Israël et Russie : un poids, deux mesures ?

En dépit du conflit armé entre Israël et le Hamas, le Comité International Olympique (CIO) défend la participation des israéliens à Paris 2024 considérant que les athlètes ne sont pas responsables des décisions des dirigeants de leur pays. Immédiatement, les russes, accuse l’organisation d’un poids, deux mesures.

 

Le conflit armé en cours entre Israël et le Hamas affecte le monde du sport. On observe par exemple que le Maccabi Tel Aviv, le club phare israélien dans l’EuroLeague de basket-ball est obligé d’enchainer ses matches à l’extérieur. Il pourrait être amener à dépayser ses matches à domicile prochainement. Ce serait une première.

 

L’escalade de la violence au proche-orient est à son paroxysme marquée par des combats et des attentats quotidiens depuis le 7 octobre. C’est à cette date que le Hamas a mené une action terroriste sur le territoire israélien. La réponse de l’état hébreu à cette attaque aurait fait plus de 10.000 victimes dans la bande de Gaza, selon l’organisation palestinienne.

Au milieu de tout cela se trouve le monde du sport et des athlètes avec les Jeux Olympiques de Paris 2024 en point de mire. À cet égard, le Comité International Olympique (CIO) vient de se prononcer sur les aspects sportifs et sécuritaires. L’agence de presse allemande DPA a publié une déclaration d’un porte-parole de l’organisation mondiale du sport, assurant que le CIO n’aura aucun comportement discriminatoire à l’encontre des athlètes israéliens.

Le CIO droit dans ses bottes

« Le CIO s’engage à assumer sa responsabilité individuelle et les athlètes ne peuvent être tenus responsables des actions de leurs gouvernements. Dans le cas contraire, des mesures rapides seront prises, comme ce fut le cas lors des Jeux Olympiques de Tokyo 2020 ». Lors des Jeux olympiques de Tokyo 2020, le judoka algérien Fethi Nourine s’est retiré pour éviter une potentielle confrontation avec l’israélien Tohar Butbul. Le CIO à imposé une suspension de 10 ans à l’athlète et à son entraîneur.

Quant à la sécurité, il convient de rappeler l’un des événements les plus tragiques de l’histoire olympique, lors des Jeux de Munich 1972. A l’époque, un commando palestinien a pris en otage 11 membres de la délégation israélienne dans le village olympique. Les terroristes de Septembre noir exigeaient la libération des prisonniers palestiniens détenus par les Israéliens. La prise d’otage s’est terminée dans un bain de sang.

Un poids, deux mesures ?

Dans ce contexte, les Jeux de Paris 2024 vont se dérouler dans un climat anxiogène. Même si Tony Estanguet affirme que la sécurité des Jeux est au cœur des préoccupations, la réussite de l’événement dépend pour beaucoup du climat géopolitique au moment de la cérémonie d’ouverture.

 

Or le conflit Israël – Hamas fait suite au conflit Russie – Ukraine. C’est dans ce sens que la porte-parole du Ministère des affaires étrangères russe, Maria Zakharova (photo) vient de vivement critiquer le Comité international olympique (CIO). Pour elle, l’organisation mondiale du sport fait d’un poids, deux mesures. Selon elle, la Russie exige désormais « la stricte égalité d’application pour tous les athlètes. Nous exigeons du CIO un rejet clair et sans équivoque d’un poids, deux mesures ».

 

Il est reproché au CIO d’avoir suspendu le Comité olympique russe (ROC) pour l’annexion des comités régionaux olympiques des régions ukrainienne de Donetsk, Kherson, Lugansk et Zaporizhia, ce qui constitue une violation de la Charte olympique. La conséquence c’est de ne plus permettre la participation collective des athlètes russes aux Jeux de Paris 2024.

A ce titre, le ROC vient de faire appel de sa suspension devant le Tribunal arbitral du sport (TAS).

 

La réponse du CIO ne s’est pas fait attendre. L’organisation mondiale du sport précise dans un communiqué : « Les mesures et recommandations adoptées sont une conséquence de l’invasion de l’Ukraine par l’armée russe lors des Jeux Olympiques et Paralympiques d’hiver de Pékin 2022. Cela constitue une violation de la Trêve olympique en vigueur à l’époque, ainsi qu’une violation de la Charte olympique ».

Voilà qui ressemble à une fin de non-recevoir.

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