Des sites « permanents » pour les Jeux d’hiver ?

Des sites « permanents » pour les Jeux d'hiver ? Une étude suggère que cinq sites « permanents » pourraient accueillir

Des sites « permanents » pour les Jeux d’hiver ?

Une étude suggère que cinq sites « permanents » pourraient accueillir à tour de rôle les Jeux olympiques d’hiver. Ce projet permettrait d’utiliser des lieux déjà aménagés pour limiter les coûts d’infrastructure et leur impact environnemental.

 

Depuis plusieurs mois, l’idée fait son chemin. Cette fois, une étude du cabinet Circle Stragegy basé à Neuilly-sur-Seine en France met le doigt là où ça fait mal. Ce cabinet définit lui-même sa mission : bousculer les codes.

Son étude intitulée : “Climate change and the climate reliability of hosts in the second century of the Winter Olympic Games” rappelle celles réalisées par l’université de Waterloo au Canada en 2022 et 2024. Des scientifiques de renom spécialistes du changement climatique et du sport avaient examiné 93 villes et régions du monde qui ont déjà accueilli les Jeux olympiques et paralympiques d’hiver. Ils indiquaient en conclusion que quelques villes seulement pourraient de nouveau accueillir les Jeux d’ici les années 2080.

Une étude environnementale et financière

À la différence de l’étude canadienne, l’étude du cabinet français ne s’attache pas seulement au réchauffement climatique. Elle prend également en compte les aspects économiques, le coût des Jeux.

Ainsi, depuis les Jeux de Vancouver 2010,  les villes dépensent beaucoup d’argent pour l’accueil des Jeux pour un retour sur investissement souvent très en deçà.

L’exemple le plus flagrant est celui des Russes à Sotchi 2014 (photo), qui aurait dépensé 25 milliards de dollars pour l’accueil des Jeux d’hiver pour des recettes négligeables. Des recettes négligeables d’un point de vue économique, mais sans doute plus efficace d’un point de vue politique. Quoique… pourrions-nous ajouter ! Les Jeux de Sotchi sont ceux qui ont contribué à isoler la Russie du sport international.

 

Circle Strategy indique que son étude depuis 2010 montre « un déficit moyen de 4,7 milliards de dollars, principalement dû à des coûts de construction très élevés, atteignant 5,3 milliards de dollars en moyenne par édition, avec 52,5 % des infrastructures construites ex nihilo pour les éditions récentes », comme le rapporte Jean-Marc Liduena, directeur général du cabinet.

Une rotation des villes olympiques

Afin de pallier ses problèmes importants que sont le coût des Jeux et leur impact environnemental, le cabinet français propose de déterminer cinq « sites permanents » et une « rotation fixe » entre ces lieux.

Les sites auraient l’avantage d’être déjà aménagés et attractifs, de plus, ils bénéficieraient de conditions climatiques optimales pour l’accueil des épreuves hivernales. Les cinq zones qu’elle qualifie de « viables » seraient : les Alpes françaises (prévues en 2030), les Alpes suisses (envisagées en 2038), les Rocheuses canadiennes (Calgary ?), les Rocheuses américaines (Utah, prévu en 2034) et le Japon (Sapporo ?).

 

C’est sans doute là que l’étude prête à caution. Pourquoi les Alpes françaises ou la Suisse, et pas les Alpes italiennes ou autrichiennes tout aussi bien adaptées, voire les Alpes scandinaves ?

Pourquoi seulement le Japon en Asie, alors que des pays émergents et riches, comme la Chine, voire l’Arabie Saoudide (photo), ont démontré leur capacité à organiser des sports d’hiver ?

On peut également imaginer que le Chili en Amérique du Sud ou la Nouvelle-Zélande en Océanie sont bien dotés en matière de domaines skiables et de niveau de développement.

 

C’est donc moins le principe de la rotation sur cinq ou six lieux qui pose problème que le choix de leur implantation géographique. Tous les continents et sous-continents, excepté l’Afrique, inadaptée aux sports d’hiver, devraient pouvoir y trouver leur compte.

Des arguments de poids pour le CIO

Le CIO n’est pas hostile à l’idée de recourir à des sites permanents. Il a déjà évoqué cette idée à plusieurs reprises. Cette fois, le cabinet français avance un autre argument de poids, sa rentabilité. Sur les 25 prochaines éditions, 100 % d’entre elles « seraient rentables dès le premier cycle d’utilisation des sites, avec des profits moyens estimés à 2,2 milliards de dollars, contre un investissement initial de 13 milliards ».

 

Cerise sur le gâteau, le cabinet estime par ailleurs une réduction « de 72 % des coûts de construction, en privilégiant une logique de rénovation », parallèlement à une « division par deux » des émissions carbone, un sujet auquel le CIO se dit très attaché.

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