Les membres fondateurs du CIO
Membres fondateurs du CIO Au terme du premier congrès sur l'olympisme, à la Sorbonne à Paris le 23 juin 1894, le
Membres fondateurs du CIO
Au terme du premier congrès sur l’olympisme, à la Sorbonne à Paris le 23 juin 1894, le rétablissement des Jeux olympiques est adopté. Un premier Comité international olympique (CIO) est créé et comprend treize membres :
Pierre de Coubertin occupe la fonction de secrétaire général, car il souhaite établir la Charte olympique avant de prendre la présidence deux ans plus tard. Il cède la présidence au Grec Demetrius Vikelas qui est chargé de mettre sur pied les premiers Jeux d’Athènes 1896.
Les autres membres sont le Britannique lord Ampthill, l’Argentin José Benjamin Zubiaur, le Néo-Zélandais Leonard Albert Cuff, le Tchèque Jiri Guth qui sera d’une précieuse aide dans l’écriture de la première charte olympique, le Suédois Viktor Balck jouera plus tard un rôle important, notamment dans l’organisation des Jeux de Stockholm 1912, le Russe Alexeï Boutowski et l’Italien Mario Lucchesi-Palli complètent ces personnalités.
Quatre autres personnalités joueront un rôle important à l’origine du mouvement. Ils méritent un éclairage particulier.
CALLOT Ernest (1840 – 1912) France
Ernest Callot est Président des sociétés de gymnastique de France, il aide fortement Pierre de Coubertin à rejeter la gymnastique allemande. La gymnastique allemande a pris ses racines en 1810 lorsque la France occupe l’Allemagne. Sous l’aspect rassurant de cercles sportifs se forme ainsi un réseau de sociétés demi-secrètes, dont les principes sont le patriotisme, le pangermanisme, le paramilitaire et parfois l’antisémitisme. L’objectif est de former des hommes forts, courageux, disciplinés pour le redressement de l’Allemagne et la revanche contre l’occupation française.
Au moment du premier congrès olympique, la gymnastique allemande compte déjà 550.000 membres. Coubertin, on s’en doute, ne goûte guère à cette gymnastique. Si, grâce à Callot, il gagne ce premier combat, la gymnastique allemande sera mise en lumière dans le stade de Berlin 1936 pour avoir de nombreux points communs avec l’idéologie nazie. Il occupera la fonction de trésorier de l’organisation.
HERBERT Charles (1846 – 1924) Grande-Bretagne
Charles Herbert était avec Arthur Russell, dit lord Ampthill, l’un des deux membres britanniques du comité fondateur des Jeux olympiques. C’est lui qui a œuvré aux côtés de Pierre de Coubertin pour convaincre l’ensemble du monde anglo-saxon de participer aux premiers Jeux olympiques et ainsi donner de la notoriété au mouvement olympique naissant.
Herbert avait vécu son enfance en Inde, qu’il avait dû quitter à l’âge de 11 ans lorsque ses parents ont été assassinés. N’ayant pas pu faire d’études faute d’argent, il s’est donné à fond dans le sport et particulièrement l’athlétisme, dont il est devenu secrétaire de l’association nationale. Poursuivi par son manque de moyens toute sa vie, il n’a pas pu se rendre à Athènes pour les premiers Jeux olympiques, n’ayant pas les moyens financiers pour le voyage.
Victime d’un accident en 1906 et gravement blessé à la tête, il a démissionné de toutes ses missions dans le sport.
KEMÉNY Ferenc (1860 – 1944) Hongrie
Bien que né en Serbie, Ferenc Kemény était d’origine hongroise. C’était un éducateur et humaniste qui s’est rendu à Paris en 1884 pour étudier le mouvement en faveur de la paix dont la capitale française était alors l’épicentre. C’est là qu’il rencontre un autre étudiant, Pierre de Coubertin, avec lequel il va partager une véritable amitié.
Tout naturellement, dix ans plus tard, Coubertin lui demande de devenir un des treize membres fondateurs du Comité international olympique (CIO) dont il va assurer le rôle de secrétaire. Il crée, dans la foulée, le premier Comité olympique hongrois, destiné à préparer les Jeux d’Athènes 1896 et contribue à la renaissance du système éducatif hongrois basé sur le sport. On peut aisément dire que l’excellence du sport hongrois est née avec lui.
Ce pacifiste convaincu voit dans les Jeux olympiques un symbole du mouvement international pour la paix. Toutefois, critiqué par la société aristocratique hongroise comme n’étant pas un représentant approprié du pays au sein du CIO, il démissionne en 1907, mais continuera à défendre ses idées en se consacrant aux études pédagogiques.
L’empereur François-Joseph I le proposera même à trois reprises pour le prix Nobel de la paix. Finalement, menacé d’expulsion en 1944 en raison de ses origines juives, il se suicide avec son épouse dans son appartement de Budapest.
SLOANE William Milligan (1850 – 1928) États-Unis
Cet historien américain est venu travailler en Allemagne comme secrétaire de l’ambassadeur des États-Unis à Berlin. Mais passionné par l’histoire de France, il fait régulièrement des séjours dans l’hexagone. C’est là qu’il rencontre Pierre de Coubertin, qui se passionne pour le système éducatif américain. De ces échanges naitra une certaine amitié.
Devenu professeur d’histoire à Princeton, Sloane invitera Coubertin à assister à une grande compétition de football américain aux États-Unis. Coubertin était tellement enthousiasmé par l’exubérance des spectateurs et les célébrations qui ont suivi avec des feux d’artifice et des défilés qu’il a parlé d’un véritable décor du concept olympique moderne.
Par la suite, Sloane a naturellement été invité à participer au congrès fondateur du mouvement olympique à la Sorbonne à Paris en 1894. C’est là qu’il devient le premier membre américain du Comité international olympique (CIO) et qu’il fonde immédiatement le premier Comité olympique américain (aujourd’hui l’USOPC).
Il restera membre du CIO jusqu’en 1925 et en démissionnera à la même année que Coubertin.