« Golden girl » brise le plafond de verre
"Golden girl" brise le plafond de verre L'expression "plafond de verre" est née dans les années 1970 aux États-Unis pour évoquer
« Golden girl » brise le plafond de verre
L’expression « plafond de verre » est née dans les années 1970 aux États-Unis pour évoquer une société où les femmes étaient empêchées d’accéder aux postes à haute responsabilité. Au sein d’une institution aussi conservatrice que le CIO, il paraissait hasardeux de croire qu’une jeune femme de 41 ans, bien qu’elle soit surnommée « Golden girl », puisse accéder aussi rapidement à la présidence de l’organisation. Elle l’a fait.
Son écrasante victoire face à des poids lourds de l’organisation et du sport international démontrent que ses propos de campagne ont été entendus : « À Paris 2024, nous avons atteint la parité en compétition, mais au sein des fédérations et des comités nationaux, l’écart reste important », a-t-elle averti. « Il ne s’agit pas seulement d’augmenter le nombre de femmes dans le sport, mais de veiller à ce qu’elles aient voix au chapitre et puissent voter aux postes clés. L’accès des femmes à des postes de direction ne devrait pas être l’exception, mais la norme au sein des organisations sportives ».
Kirsty Coventry va occuper au moins, pour les huit prochaines années, le poste le plus influent du sport mondial. Malgré les nombreux défis qui vont se poser à elle, la nouvelle présidente du CIO a, pour elle, son passé de championne où rien n’est acquis sans travail ni combativité. De plus, elle a déjà démontré sa capacité à se faire entendre en qualité de ministre dans son pays et surtout en raison de ses nombreuses responsabilités au sein du CIO. Successivement, présidente de la commission des athlètes, puis vice-présidente de l’organisation, elle est responsable de la commission de coordination des Jeux olympiques de la jeunesse de Dakar 2026 et celle des Jeux de Brisbane 2032.
Des challenges à relever
Parmi les défis auxquels la nouvelle présidente va être confrontée, il y a la situation géopolitique instable du moment. Faut-il accepter ou non rapidement le retour de la Russie au sein du mouvement olympique ? Il est évident que les tractations et les éventuelles négociations menées actuellement au plan international, ainsi que les actes qui en découleront faciliteront ou compliqueront la tâche.
Pragmatique, elle déclare : « Notre devoir, en tant que CIO, est de garantir que tous les athlètes puissent participer aux Jeux. Il ne s’agit pas seulement des guerres et conflits majeurs en Europe et au Moyen-Orient ; il y a aussi des guerres et des conflits en Afrique. Si je suis élue présidente du CIO, je mettrai en place un groupe de travail chargé d’élaborer des lignes directrices pour nous aider à gérer ces périodes de conflit, en donnant la priorité aux intérêts des athlètes ».
La nouvelle présidente sera également confrontée à la question du genre, autrement dit à la place des athlètes transgenres dans les compétitions féminines pour l’essentiel. Cette question a pris une large place pendant la campagne.
Après être restée floue au début de la bataille électorale, Kirsty Coventry s’est montrée plus précise : « Je ne soutiens pas la participation d’athlètes transgenres aux Jeux olympiques face à des athlètes féminines, car c’est injuste pour elles. Garantir l’équité dans le sport féminin est essentiel, les femmes transgenres bénéficient d’un avantage physique inhérent dans les catégories féminines, ce qui réduit potentiellement l’égalité des chances pour les femmes biologiques ».
Les autres sujets qu’elle aura à traiter sont moins capitaux, mais tout aussi essentiels, comme la poursuite de la transformation numérique, les préoccupations environnementales croissantes, les finances de l’organisation qui, pour l’heure, sont au beau fixe.
Je vous rendrai fiers
« Les femmes sont prêtes à diriger », a récemment déclaré la nouvelle présidente. Avec Kirsty Coventry, c’est une femme qui accède pour la première fois en 130 ans d’olympisme à la plus haute responsabilité du sport mondial. Avec de nombreux anciens sportifs et 48 femmes au sein des 110 membres du CIO, la solidarité a sans doute été un élément fort de cette élection.
Ajoutons qu’avec elle, c’est aussi l’Afrique qui entre par la grande porte au CIO. « Je vous rendrai fiers et confiants dans la décision que vous avez prise aujourd’hui » a t-elle dit à ses collègues du CIO après son élection. Ses premiers mots démontrent qu’il ne faut pas en douter.