Alpes 2030… et maintenant au boulot !
Retardé de plusieurs mois en raison de querelles en coulisses au sujet de la désignation de son président, le comité
Retardé de plusieurs mois en raison de querelles en coulisses au sujet de la désignation de son président, le comité d’organisation d’Alpes 2030 a officiellement été lancé à Lyon avec Edgar Grospiron à sa tête. De nombreux chantiers sont sur la table.
Le ministère des Sports, le Comité national olympique et sportif français (CNOSF), le Comité paralympique et sportif français, la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur et la Région Auvergne-Rhône-Alpes, un organisme complexe baptisé « G5 » vont installer officiellement le COJOP au stade de l’Olympique lyonnais à Décines-Charpieu. C’est l’instance chargée d’organiser les Jeux dans les Alpes françaises 2030.
Le lieu de réunion n’a pas été choisi au hasard. C’est là que devrait être installé le COJOP, pas très loin de l’aéroport Saint-Exupéry de Lyon. Plus vraiment un territoire de montagne, mais surtout à portée d’ailes de Paris où en France, tout se décide.
Départ trop longtemps différé
Après des mois de négociations et de coups bas, Martin Fourcade a fini par jeter l’éponge et Edgar Grospiron désigné pour remobiliser toutes les énergies et faire de ces prochains Jeux d’hiver, une réussite comme l’ont été les Jeux de Paris 2024.
Edgar Grospiron, directeur général de la candidature d’Annecy à l’organisation des Jeux d’hiver 2018, sait où il met les pieds. D’emblée un gros travail l’attend. Il va devoir constituer une équipe et se mettre au travail. Les sujets à traiter sont nombreux et souvent complexes. « On va remettre le dossier au carré […] il n’est pas nickel. Il faut serrer les boulons partout. Les décisions des prochaines semaines vont être guidées par les finances », a-t-il indiqué.
Premier challenge, livrer les Jeux olympiques dans une enveloppe contenue de 2,5 milliards d’euros, voire 3,5 selon les chiffres avancés ici et là. Par nature, les Jeux d’hiver ne sont pas aussi rentables que les Jeux d’été et il va falloir frapper fort pour convaincre des partenaires potentiels, éreintés par les Jeux de Paris 2024. Quoi qu’il en soit, le COJOP bénéficiera de l’appui de l’Inspection générale des finances pour l’aider dans sa tâche.
La question environnementale va inévitablement constituer, là encore, l’un des grands enjeux de ces Jeux olympiques. La question du changement climatique concerne au premier chef les territoires de montagne. Parmi les reproches adressés aux Jeux d’hiver 2030, les opposants espèrent un changement de logiciel, ne pas faire les Jeux des années 1980 et tenir compte des évolutions climatiques.
Quelle carte des sites ?
À ce titre, la question des circulations dans un espace de 500 km du nord au sud, entre les montagnes haut-savoyardes et les bords de mer méditerranéens va compliquer les choses. Pour l’heure, on note une multiplicité de sites pour n’oublier aucune des régions AURA et PACA (carte ci-jointe au moment de la candidature). L’une et l’autre savent rappeler qu’elles financent une grande partie du projet.
Rien à voir avec les derniers Jeux organisés en France à Albertville 1992 où la compacité des sites facilitait grandement l’organisation.
Ce chantier va probablement être une priorité. Définir tous les sites avec raison, sans chercher à faire plaisir à tel ou tel territoire. La ministre des Sports, Marie Barsacq n’en fait pas mystère. Dans une interview à la Provence, elle propose de se pencher sérieusement sur la question.
Et puis, il faudra enfin répondre à des questions moins prioritaires, mais tout aussi importantes comme le lieu des cérémonies d’ouverture et de clôture, non encore définies.
Edgar Grospiron a pour habitude de soulever des montagnes et convaincre les plus réticents. Souhaitons-lui, beaucoup de courage, car les défis ne manquent pas.