Les russes seront de la fête olympique

Le Comité international olympique autorise les sportifs russes et biélorusses à participer sous bannière neutre aux Jeux de Paris 2024. Ils ne devront en aucune façon constituer une équipe et devront démontrer qu’ils ne soutiennent pas l’invasion russe en l’Ukraine.

 

En début de semaine, le CIO envisageait prendre la décision d’autoriser ou non les sportifs russes à participer aux Jeux de Paris 2024 en mars prochain, le sommet olympique de mardi dernier à Lausanne a tout changé (photo). Face à la demande pressante des Fédérations internationales d’avoir une réponse à la question, le CIO vient de trancher : ce sera OUI.

 

Cette fois, la position est définitive. Cela fait de longs mois que le CIO prépare le terrain. La première fois en martelant le discours selon lequel les sportifs ne devaient pas « payer » pour les actions de leur gouvernement. Puis en mars dernier, lorsque le CIO a recommandé aux Fédérations internationales (FI) de réintégrer les Russes et Biélorusses sous bannière neutre dans leurs compétitions.

 

On se doute que la nouvelle va contrarier Kiev et ses alliés, mais on note que depuis l’été le gouvernement ukrainien a assoupli sa position sur la présence des russes et des biélorusses dans la cadre des compétitions où participaient des ukrainiens. Samedi son ministre des Affaires Étrangères a estimé que « Les membres du comité exécutif du Comité international olympique qui ont pris cette décision sont responsables d’avoir encouragé la Russie et la Biélorussie à poursuivre leur agression armée contre l’Ukraine », selon Dmytro Kuleba.

Obtenir une qualification

Être autorisé à participer aux Jeux est une chose, obtenir sa qualification en est une autre. Pour l’heure, selon le CIO, 4600 athlètes sont déjà qualifiés sur les 10.500 attendus à Paris. Parmi ces 4600, seuls 11 russes et biélorusses sont assurés d’être de la fête olympique. Ils ont gagné leur billet lors des compétitions organisées par les fédérations internationales.

Reste que toutes les FI n’autorisent pas le retour des russes dans leurs compétitions à commencer par la plus importante, celle d’athlétisme (World Athletics) ce que son président Sebastian Coe a confirmé à l’agence TASS samedi. « J’y ai assisté mardi (sommet olympique) et je pense que cela souligne la primauté de la Fédération internationale pour prendre ces jugements ». « Nous avons une position fixe, cette position n’a pas changé », a déclaré Coe.

 

Le Comité olympique russe (ROC) comptait 336 sportifs à Tokyo 2020. La Biélorussie avait qualifié 109 de ses représentants et l’équipe Ukrainienne comptait 152 athlètes. Combien seront à Paris ? Impossible à dire pour l’heure. Tout juste peut-on ajouté que 60 sportifs ukrainiens se sont déjà qualifiés sur le terrain pour Paris 2024.

Les russes, le retour mais au condition du CIO

Le CIO a fixé lors de sa dernière commission exécutive les règles qui permettront la participation des athlètes russes et biélorusses. En premier lieu, les sportifs devront être inscrits et concourront en tant qu’athlètes individuels neutres (AIN). Leurs équipes ne seront pas autorisées dans les sports collectifs mais également dans toutes les épreuves par équipes de tous les autres sports.

Les athlètes qui soutiennent activement la guerre ne seront pas autorisés à être inscrits aux compétitions ni à concourir et en particulier les sportifs sous contrat avec l’armée russe ou biélorusse ou avec des agences de sécurité nationales.

C’est évidemment un gros problème pour la Russie puisqu’à l’issue des jeux de Tokyo 2020, sur les 71 médailles obtenues par le ROC, 45 l’avaient été par des sportifs affiliés aux clubs des ministères impliqués dans la guerre.

L’information vue de Moscou

Reste à savoir comment Moscou va recevoir la nouvelle et comment le pays entend ou non se conformer à cette invitation. Pour l’heure, l’agence TASS donne l’information et aucun commentaire n’est fait. Mais on sait que la Russie vit très mal sa mise au ban du sport international depuis presque deux ans. Privée d’organiser des compétitions internationales, elle envisage désormais organiser ses propres manifestations sportives dès 2024 (Futurous Games, Jeux de Brics, Jeux de l’Amitié).

Des organisations sportives que le CIO considère d’abord comme des manifestations politiques. Il appelle les FI a boycotter ces événements.

 

Les russes ont par ailleurs déjà fait savoir, les mois précédents qu’il n’admettaient pas disputer des compétitions internationales sans leurs couleurs, leur hymne, sans leur drapeau. Des russes qui n’apprécient pas non plus d’être privés de leur avoirs par le CIO depuis la suspension de leur Comité national en octobre dernier. Ils ont fait appel devant le Tribunal arbitral du sport (TAS).

 

La seule chose dont les responsables du pays peuvent s’accommoder c’est de ne recevoir aucune invitation et accréditation pour Paris 2024.

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