Quand Pékin 2022 fait figure d’épouvantail *

C’est dans un climat des plus tendus que se sont déroulés les débats de la commission exécutive du CIO. Lors de cette longue réunion, il a été beaucoup question des Jeux d’hiver de Pékin 2022 qui préoccupent tous les esprits et on y parle très peu de sport.

 

C’est tout naturellement les derniers préparatifs concernant les Jeux de Pékin 2022 qui sont au centre des débats qui durent 3 jours au sein du siège du CIO.

La durée de l’événement est en cela suffisamment significative pour montrer qu’il n’est pas seulement question d’évacuer les affaires courantes.

 

Réunis en visioconférence, les 14 membres du « gouvernement » de l’organisation ont à débattre de plusieurs points d’ordre diplomatiques, politiques et sanitaires.

 

Il est notamment un point qui chagrine les responsables du CIO, celui du boycott diplomatique des Jeux par les États-Unis et maintenant de l’Australie, la Grande-Bretagne et le Canada. Ce dernier avait été le premier pays a avoir œuvré dans ce sens.

 

Le CIO a réagit avec la circonspection qu’on lui connait, mais pour lui le coup est rude : “La présence de responsables gouvernementaux et de diplomates est une décision purement politique pour chaque gouvernement, que le CIO, dans sa neutralité politique, respecte pleinement.

Quoiqu’il en soit, pour l’instance olympique, l’essentiel est là, les sportifs américains et autres seront présents et la compétition aura tout son sens.

 

Quant aux Chinois, ils n’ont pas manqué de réagir eux aussi. S’ils semblent fâchés contre les États-Unis et s’ils menacent de contre-mesures fermes, s’agissant des boycotts diplomatiques de l’Australie et de la Grande-Bretagne, ils se sont montrés moins diplomatiques, considérant qu’ils « s’en fichaient ».

L’autre problème politique

A ces problèmes diplomatiques, s’ajoute désormais un problème politique, l’affaire Peng Shuai. Le CIO fait là encore face à des pressions sur sa position concernant le sort de la joueuse.
Ses entretiens médiatiques à distance avec elle n’ont pas calmé l’inquiétude concernant le sort de celle qui affirme avoir été victime d’agression sexuelle de la part d’un homme politique chinois de haut rang.

 

Le CIO a résolument déclaré qu’il croyait à la « diplomatie discrète », différant de la position prise par la Women’s Tennis Association (WTA) qui a pris la décision d’annuler tous les tournois se déroulant en Chine. Thomas Bach a démenti les affirmations selon lesquelles le Comité international olympique (CIO) se serait rangé du côté de la Chine concernant Peng Shuai, affirmant que l’organisation « doit rester politiquement neutre, sinon les Jeux olympiques prendraient fin ».

 

« Notre approche est d’avoir un sentiment humain avec elle et de lui assurer que nous nous soucions d’elle, c’est ce qu’elle a beaucoup apprécié dans les deux appels. » a précisé le président du CIO.

Un accueil en Chine des plus glacial

Enfin, Omicron, la nouvelle souche de COVID-19, est également présenté comme un autre problème que les organisateurs doivent prendre en compte dans la préparation des Jeux, même si ces derniers affirment qu’ils auront lieu comme prévu.

 

Dans le cadre de sa politique « zéro-COVID », la Chine a mis en place des mesures de prévention parmi les plus strictes au monde. Les sportifs qui se sont rendus dans le pays dernièrement pour participer aux épreuves de préparation ont pu s’en rendre compte. Ils ont expérimenté ce que les chinois appellent « une boucle fermée ».

En dehors des compétitions où ils se rendaient dans des bus fortement gardés et dont il n’était pas possible de descendre avant l’arrivée sur site, ils ne pouvaient pas sortir un orteil à l’extérieur de leur hôtel. Des policiers en faction les en empêchaient.

 

Ajoutons toujours dans le cadre de cette boucle fermée que pour se rendre en Chine où actuellement tous les vols sont interdits, seules une quinzaine de compagnies aériennes devraient opérer des vols temporaires pour les Jeux. Quatre hubs dans le monde dont Francfort pour l’Europe sont censés accueillir tous les participants avant de s’envoler pour Pékin.

 

* Article du mardi 7 décembre mis à jour au fur et à mesure des débats

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