La menace plane sur de nombreux sports
La menace plane sur de nombreux sports À l'issue du Comité exécutif du CIO la semaine dernière, la présidente Kirsty Coventry
La menace plane sur de nombreux sports
À l’issue du Comité exécutif du CIO la semaine dernière, la présidente Kirsty Coventry a clairement indiqué la nécessité de réformer le programme sportif des Jeux olympiques, consciente que les Jeux ne peuvent pas continuer à grandir sans cesse. C’est l’occasion d’évaluer les disciplines qui pourraient être menacées à l’issue des Jeux de LA28.
L’ajout de nouveaux sports et disciplines nécessite de nouveaux sites, c’est pour les organisateurs et l’ensemble des participants (CNO, athlète, diffuseurs, et le CIO lui-même) une contrainte forte. Plus il y a de sites et plus ceux-ci sont éloignés de la ville hôte et plus les structures d’accueil sont multipliées. De fait, les Jeux ne sont plus vraiment les Jeux avec la multiplication des villages olympiques et ses annexes, de la cérémonie principale et les cérémonies secondaires ! Ce constat oblige clairement le CIO à revoir la copie dans la mesure où il ne reviendra pas sur l’idée d’utiliser un maximum de structures existantes pour réduire les investissements inutiles.
Pour la présidente du CIO, 36 disciplines à Los Angeles, c’est trop et il est temps de revenir à un programme plus light.
C’est un des aspects de la feuille de route que le groupe de travail du CIO est chargé de déminer. Il semble que revenir à 28 sports comme l’avait préconisé en son temps, le président Jacques Rogge serait une option qui collerait à l’ère du temps.
C’est ainsi que le site américain « The Sports Examiner » s’est penché sur la question. Dans la foulée, évoquons quelques pistes qui doivent animer les réflexions du groupe de travail.
Sports mono-site et intérêt médiatique
Le CIO considère que 18 sports individuels rassemblant plus de 100 sportifs doivent disposer d’un site propre.
On parle de l’aviron (502 athlètes ), du badminton (172 athlètes), de la boxe (248 athlètes), de l’escrime (212 athlètes), du football (504 athlètes, qui doivent disposer de 6 ou 7 stades), du golf (120 athlètes), de l’haltérophilie (120 athlètes), du handball (336 athlètes), du hockey sur gazon (384 athlètes), du judo (372 athlètes), du pentathlon moderne (64 athlètes), du rugby à sept (288 athlètes), du taekwondo (128 athlètes), du tennis (172 athlètes), du tennis de table (172 athlètes), du tir à l’arc (128 athlètes), du triathlon (110 athlètes) et de la voile (330 athlètes).
Toutes ces disciplines seront soupesées, analysées à l’aune de l’intérêt médiatique qu’elles suscitent. Une discipline joue gros : le pentathlon moderne. Il a modifié son programme à la demande du CIO pour se maintenir aux Jeux. Les responsables de la Fédération ont supprimé l’épreuve d’équitation par celle de la course d’obstacles (photo).
Si la discipline est désormais plus en conformité avec l’esprit olympique, elle s’en trouve néanmoins de nouveau menacé en raison de la nécessité de disposer d’un site spécifique. Autre sport dans le viseur, le golf, si la ville hôte ne dispose pas d’un parcours de qualité… et si les meilleurs joueurs continuent de snober les Jeux ! Il semble, en revanche, que la boxe et l’haltérophilie, un temps fortement menacées, donnent aujourd’hui toutes les garanties pour se maintenir au programme.
Les sports phares également concernés
Parmi les dix sports multidisciplinaires qui complètent le programme olympique, la natation et l’athlétisme ont toujours été considérés comme les sports rois. Ces sports ne feront pas l’économie d’une remise à plat de leur programme.
Ainsi, la natation compte cinq disciplines et 1370 sportifs engagés. Il y a 830 nageurs, auxquels s’ajoutent 96 nageuses artistiques, 44 nageurs en eau libre, 136 plongeurs et 264 poloïstes. Toutes ces disciplines ne peuvent pas se dérouler sur le même site.
S’il est convenu que la natation artistique et le water-polo partagent un même site, le plongeon et la natation sont prévus dans la même enceinte. Reste la question de la nage en eau libre pour laquelle il est nécessaire de disposer d’un site de 44 hectares. Cette discipline devra pour continuer à exister, partager son site avec le triathlon.
