Des sites éclatés, bonne ou mauvaise idée ?
Des sites éclatés, bonne ou mauvaise idée ? Après dix jours de compétition, on dispose du recul nécessaire pour faire un
Des sites éclatés, bonne ou mauvaise idée ?
Après dix jours de compétition, on dispose du recul nécessaire pour faire un premier bilan sur le choix du CIO d’avoir accepté voici sept ans d’offrir les Jeux à deux villes et trois régions sur un territoire de 22 000 km2. Ce modèle survivra-t-il à Milan Cortina 2026 ?
La réponse à la question est importante au moment où la France s’apprête à accueillir les Jeux d’hiver 2030 sur un territoire presque aussi vaste que celui du Nord de l’Italie et quelques années avant que la Suisse envisage d’accueillir les Jeux d’hiver sur l’ensemble du pays. Le Comité international olympique (CIO) s’est déjà posé la question et tire déjà de premiers enseignements de cette édition 2026.
Le directeur exécutif des Jeux, Christophe Dubi (photo), a accordé une longue interview exclusive à nos confrères de FrancsJeux. D’un naturel optimiste, ce dernier se montre déjà satisfait de la formule. « J’étais confiant et à la moitié des Jeux, ça dépasse toutes nos attentes, notamment parce que les athlètes en montagne – c’était notre grande crainte, qu’ils se sentent isolés – nous disent que ces Jeux sont formidables ».
Des propos confirmés par le directeur général des Jeux, l’Italien Andrea Varnier » Nous sommes pleinement conscients d’être des pionniers avec cette édition des Jeux », a commenté Varnier, faisant référence au modèle logistique ambitieux. « Nous savions que de nombreux défis nous attendaient, mais après une semaine, la plupart semblent avoir été relevés.«
Les sportifs apprécient
L’expérience des athlètes était le premier point d’importance pour l’organisation. Organiser les Jeux sur un vaste territoire pose non seulement des problèmes d’organisation et de transport entre les sites, mais surtout, il prive les athlètes d’un lieu de rassemblement unique : le village olympique où tous les sports, tous les compétiteurs se retrouvent pour partager leurs impressions et apprendre à mieux se connaître. Cerise sur le gâteau, il semble que le public lui-même en redemande, appréciant tout autant, les hébergements de montagne et le casunziei (des raviolis farcis), aux larges avenues et aux boutiques de mode de Milan.
Pour autant, Christophe Dubi admet volontiers que tout n’a pas été parfait et qu’il reste des points à améliorer, notamment dans les mois qui précèdent les Jeux. L’éclatement des sites ne permet pas de suivre tous les chantiers en même temps. Milan Cortina a réussi à livrer tous ses nouveaux équipements à temps, mais, entre temps, la livraison de certains sites a donné des sueurs froides aux organisateurs. On pense en premier lieu au site de glisse, mais également à la patinoire SantaGuilia et, en dernier lieu, le téléphérique de Cortina.
L’autre déficit, selon Christophe Dubi, concerne la connexion entre les différents sites de compétition (Milan, Cortina, Livigno, Tessero, Predazzo) lors de la Cérémonie d’ouverture, qui, traditionnellement, rassemble le public le plus important et souvent plusieurs centaines de millions de téléspectateurs dans le monde. On l’a vu lors de la cérémonie cette année, il reste à inventer une formule pour mieux rassembler l’ensemble des acteurs.
Confiance dans le dossier français
Dans quatre ans, la formule italienne où il fallait utiliser les infrastructures existantes en dépit d’un vaste territoire sera réemployée. Dans les Alpes 2030, seules quelques installations doivent être réaménagées, dont un Village des athlètes secondaires, en plus de la construction du village olympique principal et d’une patinoire.
En dépit des difficultés rencontrées par le Comité d’organisation actuellement, Christophe Dubi insiste auprès de nos confrères de FrancsJeux de sa confiance : » les Jeux des Alpes françaises seront encore meilleurs que ceux de Milan-Cortina. Parce qu’on apprend des choses ici, on a appris de Paris, et on va faire encore mieux « .
On ne peut qu’être surpris par cet optimisme quand on constate combien le navire tangue. Mais le directeur exécutif des Jeux voit plus loin » Oui, il y a des problèmes, c’est la vie… Dans une position comme la mienne, si on n’est pas prêt à faire face à des problèmes et des défis, on change de boulot. Et de poursuivre la démonstration « il faut faire la part des choses entre le factuel et les problèmes entre personnes. On doit rester concentré, en tant que système qui doit livrer les Jeux olympiques à la seconde près. Cette contrainte temporelle est très particulière. C’est ça, la mesure : est-ce qu’on est capable de livrer ? Aujourd’hui, je vous dis qu’on en sera capable ».
Une telle confiance d’un des acteurs les mieux informés du dossier doit donc nous inciter à croire que le dossier Alpes 2030 est finalement sur les bons rails.
Les Jeux d’hiver explosent tous les compteurs
Avec environ 1,3 million de billets vendus et un taux d’occupation moyen de 85 %, les Jeux olympiques d’hiver de Milan-Cortina sont manifestement une réussite. Mieux même, la demande sur les derniers jours de compétition est en forte hausse. Cette demande est alimentée par les spectateurs locaux et par ceux qui se déplacent encore pour assister aux Jeux durant la deuxième semaine.
Les ventes de billets sont bien évidemment un sérieux indicateur de la réussite des Jeux.
Lors d’une conférence de presse, la fondation organisatrice a affirmé que ces résultats confirment la solidité de l’événement au sein d’un modèle complexe, avec des sites répartis entre deux grandes métropoles et un vaste arc alpin.
Une réussite médiatique aussi
NBC enregistre en moyenne 25,7 millions de téléspectateurs, soit le double de l’audience des Jeux olympiques d’hiver de Pékin 2022. Via sa plateforme de streaming Peacock, NBC a déjà cumulé 5,3 milliards de minutes de visionnage, soit une hausse de 36 % par rapport à l’ensemble des Jeux de Pékin 2022.
À la fin du premier week-end, près de 31 millions d’Italiens avaient suivi la retransmission des Jeux de Milan-Cortina sur la Rai, soit plus de la moitié de la population du pays.
En France, l’engouement ne se dément pas. Les antennes de France Télévisions, qui diffusent en direct pendant 15 heures chaque jour, enregistrent des chiffres d’audience record sur France 2 et France 3. L’offre numérique puissante attire déjà 49 millions de Français.
Enfin, le site web et l’application des Jeux olympiques du CIO sont en passe de dépasser les 90 millions d’utilisateurs.
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