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TOKYO 2020 : Paralympiques Jour 9

Quand les règlements sont un peu trop pointilleux

Les Malaisiens ne décolèrent pas. Leur lanceur de poids, Muhammad Zihad Zolkefi (photo) a remporté le concours dans sa catégorie et il a même battu le record du monde, mais au final, il n’est pas champion paralympique.
Pour bien comprendre la situation, on précise que le Malaisien et deux autres concurrents sont arrivés en retard dans la chambre d’appel, le lieu où se rassemblent les athlètes avant une compétition.

 

Les retardataires ont expliqué qu’ils n’avaient pas entendu l’appel ou que l’annonce avait été faite dans une langue qu’ils ne comprenaient pas. On précise juste au passage que la catégorie dans laquelle concourent ces athlètes est celle des déficients intellectuels.

 

Cette histoire rappelle celle arrivée à la cavalière française Céline Gerny. Elle n’avait pas entendu la cloche qui lui indiquait qu’elle disposait de soixante secondes pour débuter son programme. Au terme de cette minute, un juge est venu lui signifier qu’elle était éliminée, sans même avoir pu défendre ses chances.

Les juges autorisent et sanctionnent

Dans le cas de Zihad Zolkefi, la décision est encore plus surprenante car les arbitres l’ont autorisé à participer à la compétition. Il s’est imposé avec un jet à 17,94 m. Il s’agissait de son deuxième titre après celui décroché aux Jeux de Rio 2016.

 

Mais après délibération et considérant qu’il n’avait pas de raisons valables d’être en retard, les officiels ont finalement décidé d’exclure le malaisien et les deux autres athlètes. La médaille d’or a finalement été attribuée à l’Ukrainien Maksym Koval (photo) qui avait lancé l’engin à 17,20 m, loin derrière Zihad Zolkefi.

 

On devine que depuis, la Malaisie est en effervescence et que cette affaire fait grand bruit. Cette décision a même déclenché le courroux du ministre malaisien des Sciences, qui l’a jugée « honteuse ». « Cela contrevient à l’esprit des Jeux paralympiques. C’est une médaille d’or et un record volés », a-t-il ajouté.
Nombreux sont ceux qui partagent cet avis et qui l’ont exprimé violemment sur les réseaux sociaux.

 

Le Comité international paralympique (CIP) ne pouvait pas rester silencieux devant ce déchainement de colère et il a hier tenu une conférence de presse. Contre toute attente, il a défendu sa décision de disqualifier le lanceur de poids malaisien. Après avoir considéré que les commentaires sur les réseaux sociaux était « très abusifs et ridicules », le porte-parole du CIP, Craig Spence, a affirmé que les juges avaient considéré qu’il n’y avait pas de « raison valable » à ce retard… point final !

 

Nul doute que cette décision fera date et que le malaise qu’elle suscite… en Malaisie n’est pas prêt de s’évanouir.


Un joueur de tennis belge victime d’un problème cardiaque

Le joueur belge de tennis en fauteuil roulant Joachim Gérard a été hospitalisé après s’être senti faible dans le village olympique. L’accident a eu lieu hier soir vers 19 heures, heure locale, dans le village, l’homme de 32 ans s’étant« soudain et de manière inattendue » évanoui.

Malgré l’urgence, le numéro trois mondial du simple messieurs a désormais repris conscience et est réactif. « Les services d’urgence sont arrivés rapidement sur place et ont emmené Joachim Gérard à l’hôpital », indique un communiqué du Comité paralympique belge. « Il avait repris connaissance et était capable de répondre aux questions ».

Les premières recherches pointent vers un problème cardiaque. Gérard devra rester à l’hôpital pour d’autres observations et recherches. Le Comité Paralympique Belge espère pouvoir donner plus d’informations sur le statut de Joachim Gérard prochainement.


Une demande en mariage peu ordinaire

On connaissait l’histoire de l’Américain Harold Conolly demandant la main de la Tchèque Olga Fikotova dans le stade olympique lors des Jeux de Melbourne 1956 en pleine guerre froide, les Jeux paralympiques de Tokyo auront été l’occasion d’une scène comparable.
Cette fois, c’est un guide capverdien, Manuel Antonio Vaz da Veiga qui s’est agenouillé sur la piste pour demander la main de l’athlète à qui il sert de guide en compétition, Keula Nidreia Pereira.

 

Cela s’est passé juste après avoir franchi la ligne des séries du 200 m. Et si les deux capverdiens ont terminé derniers de leur série, l’amour était le plus fort. L’athlète a accepté la demande. Dommage le public était absent du stade pour applaudir les deux tourtereaux mais les autres concurrents du 200 m étaient là pour cela.


42 médailles pour les tricolores

La nuit tokyoïte aura été pauvre en médaille pour l’équipe de France. Une fois encore ce sont les cyclistes qui ramènent du bronze. Ainsi Alexandre Leauté en cyclisme sur route a montré qu’il n’était pas encore rassasié malgré ses trois médailles déjà gagnées (or en poursuite, l’argent sur le kilomètre et le bronze lors du contre-la-montre sur route), il a ajouté une quatrième médaille à son compteur, le bronze de nouveau lors de l’épreuve sur route. Le Français l’a gagné au sprint sur le circuit détrempé du Fuji Speedway.

Il ramène la 42e médaille à la délégation tricolore, quelques secondes après celle remportée par une autre cycliste tricolore, Marie Patouillet, également en bronze lors de l’épreuve sur route après avoir déjà gagnée le bronze dans la poursuite sur piste.

 

Aujourd’hui débute la compétition en badminton et en taekwondo, les deux nouveaux sports paralympiques. On attend beaucoup de Lucas Mazur (il a remporté son premier match) et Faustine Noël. En revanche, on attendait beaucoup de Bopha Kong en taekwondo. Il a perdu son combat et se trouve désormais en repêchage pour les 1/4 de finale. Il ne pourra guère espérer mieux que le bronze.


La petite victoire de l’Afghan Hossain Rasouli

L’athlète afghan Hossain Rasouli a participé au saut en longueur aux Jeux paralympiques de Tokyo après avoir été récemment évacué de son pays d’origine, via la France, désormais sous le contrôle des talibans. Rasouli a terminé dernier de sa catégorie, mais sa victoire était ailleurs. Il est le premier athlète afghan a participer aux Jeux paralympiques.

 

Il devait à l’origine participer au 100 mètres masculin, mais il est arrivé trop tard. C’était la première fois qu’il participait au saut en longueur lors d’une compétition majeure, selon le Comité international paralympique. Rasouli a perdu son avant-bras gauche lorsqu’une mine terrestre posée par les talibans a explosé alors qu’il était agriculteur en 2013.

 

Sa compatriote Zakia Khudadadi doit concourir aujourd’hui en taekwondo féminin chez les 44-49kg. Elle sera la première athlète afghane à participer aux Jeux paralympiques depuis 2004, selon l’IPC.


TABLEAU DES MÉDAILLES

La médaille des Jeux Paralympiques de Tokyo 2020 symbolise un éventail traditionnel japonais.

 

Le règlement du Comité International Paralympique stipule que le design de la face de la médaille doit faire figurer l’inscription « Tokyo 2020 » en braille.

Des marques sur le côté de la médaille y sont ajoutés (un pour l’or, deux pour l’argent et trois pour le bronze) pour rendre la médaille reconnaissable d’un simple toucher de la main.

 

C’est la première fois de l’histoire des Jeux Paralympiques que des éléments à destination des personnes atteintes de déficience visuelle sont incorporés sur la médaille.

Actualisé en temps réel *(lien cliquable)

 

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