L’athlétisme compte 1 810 athlètes qualifiés. Le stade olympique est généralement le lieu phare des Jeux. Mais deux disciplines requièrent un départ et un déroulé hors du stade : le marathon et la marche. World Athletics a déjà retiré le marathon de ses Championnats du monde.
Si le CIO applique la même politique, les épreuves de marche pourraient également disparaître. Ajoutons que World Athletics avait un temps imaginé que les lancers et les sauts pourraient se dérouler en dehors du stade, au sein de l’espace public. L’idée est attrayante, mais ne résiste pas à l’économie de sites sur lesquels le CIO semble aujourd’hui fonder sa nouvelle politique.
Autres sports multidisciplinaires à la loupe
Le basket compte deux disciplines : le basket traditionnel (288 basketteurs) et le basket 3×3 (96). Les deux disciplines imposent deux sites distincts. Y en aurait-il un de trop ? Une chose est sûre, le basket 3×3 a acquis une authentique popularité.
Le canoë slalom (236 canoistes) et le canoë sprint (82) demandent deux sites distincts. Si le canoë sprint se déroule sur le même site que l’aviron, le canoë slalom doit disposer d’un site propre, souvent très cher à réaliser et très souvent sous-utilisé par la suite. Cette discipline a toujours été menacée. Elle le sera encore les prochaines années, mais pas à Brisbane, où la plus grande championne de la discipline, Jessica Fox fera encore figure de favorite.
Le cyclisme (514 coureurs) reste incontournable s’agissant des épreuves sur route et sur piste. En revanche, le BMX, le VTT et le BMX freestyle (photo) seront sur la sellette. Chacun doit disposer d’un site spécifique.
L’équitation (200 cavaliers) se divise en trois disciplines : le dressage (60), le saut d’obstacles (75) et le concours complet (65). Il semble que le dressage et le saut d’obstacles restent très populaires. En revanche, le concours complet comprend une épreuve de cross-country qui nécessite un site distinct. Cette épreuve sera surement examinée à la loupe.
La gymnastique rassemble 318 gymnastes. La gymnastique artistique (192) est la discipline la plus spectaculaire et la plus populaire. En revanche, la gymnastique rythmique et le trampoline doivent impérativement être disputés sous le même toit pour éviter d’être menacés.
Le tir sportif (340 tireurs), bien qu’étant l’un des plus vieux sports olympiques, n’est pas très populaire. Toutefois, les 340 tireurs qualifiés se disputent leurs épreuves de tir au pistolet, à la carabine et au fusil sur le même site (sauf à LA28). Il n’y a pas de réelle menace sur ce sport.
Le volley-ball (384 volleyeurs) propose deux disciplines distinctes : le volley traditionnel (288) et le beach-volley (96). Bien que le programme de beach-volley doit disposer d’un site spécifique, facile à aménager, il est très populaire. Ces deux sports semblent pouvoir conserver aisément leur place aux Jeux.
La lutte, enfin, qu’elle soit libre ou gréco-romaine se déroule sur un même site. Elle rassemble 288 compétiteurs.
Les nouveaux sports dans le collimateur
Restent les trois nouveaux sports de l’olympisme moderne : l’escalade sportive, le surf et le skateboard. Ces disciplines neuves, modernes et populaires nécessitent trois sites distincts, ce qui pose problème. La mise en place d’un skatepark ou d’un mur d’escalade temporaires ne devrait pas poser de problème majeur. En revanche, un site dédié et concurrentiel est nécessaire pour le surf. C’est la discipline qui pose le plus de problèmes à l’exception de LA28 et Brisbane 2032 qui disposent des installations nécessaires.
Au programme de LA28 se trouvent des sports additionnels, tels que le baseball, le softball, le cricket (photo), le flag football, la crosse et le squash. Plusieurs d’entre elles ne seront pas reconduites à Brisbane 2032 à l’exception peut-être du cricket, très populaire en Australie.
On le voit, l’organisation mondiale du sport à tout loisir, si elle le souhaite de réduire le nombre de sites, de participants et de sports et disciplines à l’avenir. Reste que les discussions s’annoncent houleuses et les choix seront drastiques !