Pas de boycott, mais pas d’Ukrainiens non plus
Dans une interview accordée à la BBC Ukraine, le ministre ukrainien de la Jeunesse et des Sports, Matviy Bidnyi, a
Dans une interview accordée à la BBC Ukraine, le ministre ukrainien de la Jeunesse et des Sports, Matviy Bidnyi, a déclaré que son pays pourrait ne pas participer aux Jeux si les athlètes russes étaient autorisés à concourir à Paris. L’Ukraine attend la décision du CIO sur « arguments et appels ».
Les athlètes ukrainiens pourraient ne pas être autorisés à participer aux Jeux olympiques de Paris en 2024 par leur gouvernement. Ce projet, c’est le ministre de la Jeunesse et des Sports du pays (photo) dans une interview accordée à la BBC Ukraine qui l’annonce. La décision, actuellement à l’étude, viendrait en réponse à l’approbation du Comité international olympique (CIO) d’inviter des athlètes de Russie et de Biélorussie en tant que concurrents neutres.
« Tout d’abord, nous n’utilisons pas le mot boycott en tant que tel. Nous disons que telle est notre position : nous ne participerons pas à la compétition si les athlètes qui soutiennent l’agression russe sont autorisés à y participer. C’est une question de principe pour nous », a déclaré Bidnyi. « Nous analyserons ce qui va se passer, quelle sera la réaction du CIO aux arguments que nous présentons actuellement, à nos appels, pétitions, discours, etc ».
Le CIO a définitivement pris la décision d’autoriser les athlètes russes neutres aux Jeux de Paris 2024. Il pourrait ne pas entendre les arguments des Ukrainiens comme le président du CIO, Thomas Bach vient de le déclarer au journal allemand Welt am Sonntag.
Bidnyi poursuit : « Nous comprenons que cela (boycotter les Jeux olympiques) nuira à nos athlètes. Nous comprenons également que nous prenons un risque », a-t-il ajouté. Le ministre ukrainien reconnait que des sanctions sont possibles comme celles inscrites dans la Charte olympique.
Le Comité national olympique d’Ukraine risque en effet de perdre sa reconnaissance et s’expose à des sanctions comme celles prononcées contre la Corée du Nord, privée des Jeux de Pékin 2022 pour avoir refusé d’envoyer une équipe à Tokyo 2020.
Un équilibre difficile à trouver
Depuis plus d’un an, le CIO tente de trouver un équilibre pour éviter une situation comme celle actuelle. La possibilité pour la délégation ukrainienne de participer aux Jeux Olympiques avec une représentation minimale a toujours été la raison pour laquelle le CIO a étudié la question en profondeur.
Quoiqu’il en soit, la Russie de son côté affirme qu’elle ne boycottera pas les Jeux de Paris 2024. Son président du Comité olympique national (ROC) Stanislav Pozdniakov est très clair « Un boycott des Jeux, cela ne mène nulle part » a t-il dit. Selon lui, chaque sportif russe serait libre de choisir s’il souhaite y participer sous bannière neutre ou non. Pozdniakov a toutefois souligné que les « recommandations du CIO » étaient « prohibitives par nature » et ne permettraient « pas à un grand nombre d’athlètes russes de participer aux Jeux olympiques ».
Sur les 4 600 athlètes déjà qualifiés pour les Jeux, seuls onze russes et biélorusses répondent aux exigences de neutralité du CIO . Il reste encore 5900 places à pourvoir d’ici juillet prochain.