagées. Elles n’aboutissent pas. Il faut attendre les Jeux de Rome 1960 et la naissance de l’Eurovision pour permettre aux téléspectateurs de regarder les épreuves en direct (photo).

 

À Mexico 1968, des millions de téléspectateurs peuvent les voir en couleur et en mondiovision. Pourtant à l’époque, le CIO ne mesure pas l’impact de ce nouveau média et des bénéfices qu’il peut en tirer.

Ainsi, l’Américain Avery Brundage, alors président du CIO, déclarait-il : «Le CIO s’en est passé (de la télévision) pendant 60 ans, il peut continuer pour les 60 années à venir».

La télévision au secours des Jeux

L’un de ses successeurs à la tête du CIO, Juan Antonio Samaranch lui aura une vision diamétralement opposée. Il va faire de la télévision, le pilier du développement des Jeux olympiques et indirectement de la puissance de son institution.

 

Ainsi à Séoul 1988, les droits de retransmission sont 350 fois supérieurs à ceux qui sont engagés pour les Jeux de Rome. À Barcelone 1992, le network américain NBC paie 410 millions de dollars pour s’attacher les droits. Elle paiera le double à Sydney 2000 et près de 2 milliards pour les Jeux d’Athènes 2004.

Lors de ces Jeux, 2000 télévisions du monde entier ont retransmis les images des Jeux et notamment de la cérémonie d’ouverture. Selon les estimations, près de quatre milliards de personnes dans le monde suivaient la manifestation.

 

Les Jeux olympiques ne seraient pas le spectacle sportif le plus important au monde sans la télévision. Elle offre des images souvent fort belles, émouvantes, impressionnantes et spectaculaires. Le téléspectateur est au cœur du dispositif. Il voit des ralentis, des images sous-marines, des gros plans que le spectateur dans le stade, ne verra jamais.

Quant au spectateur, il conservera en mémoire des émotions que n’auront sans doute jamais les téléspectateurs.

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