Revoilà l’idée de rémunérer les Olympiens

Revoilà l'idée de rémunérer les Olympiens L'organisation de défense des athlètes, Global Athlete, vient de publier une proposition visant à verser

Revoilà l’idée de rémunérer les Olympiens

L’organisation de défense des athlètes, Global Athlete, vient de publier une proposition visant à verser une prime aux athlètes olympiques. Cette proposition vient en opposition à l’intervention de Kirsty Coventry qui affirme que les athlètes ne devraient pas être rémunérés pour leur participation aux Jeux olympiques. 

 

Depuis de longs mois déjà, Global Athlete, une association militante qui aime peser dans le débat en soutien des athlètes vis-à-vis des organisations sportives internationales prend position en faveur de la rémunération des sportifs.

 

C’est ainsi qu’elle vient de relancer le débat après les récents propos de Kirsty Coventry (photo), la présidente du Comité international olympique (CIO). Cette dernière a réaffirmé sa volonté de ne pas rémunérer les athlètes olympiques, lui préférant des aides indirectes comme des bourses d’études ou des stages d’entrainement.

Des propos qui ont sollicité parfois des réactions hostiles.

 

Global Athlete fait remarquer que le CIO est une organisation multimilliardaire, dont les revenus reposent sur les exploits des athlètes lors des Jeux olympiques. C’est à ce titre que l’organisation demande une juste répartition des revenus du CIO.

Or, le CIO a toujours défendu l’idée qu’il partage fortement son immense trésor. Il dit ne conserver que 10% des bénéfices pour son administration, le reste est partagé entre les fédérations internationales, les Comités nationaux olympiques et la solidarité olympique notamment.

 

Pourtant Global Athlete considère que la redistribution n’est pas efficace, voire arbitraire. Selon elle, seul moins de 0,5 % de ses revenus seraient directement distribués et encore, toujours selon l’organisation, tous les athlètes n’en verraient pas la couleur.

 

Deux fédérations internationales, celle d’athlétisme et de natation, entendent franchir le pas de la rémunération. World Athletics en offrant des primes aux médaillés olympiques, World Aquatics en lançant un fonds de compensation de carrière des athlètes destiné à soutenir les nageurs dans leur transition vers une vie après le sport.

Bataille de chiffres

Dans sa proposition, Global Athlete demande au CIO d’adopter plusieurs mesures immédiates pour apporter un soutien financier significatif aux athlètes sans créer de relation employeur-employé traditionnelle.

 

Cela commence par une indemnité de participation aux Jeux olympiques comme celle que perçoivent les membres du CIO. Ces derniers bénéficient d’une allocation annuelle de 7000 dollars auquel s’ajoutent 450 dollars d’indemnités journalières, lors des Jeux ou des sessions ou réunions de l’organisation.

Selon ce modèle, Global Athlete propose que chaque athlète bénéficie d’une indemnité globale de 25 000 dollars. Ce versement reconnaîtrait la contribution de l’athlète au succès du Mouvement olympique tout en évitant les complexités juridiques liées aux relations de travail. Il en coûterait au CIO, 262 millions de dollars par Jeux olympiques à valoir sur les cinq milliards de dollars d’actifs connus.

Libéralisation totale de la Règle 40

L’autre proposition de Global Athlete concerne la suppression des dispositions figurant à l’article 40 de la Charte olympique.

 

Selon l’organisation, le CIO peut augmenter immédiatement les revenus des athlètes sans les rémunérer directement en les libérant des obligations de la Règle 40 qui oblige les athlètes à cacher leurs partenaires privés pendant la durée des Jeux afin de ne pas faire d’ombre aux partenaires du CIO.

Selon l’organisation, les athlètes seraient alors libres de conclure des partenariats commerciaux et de trouver des sponsors pendant la période olympique et ainsi générer des revenus pour les athlètes sans que le CIO soit contraint à des dépenses supplémentaires.

 

Enfin, une autre idée, celle de créer un fonds de partage à l’initiative du CIO. Selon les calculs de l’organisation, ce fonds générerait plus de 100 millions de dollars par an pour le soutien direct des athlètes.

Il servirait notamment à financer les indemnités de participation aux Jeux, les programmes de retraite et de pension, la protection en cas de blessure, voire des programmes de formation et de reconversion professionnelle. Des points auxquels Kirsty Coventry s’est toujours montrée réceptive.

Et le droit à l’image ?

Reste une idée qui n’a jamais encore été évoquée et qui pourtant semble couler de source. Sur les 5 milliards de dollars générés par le CIO, près de 75% proviennent des droits TV.Les Jeux sont certes vus par quelques millions de spectateurs, mais surtout des milliards de téléspectateurs et internautes.

 

Or, dans le monde de la télévision et des médias connectés, ceux qui assurent le programme perçoivent un droit à l’image. Pendant les Jeux, ceux qui assurent le spectacle, ce sont les sportifs. Pourquoi ne percevraient-ils pas tout simplement un droit à l’image égalitaire, voire proportionnel à leur niveau de prestation ?

La question mérite d’être posée.

 

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