Les femmes transgenres bientôt hors… Jeux
Les femmes transgenres bientôt hors
Les femmes transgenres bientôt hors… Jeux
Jane Thorton, directrice médicale et scientifique du CIO, vient d’informer ses membres que l’organisation examine les modalités d’une éventuelle interdiction générale des femmes transgenres et celles atteintes de DSD dans les catégories féminines de tous les sports. Le CIO s’est toutefois empressé de dire que rien n’est encore définitif.
Avant même que le groupe de travail ait rendu ses conclusions, le Comité international olympique (CIO) étudie sérieusement de nouvelles règles d’éligibilité pour les athlètes transgenres et les athlètes atteintes de différences de développement sexuelles (DSD). L’organisation mondiale du sport envisagerait de leur interdire de concourir dans les catégories féminines. C’est le Times qui rapporte l’information. Elle pourrait être finalisée au début de l’année prochaine.
Depuis une dizaine d’années, le CIO refusait de prendre une position catégorique et laissait les Fédérations internationales (FI) trancher cette question. C’est ainsi que World Athletics a mis en place des tests de genre et World Aquatics n’autorise les femmes transgenres à concourir que si leur transition a eu lieu avant la puberté. D’autres fédérations, comme World Boxing, ont également introduit des tests génétiques ou chromosomiques pour déterminer l’éligibilité. En fait, chaque discipline sportive applique des critères différents selon son appréciation de l’avantage physique, des risques pour la sécurité ou de l’intégrité compétitive.
Aujourd’hui, la nouvelle direction du CIO entend marquer un tournant important en matière d’inclusion et d’équité dans le sport féminin.
De nouvelles données scientifiques
La directrice médicale et scientifique du CIO, Jane Thornton, a présenté la semaine dernière aux membres les résultats préliminaires d’une étude scientifique commandée pour évaluer l’équité sportive dans les catégories féminines (photo). Cet examen s’inscrit dans le cadre des travaux menés par le groupe de travail du CIO chargé d’étudier la protection des catégories féminines. C’est une des deux priorités majeures annoncées par la présidente du CIO, Kirsty Coventry.
Le Times rapporte que la présentation de Thornton aux membres du CIO suggérait que les avantages physiques acquis pendant la puberté masculine pouvaient persister, même lorsque le taux de testostérone est médicalement supprimé. Le journal a décrit la présentation comme « très scientifique » et fondée sur des données « mesurables en matière de force, de puissance et d’endurance ».
Les discussions portent également sur les athlètes présentant des DSD (différences du développement sexuel). Ce groupe comprend des personnes élevées, comme des filles et qui peuvent présenter des caractéristiques externes féminines, mais qui possèdent des testicules internes ou d’autres caractéristiques associées à des taux de testostérone élevés.
Cette catégorie fait l’objet d’un débat international soutenu, notamment en athlétisme, où le cas de Caster Semenya (photo), double championne olympique du 800 mètres, a engendré de longs litiges juridiques concernant les règles d’admissibilité.
Le groupe de travail continue son travail
Afin de ne froisser personne, le CIO a indiqué que les discussions au sein du groupe de travail se poursuivaient et qu’« aucune décision n’a encore été prise ». Ce comité, composé de médecins spécialistes, de représentants des fédérations internationales et d’experts externes, a pour mission d’examiner les données probantes relatives aux différences de performance liées au sexe, ainsi que les implications éthiques et juridiques de nouveaux critères d’admissibilité.
Les travaux se poursuivent, mais on commence à avoir une sérieuse indication sur ses conclusions.
Selon le Times, l’annonce sur la question pourrait être faite en février à Milan, peu avant le début des Jeux d’hiver. S’il est adopté, il pourrait être mis en œuvre avant les Jeux d’été de Los Angeles 2028, bien que le calendrier puisse dépendre des résultats des consultations en cours avec les fédérations, les athlètes et les instances médicales.