Alpes 2030 : le temps des nuages noirs

Alpes 2030 : le temps des nuages noirs La Loi olympique est examinée depuis le début de semaine à l'Assemblée nationale.

Alpes 2030 : le temps des nuages noirs

La Loi olympique est examinée depuis le début de semaine à l’Assemblée nationale. C’est un chapitre important pour l’avancement et la préparation des Jeux olympiques de 2030 au moment où quelques nuages noirs flottent au-dessus des Alpes françaises. 

 

Ce projet de loi relatif à l’organisation des JO 2030, déjà adopté au Sénat en juin dernier, devait être examiné par l’Assemblée nationale en septembre. Or, trois mois après, il n’en est rien. La commission de coordination du CIO qui s’est rendue dans les Alpes du nord et son président n’ont pas manqué de le faire remarquer. En décembre enfin, le texte est examiné par les députés.

 

Ce texte est essentiel. La loi olympique permet notamment des autorisations temporaires en matière d’urbanisme, de logement, de santé, de travail ou encore de sécurité. Elle permet également d’assurer la garantie de l’état français en cas de déficit du comité d’organisation. Il s’agit de tordre le cou à un serpent de mer qui dure depuis de très longs mois. Ce texte avait été rédigé dans un premier temps par Michel Barnier, alors Premier ministre, puis amendé par son successeur François Bayrou, et enfin porté par le troisième locataire de Matignon en quelques mois, Sébastien Lecornu.

 

Le Premier ministre espère que le texte sera adopté sans les interminables discussions qui viennent d’avoir lieu dans le cadre du vote du budget de la Sécurité sociale. Les promoteurs des Jeux n’en attendent pas moins. « Nous attendons cet examen avec beaucoup d’impatience, il est central à la bonne réussite et à la sécurisation même de la livraison de notre projet », indique Edgar Grospiron, président du Comité d’organisation (Cojop) de ces Jeux olympiques et paralympiques d’hiver.

« Plus on attend, plus on a le risque que les chantiers nous coûtent parce qu’il va falloir qu’on travaille en 2/8, voire en 3/8 », a renchéri la ministre des Sports Marina Ferrari devant la commission des affaires culturelles de l’Assemblée nationale. Sans doute a-t-elle en tête les Jeux de Milan Cortina 2026, où de nombreux chantiers sont encore en cours à deux mois des épreuves olympiques.

Les nuages noirs

Le patron du Comité d’organisation, Edgar Grospiron, a dû essuyer plusieurs contrariétés ces derniers mois. Même s’il reconnait entretenir de très bonnes relations avec le président du département de la Savoie, Hervé Gaymard, ce dernier a voulu se démarquer ces dernières semaines en annonçant que les représentants du département suspendaient « jusqu’à nouvel ordre » leur participation aux réunions de préparation des Jeux olympiques. La Savoie estime être insuffisamment consultée.

 

Autre contrariété avec la démission d’Anne Murac, la directrice des opérations qui était en charge notamment de superviser la carte des sites (une dizaine : de Nice au sud au Grand Bornand au nord). Parmi les négociations en cours, l’intégration de Val-d’Isère sur la carte des Jeux n’est pas aussi simple que souhaité voici quelques mois par les promoteurs du projet. Pour organiser le ski alpin masculin à Val-d’Isère, la station va devoir apporter son écot au projet. Or, la ville n’a toujours pas délibéré sur la question. Les organisateurs s’impatientent.

 

On ajoute qu’un collectif de citoyens des Alpes a déposé une plainte devant l’ONU et que cette plainte a été jugée recevable.

Ce collectif ne s’oppose pas à la tenue des Jeux dans les Alpes, il entend juste que l’affaire se déroule dans les règles. « On sait très bien que les budgets annoncés vont être dépassés. On a des difficultés juridiques, budgétaires, de gouvernance, et on nous dit ‘mais vous allez voir, ça va être magnifique’ ? » a déploré Delphine Larat (photo), la porte-parole du collectif citoyen.

Le Collectif citoyen  s’est déplacé jusqu’à l’assemblée la semaine dernière pour interpeller les parlementaires. Ils tenaient un large chèque à l’ordre des Jeux olympiques 2030 pour évoquer leurs inquiétudes quant aux enjeux financiers, citoyens et environnementaux de la loi qu’ils sont amenés à voter.

 

Le vote organisé d’ici vendredi devrait se faire sans le soutien des écologistes et de LFI. Les verts sont les plus remontés contre le projet, estimant que « la démocratie environnementale était piétinée ».


Perte de deux experts

Le Conseil d’administration d’Alpes 2030 ne pourra plus profiter de l’expertise de deux membres importants du Comité international olympique (CIO). Tony Estanguet et Martin Fourcade (photos) figuraient au sein du CA comme membres de droit.

 

L’un et l’autre ont démissionné pour éviter le moindre conflit d’intérêts dans le cas où ils seraient amenés à travailler avec des entreprises en lien avec Alpes 2030.

 

Ces départs ne sont pas une perte de soutien. Le comité précise qu’“ils continueront, chacun à sa manière, de jouer un rôle important dans les quatre années à venir pour contribuer au succès d’Alpes françaises 2030”.

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