Plus de Jeux sans neige « artificielle »

Plus de Jeux sans neige "artificielle" Il est des coups de gueule qui ne passent pas inaperçus. Celui du président de

Plus de Jeux sans neige « artificielle »

Il est des coups de gueule qui ne passent pas inaperçus. Celui du président de la Fédération internationale de ski et de snowboard (FIS), Johan Eliash, qui estime « inexplicable » le défaut de production de neige de culture sur le site de Livigno à moins de 50 jours des Jeux est de ceux-là. Malgré la neige qui tombe en abondance sur ce secteur, la neige « artificielle » reste capitale. Pourquoi ?

 

Livigno, située aux portes de la Suisse, à 1800 m d’altitude minimale, bénéficie d’un fort enneigement avec une moyenne annuelle de 312cm de neige. La température peut souvent atteindre les -20°. Aujourd’hui, le 26 décembre, il fait – 9°C. Sur les 31 remontées mécaniques, 29 sont ouvertes. Les webcams montrent des pistes recouvertes de neige… et pourtant, selon le président de la FIS, cela ne suffit pas !

 

Afin de pallier le risque de manquer de neige, toutes les stations se sont dotées de canons à neige destinés à produire de la neige de culture. Livigno n’y échappe pas. Ils sont présents par dizaines sur l’ensemble du domaine. D’ailleurs, l’Italie est le plus grand utilisateur de neige « artificielle » en Europe : plus de 90 % des pistes de ski sont équipées de canons à neige.

La neige naturelle ne suffit plus

L’accès à Livigno, le 22 décembre dernier

En fait, en prévision des Jeux, la production de neige de culture sur le domaine a dû être améliorée pour alimenter le snowpark avec un half-pipe et une rampe Big Air.

Un nouveau réservoir, d’une capacité de 200 000 m3, situé à 2530 m d’altitude, vient d’être mis en service pour les Jeux. Les premiers jours de production, des difficultés ont été rencontrées par les organisateurs qui ont admis « un problème technique ».

 

Il n’en fallait pas plus pour que le président de la FIS, Johan Eliash, s’en préoccupe. «C’est malheureux de se retrouver dans une telle situation», a-t-il dit. «On les appelle trois fois par jour, matin, midi et soir», a souligné Eliasch.

 

Depuis, le problème a été résolu. Il s’agissait d’un « tuyau » qui avait cassé. Les fédérations internationales de ski et de biathlon exigent la disponibilité de matériel de production de neige. Pour Milan-Cortina, le comité d’organisation prévoit de produire 2,4 millions de mètres cubes de neige « artificielle ». Cela va nécessiter près d’un million de mètres cubes d’eau, dont plus de la moitié pour Livigno.

En dépit de son bel enneigement, le site de Livigno n’échappe pas à la production de neige de culture. « Quoi qu’il arrive, même en cas de chutes de neige abondantes, il y aura aussi de la neige artificielle », explique Jake W. Ward, chercheur à l’Université de Californie à Santa Barbara. Cela permet aux organisateurs de « définir précisément l’état des pistes et de tout paramétrer comme ils le souhaitent pour les courses ».

Les écologistes montent au créneau

Ce sont ces chiffres et ces données qui affolent les associations écologiques qui demandent s’il est bien raisonnable de continuer à organiser de grandes compétitions de ski dans les Alpes, italiennes, suisses ou françaises.

 

Le président du Club alpin italien admet que la couverture neigeuse des Alpes italiennes a diminué de moitié au cours du siècle dernier. Pourtant, les Alpes continuent de bénéficier d’un bel enneigement naturel comparé à d’autres massifs sur la planète. Le retour des Jeux d’hiver dans les Alpes est un retour naturel après quatre éditions dans des massifs moins favorables à la pratique des sports de neige : Vancouver 2010, Sotchi 2014, Pyeongchang 2018 et surtout Pékin 2022.

 

Sans qu’il s’agisse d’une excuse, la neige « artificielle » produite en Italie sera bien moindre que celle utilisée lors des précédents Jeux d’hiver en Chine. À Pékin 2022, 890 000 m3 avaient été nécessaires pour le domaine skiable de Yanqing et 1,9 million de m3 pour les autres sports de neige.

 


NEIGE DE CULTURE VS NEIGE « ARTIFICIELLE »

Parler de neige artificielle est un abus de langage. Pour le plus grand nombre, ce que nous appelons neige artificielle est en fait de la neige de culture. Elle est obtenue par pulvérisation d’un mélange d’eau et d’air comprimé depuis des canons à neige en station. Ces projections gèlent instantanément au contact de poussières et forment des cristaux, bien plus denses que ceux de la neige naturelle.

Le terme « neige artificielle » désigne, dans son sens strict, des matériaux synthétiques utilisés comme élément de décoration au théâtre ou au cinéma.

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