L’incident qui marginalise le Français aux Jeux
L'incident qui marginalise le Français aux Jeux Une controverse passée inaperçue en France fait débat au Québec, jaloux de préserver le
L’incident qui marginalise le Français aux Jeux
Une controverse passée inaperçue en France fait débat au Québec, jaloux de préserver le français comme langue nationale. Lors de la finale de hockey sur glace féminin, la hockeyeuse québécoise Marie-Philip Poulin s’est vu interdire de parler français par les officiels Olympiques lors de la conférence de presse. L’ennui, c’est que le français est non seulement la langue maternelle de Marie Philip Poulin, mais c’est de plus l’une des deux langues officielles de l’olympisme.
Le texte de la charte olympique rédigé par son fondateur, Pierre de Coubertin, est clair. Il est au cœur de la règle 23. « Les langues officielles du CIO sont le français et l’anglais. En cas de divergence entre le texte français et le texte anglais de la Charte olympique et de tout autre document du CIO, le texte français fera foi sauf disposition expresse écrite contraire ».
Or, aucun texte ne stipule que les sportifs doivent s’exprimer en anglais lors des conférences de presse. C’est pourtant ce qui est arrivé à la capitaine de l’équipe du Canada, Marie-Philip Poulin (photo) après sa finale perdue face aux États-Unis. Alors que la triple championne olympique entendait s’adresser à ses supporters francophones pour ce qui était l’un de ses derniers matches internationaux, un responsable de presse du CIO lui a demandé expressément de s’exprimer en anglais. On devine la déception, voire la colère intérieure de la championne qui ne s’attendait pas à un tel dictat.
La controverse a dépassé le cadre de la capitaine canadienne. C’est ainsi qu’un journaliste qui a tenté de poser une question en français se serait vu demander de passer à l’anglais, renforçant ainsi le sentiment de sanction officieuse à un moment particulièrement délicat pour les communautés francophones.
Le responsable média du site de Milan-Cortina 2026 a présenté ses excuses dès la fin de l’incident, puis de nouveau le lendemain, déclarant être « très désolé pour tout désagrément que cela a pu causer ». Qu’importe, le mal est fait. Il remet délibérément en cause un article essentiel de la Charte olympique et, surtout, il consacre désormais l’anglais comme langue universelle aux Jeux alors qu’il ne devrait être qu’une langue de communication internationale.
Le Comité olympique canadien sollicite le CIO
De nombreuses personnalités politiques, notamment au Québec, ont dénoncé ce qu’elles considèrent comme un manque de respect flagrant envers la langue française. L’incident a été perçu par beaucoup comme un cas de discrimination linguistique inadmissible sur la plus grande scène sportive mondiale. Cet épisode revêt une importance symbolique supplémentaire au Québec, la réaction a été rapide et sans équivoque. Pascal Bérubé, membre du Parti Québécois, a qualifié l’incident de « grave préjudice ».
Cet épisode survient alors que le français fait l’objet d’un regain d’intérêt au Canada, en raison des inquiétudes concernant son déclin au Québec. C’est ainsi que le gouvernement fédéral fait des efforts pour accroître l’immigration francophone dans les autres provinces afin de préserver son avenir démographique.
Face à l’ampleur de la polémique, le Comité olympique canadien a porté l’affaire directement auprès du Comité international olympique (CIO) et demandé des éclaircissements. Ce dernier a reconnu qu’un problème d’interprétation s’était produit lors de la conférence de presse. Rien de plus. Toutefois, le CIO n’a pas précisé si des mesures concrètes seraient mises en place pour garantir l’accès au français lors des futures conférences de presse.
Cet incident soulève des interrogations plus larges sur la place réelle du français dans les institutions olympiques. Alors que les Jeux de Paris 2024 et ceux de Milan Cortina 2026 avaient redonné une place de premier choix du français lors des célébrations olympiques, cet incident est de nature à tout remettre en cause.