Santé mentale : aller plus loin, plus haut, plus fort
FOCUS DE LA SEMAINE Santé mentale : aller plus loin, plus haut, plus fort Depuis plusieurs années déjà, le CIO se préoccupe
FOCUS DE LA SEMAINE
Santé mentale : aller plus loin, plus haut, plus fort
Depuis plusieurs années déjà, le CIO se préoccupe de la santé mentale des sportifs de haut niveau. Cette fois il va plus loin et demande que les sportifs disposent d’un suivi régulier de leur santé mentale. Ce dispositif doit être mis en œuvre après l’accumulation de données qui montrent que la détresse psychologique des athlètes dépasse le cadre des compétitions.
Les images d’athlètes en larmes pendant une finale ont longtemps été rangées dans la case « pression du très haut niveau ». En réalité selon le CIO, les données dont il dispose montrent que la souffrance morale des athlètes dépasse le cadre d’une simple contre-performance sur le stade. Le CIO qui prend l’affaire très au sérieux a décidé de changer clairement de ton.
Il vient d’en faire la publication dans publiée dans le British Journal of Sports Medicine.
Le texte qu’il vient de publier ne parle plus seulement de « sensibilisation », il demande une action à l’échelle du système sportif et un suivi régulier de la santé mentale des athlètes. Les Fédérations internationales, les comités nationaux, les clubs, les organisateurs de grands événements sont directement concernés. La santé mentale des athlètes doit désormais passer au premier plan.
Les premiers travaux sur la question datent de 2019. A l’époque des experts ont montré que des symptômes d’anxiété, de dépression, de troubles du sommeil ou d’addictions sont fréquents chez les athlètes d’élite, autant que dans la population générale, voire plus élevés dans certaines disciplines. La stigmatisation et la peur de « paraître faible » les affectent au plus au point, au risque de ne pas demander d’aide.
C’est désormais la raison pour laquelle le CIO considère que la santé mentale est tout aussi capitale que les blessures physiques avant de pouvoir évoquer la performance.
Plutôt que de se concentrer uniquement sur le diagnostic et le traitement, le texte préconise une approche plus large visant à promouvoir le bien-être.
Le nouveau protocole insiste sur les périodes à risque (les blessures, les sélections ou non, voire la retraite sportive). A ces étapes de la carrière des sportifs s’ajoutent les environnements toxiques comme la violence et le harcèlement sur les réseaux sociaux. Pour le CIO il est nécessaire d’identifier les signaux précoces, pas seulement les crises aiguës.
Un plan d’action en deux étapes
Le plan d’action pour la santé mentale lancé en 2023 demande aux organisations sportives de faire le travail. Dix indicateurs organisationnels servent de repères : existence d’une politique écrite sur la santé mentale, voies d’orientation claires vers des soins spécialisés, formation minimale des entraîneurs, procédures pour signaler violences et abus, services dédiés lors des grands événements.
Cette boîte à outils propose des modèles de protocoles, des fiches de rôle et des circuits de prise en charge. Les dirigeants portent la stratégie, le staff médical évalue et oriente, les entraîneurs sont formés à repérer les changements de comportement chez les athlètes.
L’objectif affiché est de créer des environnements psychologiquement sûrs sans diluer la responsabilité médicale pour les troubles avérés.
La nouveauté désormais c’est une « surveillance structurée ». Il s’agit d’intégrer un suivi répété de symptômes de santé mentale dans la vie sportive avec des questionnaires standardisés, des échelles de sévérité, des repères temporels pour voir si la situation s’améliore ou se dégrade.
Le CIO a déjà développé des outils comme le Sport Mental Health Assessment Tool, destinés aux professionnels de santé. Il est désormais adapté afin qu’il devienne un outil de reconnaissance pour l’entourage non médical.