Les disciplines additionnelles déjà en chantier
Parmi les travaux auxquels le Comité d'organisation des Jeux d'hiver dans les Alpes françaises 2030 doit s'attaquer figure celui des
Parmi les travaux auxquels le Comité d’organisation des Jeux d’hiver dans les Alpes françaises 2030 doit s’attaquer figure celui des disciplines additionnelles. Il s’agit des sports qui ne sont pas considérés comme disciplines officielles, mais qui figurent au programme en raison de leur résonance au sein du pays d’accueil et auprès des jeunes populations, public cible du mouvement olympique. Le nouveau patron de l’organisation, Edgar Grospiron, a déjà le sujet en tête.
Le succès des disciplines additionnelles, comme le surf, l’escalade ou skateboard à Tokyo 2020 et Paris 2024 a fini par convaincre le CIO d’en faire des sports officiels pour Los Angeles 2028. Autant dire qu’être discipline additionnelle n’est pas neutre pour les présidents de Fédérations internationales (FIs) en quête de reconnaissance, de visibilité et de crédits pour développer leur sport.
Le premier à dégainer sur le sujet aura été le président de l’Association internationale de kitesurf (IKA) Mirco Babini après le succès des Championnats du monde de voile sur glace et sur neige 2025 qui se sont déroulés sur les eaux gelées du lac Mendota, dans le Wisconsin, aux États-Unis.
Trois disciplines étaient en lice, dont le snowkite. Ce sport n’a rien de différent du kitesurf en compétition à Paris 2024, mais il se pratique sur une surface gelée (plaine de montagne ou lac). « Le monde a besoin d’une nouvelle génération de disciplines sportives qui soient passionnantes, connectées à la nature, spectaculaires et médiatiques », a déclaré Mirco Babini. « Le snowkite, avec son héritage établi et ses nombreux participants sur tous les continents, correspond parfaitement à cette vision. C’est le bon moment pour aspirer à une inclusion aux Jeux olympiques d’hiver ».
Grospiron planche déjà sur le sujet
La question des sports additionnels en compétition dans les Alpes françaises 2030 est une question essentielle, puisqu’elle conditionne les sites concernés par l’organisation globale des Jeux. Or, on a bien compris ces derniers jours que la question des sites retenus occupe déjà tous les esprits à commencer par celui d’Edgar Grospiron, chargé de dessiner la nouvelle carte de l’organisation.
Au delà de la question de Val d’Isère ou pas, de la Cérémonie d’ouverture à Grenoble ou à Lyon, le président du Comité d’organisation doit répondre à la question de quelles disciplines additionnelles en plus des seize sports olympiques officiels ? La réponse à cette interrogation permettra de dessiner la nouvelle carte des sites. Si le Comité international olympique (CIO), le véritable patron des Jeux, l’autorise, cette carte pourra « bouger » jusqu’à deux ans de l’échéance.
Edgar Grospiron qui avoue « passer trois heures de ses nuits » à réfléchir à l’optimisation des Jeux avec les contraintes financières qui sont les siennes, a d’ores et déjà écarté le snowkite et le freeride (ski sur un parcours naturel). En revanche, il cite volontiers, le ski alpinisme qui est déjà discipline olympique officielle à Milan-Cortina 2026 (?), le ski de vitesse qui a été discipline additionnelle (on disait « sport de démonstration » à l’époque), le télémark (ski alpin combiné au ski de fond).
Ouverture à de nouvelles nations
Enfin Edgar Grospiron n’écarte pas la présence en discipline additionnelle de deux sports hivernaux de sports d’été : le cross-country, cher à Sebastian Coe, et le cyclo-cross, que défend un autre candidat à la présidence du CIO, David Lappartient. Le cross-country permettrait d’ouvrir les Jeux d’hiver à davantage de pays africains, grands pratiquants de la discipline. Le cyclo-cross ouvrirait les Jeux d’hiver à quelques stars du cyclisme international.
Enfin, dans l’interview qu’Edgar Grospiron accorde au Dauphiné, l’ancien champion olympique cite l’ice-cross (photo). Ce sport connaît un succès de plus en plus retentissant, notamment grâce à une grande marque de boisson énergétique qui contribue fortement à son développement. L’ice-cross est très proche du ski cross et du boardercross à la différence que les pratiquants ont des patins à glace à la place de skis ou de snowboard et que la discipline sur déroule sur une pente glacée avec des virages serrés.
C’est spectaculaire et le public en redemande. L’ennui, c’est qu’il faut disposer d’une surface et d’un lieu adéquat et, comme le rappelle Grospiron « il faudra budgétiser… ».