Des Jeux sous l’œil de l’IA : on y est !

Des Jeux sous l'œil de l'IA : on y est ! Thomas Bach l'avait dit au début de son deuxième mandat,

Des Jeux sous l’œil de l’IA : on y est !

Thomas Bach l’avait dit au début de son deuxième mandat, l’IA va bouleverser le sport. Cette fois, c’est effectif. À l’occasion des Jeux de Milan Cortina, l’intelligence artificielle va devenir un juge de paix dans nombre de compétition olympique. Pour le bien de tous ? Pas certain.

 

L’arbitrage des compétitions avec l’assistance de l’intelligence artificielle (IA) est destiné à ce que les résultats d’une compétition soient plus cohérents, plus transparents. Depuis deux ans, le CIO a introduit l’IA comme un des piliers de l’organisation des Jeux olympiques.

L’intelligence artificielle est au cœur de nos vies et le sport n’échappe pas à cet outil. Non seulement les compétitions seront de plus en plus arbitrées par l’IA, mais les sportifs eux-mêmes sont désormais dépendants de l’IA. Ils l’utilisent pour leurs séances d’entrainement, pour prévenir les blessures, pour analyser leurs performances.

Les téléspectateurs et internautes devront apprécier la performance sous un angle différent, sous tous les angles, pourrait-on dire. L’IA propose des ralentis encore plus détaillés, ainsi qu’une visualisation du geste en trois dimensions, ou même place le spectateur au cœur de l’action.

L’arbitrage évolue

S’agissant de l’arbitrage, c’est d’abord en patinage artistique que le soutien de l’IA va faire son apparition à Milan Cortina. Cette discipline repose sur le jugement humain. Or, les juges sont des humains qui ne disposent que de quelques secondes pour apprécier un mouvement, un seul angle de vue, et parfois pendant les deux heures que dure le programme.

C’est ainsi que leur sont reprochées des erreurs d’appréciation lorsque les épreuves sont revisionnées pendant de longues minutes avec des ralentis notamment. Et bien évidemment, on ne parle pas des notes biaisées dans une compétition internationale à l’occasion de collusion entre les juges, comme ce fut le cas à Salt Lake City 2002.

À ce titre, l’IA va rendre le travail des juges plus précis. Ils pourront mieux apprécier les figures, les rotations lors d’une prestation.

 

Ajoutons dans le même domaine que l’IA sera tout aussi précieuse dans les disciplines aériennes lorsqu’il s’agit d’apprécier les sauts dans le cas du ski acrobatique et du snowboard.

Le pire du mieux

Si, dans les disciplines évoquées qui reposent sur une note artistique, l’IA va sans doute contribuer à plus de justice pour les uns, elle risque d’en pénaliser d’autres. L’IA est un outil qui, dans le cas de l’arbitrage de ces compétitions, a été programmé pour détailler un geste avec précision. Or, les algorithmes sont dépourvus d’âme, du moins pour l’instant. Là où un juge pourrait trouvait à l’œil nu un geste sublime, l’IA lui dira que la gestuelle n’était pas parfaite, qu’il manquait quelques degrés, quelques angles à ce salto.

Là, où un juge pouvait ressentir une forte émotion à l’exécution d’un mouvement, l’IA froidement, indiquera que le geste n’était pas parfait. Trop d’exactitude tue l’émotion. On le voit, l’IA ne peut pas tout et les juges auraient… encore quelques années devant eux.

 

L’IA a été expérimentée lors des derniers X-Games. Or, il a été démontré que le style et la prise de risque des skieurs et des snowboarders étaient des éléments particulièrement difficiles à formaliser algorithmiquement.

C’est ainsi qu’à l’occasion d’une compétition de halfpipe, l’IA analysait les images afin de produire une note indépendante de celle des juges. Au final, la note des juges prévalait et il a été démontré qu’il n’y avait pas de différence fondamentale entre les deux jugements. Certains ont tout de même fait remarquer que l’IA aurait été incapable de juger l’introduction d’une nouvelle figure qui ne figurait pas dans son programme.

Prendre place ou plus de place

Quoi qu’on en dise, on ne pourra pas faire sans l’IA. Elle sera de plus en plus fiable au fur et à mesure qu’elle progressera et tôt ou tard, les juges seront marginalisés. C’est l’évolution du sport qui se trouve ainsi remis en cause. Laissons le mot de fin à celui qui a inspiré cet article, le professeur Willem Standaert de l’Université de Liège. Il écrit : « Le défi que doivent relever les sports du programme olympique n’est donc pas seulement technologique, il est aussi institutionnel et culturel. Comment éviter que l’IA ne vide de leur substance les valeurs qui donnent à chaque sport son sens ? »

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