Des soupçons d’irrégularités pèsent sur Paris 2024

La police a perquisitionné le siège de Paris 2024. Selon le journal Le Monde, « des soupçons d’irrégularité sur des marchés publics » seraient à l’origine de cette descente de police.

 

C’est l’Office central de lutte contre la corruption et financière et fiscale (OCLCIFF) et la Brigade financière de la police judiciaire de Paris (BRDE) qui ont procédé aux perquisitions (vidéo ci-dessous de l’arrivée des enquêteurs).
De son côté le journal L’Équipe rapporte que des perquisitions ont été menées au siège du comité d’organisation de Paris 2024, mais aussi chez la Solideo – la société chargée des travaux de construction de Paris 2024.

 

Paris 2024 a confirmé dans un communiqué qu’il coopérait avec les enquêteurs et apporterait des réponses à toutes les questions posées « le plus rapidement possible ».

« Pour assurer la transparence et la régularité des plusieurs centaines de contrats qu’elle a attribués, Paris 2024 a adopté des procédures strictes et a mis en place un comité d’éthique ainsi qu’un comité d’audit pour superviser ses activités » dit l’organisation.

Le syndrome Rio 2016 et Tokyo 2020

Les deux services de police ont agi après l’ouverture de deux enquêtes préliminaires diligentées par le Parquet national financier.

Le premier a été lancé en 2017 et remis à l’OCLCIFF pour détournement de fonds publics présumé et favoritisme sur un contrat Paris 2024.

En 2022, la deuxième enquête a été confiée au BRDE concernant les contrats impliquant Paris 2024 et Solideo suite à une inspection de l’Agence française anti-corruption (AFA).

Deux rapports de l’AFA sur l’organisation des Jeux Olympiques avaient pointé des « risques d’atteintes à la probité » et des « conflits d’intérêts ».

 

Lors d’une conférence de presse à l’issue du premier jour de la réunion de la commission exécutive du CIO à Lausanne, alors que les Jeux de Paris sont au coeur des discussions, le directeur exécutif des Jeux Olympiques, Christophe Dubi, a déclaré : « Dans des situations comme celle-ci, il n’y a qu’une attitude qui peut s’appliquer et c’est celle communiquée par Paris 2024 : la transparence et la coopération ».

 

Cette descente de police intervient alors que le CIO est toujours aux prises avec les retombées des scandales de corruption impliquant Tokyo 2020 et Rio 2016. Pour l’heure rien n’est reproché aux dirigeants de Paris 2024, mais cette affaire fait tâche.

Elle risque de leur coller aux basques jusqu’au début des Jeux et peut-être au delà.

L’ancienne société d’Étienne Thobois également visée

Keneo, l’ancienne société de marketing et de stratégie fondée par le directeur général de Paris 2024, Étienne Thobois, a été perquisitionnée hier par les enquêteurs du parquet national financier (PNF).

 

La descente est intervenue 24 heures après que le siège de Paris 2024 et celui de la Solideo, l’entreprise chargée de la construction des sites olympiques, aient été pris pour cible par le PNF.

La perquisition des locaux de Keneo s’est terminée en début d’après-midi, selon l’agence de presse Agence France-Presse (AFP).

 

En mai 2017, quatre mois avant l’attribution des Jeux olympiques et paralympiques de 2024 à Paris, des archives ont révélé que Keneo avait reçu 2 millions d’euros de contrats liés à l’offre, alors qu’il existait des conflits d’intérêts potentiels entre le chargé de préparer la candidature française et le cabinet de conseil.

A l’époque, Thobois était PDG de Keneo qu’il avait fondé en 2008 avec Edouard Donnely. Il révélait avoir cédé ses parts dans la société peu avant d’être nommé en juillet 2015 directeur général de Paris 2024.

 

En 2016, après le départ de Thobois, Keneo a été racheté par la société de marketing japonaise Dentsu qui l’a conservé jusqu’en 2020. C’est cette entreprise japonaise qui est impliquée au premier chef dans le scandale de corruption de Tokyo 2020. Les enquêteurs de la PNF s’intéressent spécifiquement à cette période et celle auparavant lorsque Thobois en était le PDG.

Les actuels propriétaires de l’agence marketing spécialisé dans l’événement sportif précisent qu’ils n’ont aucun contrat avec Paris 2024.

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