2026 ou la renaissance du sport russe ?

2026 ou la renaissance du sport russe ? À un mois des Jeux olympiques d'hiver de Milan Cortina 2026, le retour

2026 ou la renaissance du sport russe ?

À un mois des Jeux olympiques d’hiver de Milan Cortina 2026, le retour des athlètes russes et biélorusses sur la scène olympique reste un processus complexe, ponctué de nouvelles décisions et de rebondissements. Le CIO et les fédérations internationales peinent à tracer une voie. En coulisse, le Kremlin mise sur le sport pour redonner à son pays un peu de prestige international.

 

Si le CIO admet volontiers que le retour des athlètes russes et biélorusses reste l’une de leurs priorités, la question de savoir quand et comment l’est tout autant. Une chose est sûre, l’organisation mondiale du sport sait qu’elle avance en terrain miné et que les pourparlers de paix entre la Russie et l’Ukraine sont loin d’aboutir. Pour l’heure, les décisions sont fragmentées, les pressions politiques viennent d’un peu partout et aucune ligne directrice claire ne se dégage.

 

Pourtant, la présidente du CIO, Kirsty Coventry, a une idée précise sur la question. Selon elle, aucun athlète au monde ne doit subir les affres des décisions politiques de leurs dirigeants. Elle-même s’appuie sur sa propre expérience. Pour l’heure, la situation pour les prochains Jeux est définitive. Lors d’une interview accordée au Corriere della Sera, la présidente du CIO a fixé le cap : « à ce stade, rien ne changera la décision déjà prise : des athlètes neutres, au cas par cas ».

Le Kremlin s’y attendait. Néanmoins, il espère un retour de ses champions au sein du sport international d’ici les prochains mois. Il mise sur le sport pour mettre fin à son isolement sur le plan diplomatique.

Les fédérations naviguent à vue

Pour l’heure, en l’absence de ligne directrice claire, chaque fédération impose donc ses solutions dans la perspective des Jeux de Milan Cortina 2026.

 

La Fédération internationale de patinage artistique a été la première à ouvrir la porte aux athlètes des deux pays. Deux Russes, Pjotr ​​Gumennik et Adelija Petrosjan (photo), se sont qualifiés au même titre que la Biélorusse, Viktoria Safonova.

 

En ski alpin et en ski nordique, suite à une récente décision du TAS, la Fédération internationale de ski et de snowboard (FIS) autorise de nouveau la participation des athlètes russes et biélorusses aux épreuves de qualification, sous statut neutre. La fédération internationale de ski alpin (FIS) a publié une liste officielle des athlètes autorisés à concourir.

Dix Biélorusses y figurent : sept femmes et trois hommes, spécialisés en ski alpin, ski de fond et ski freestyle.
29 athlètes russes (13 femmes, 16 hommes) concourront en ski alpin, ski de fond, combiné nordique, ski freestyle, saut à ski ou snowboard. Cette liste est encore susceptible d’évoluer.

 

 

En luge également, le TAS a autorisé les lugeurs russes à participer aux épreuves qualificatives pour Milan Cortina. Neuf Russes se sont inscrits pour y participer. La FIL n’a retenu que trois noms pour les épreuves qualificatives.

De son côté, la Fédération internationale de Bobsleigh et de Skeleton a publié une liste d’athlètes individuels neutres autorisés à concourir. Cette autorisation concerne uniquement le monobob féminin et le skeleton. Là encore, les équipes de bob à deux ou à quatre sont exclues.

 

En patinage de vitesse, trois athlètes biélorusses et cinq Russes participent aux épreuves préliminaires, aucun n’a pour l’heure gagné sa qualification.

Porte close

C’est en biathlon que la décision semble la plus originale. Pour exclure les Russes et les Biélorusses des qualifications, la Fédération internationale (IBU) a pris une position claire que la Russie n’a pas cherché à contester devant le Tribunal arbitral du sport (TAS). Les compétitions se déroulant avec une carabine, il est « difficile d’imaginer des athlètes ukrainiens et russes côte à côte, fusil à la main », indique la Fédération internationale. C’est d’autant plus illusoire que la plupart des biathlètes russes sont membres des forces armées du pays. En d’autres termes, aucun biathlète ne peut prétendre au statut d’athlète neutre qu’exige le CIO.

 

Dans certaines disciplines, la porte reste totalement fermée. Le CIO a décidé d’exclure les équipes nationales de Russie (photo) et de Biélorussie du tournoi olympique de hockey sur glace. Leur absence sera tout naturellement visible dans une discipline où les Russes figurent parmi les meilleures nations mondiales renforcées par des joueurs issus de la NHL, la ligue nord-américaine.

Le curling a également exclu les équipes russes et biélorusses, puisqu’elles représentent une nation et pas des athlètes individuels.

Moscou veille aux grains

On le voit, le contexte n’est guère favorable à une large participation russe et biélorusse aux Jeux de Milan Cortina. Toutefois, on devine que cette situation va évoluer rapidement une fois les Jeux terminés. D’ailleurs, le CIO a déjà fait un pas en avant en autorisant la participation de jeunes athlètes russes et biélorusses aux compétitions internationales, à titre individuel et par équipe.

La Russie et la Biélorussie défileront sous leurs couleurs et leur drapeau aux Jeux olympiques de la jeunesse de Dakar 2026. Pour les deux nations, cette réadmission partielle est présentée comme une petite victoire par Moscou et Minsk. L’engagement du ministre des Sports, Mickaël Degtyarev porte ses fruits.

 

Pour le CIO, la situation est plus complexe. Il s’agit de gérer tout à la fois les principes édictés par la Charte olympique, les pressions internationales et le droit des athlètes à se mesurer à leurs concurrents sur la scène internationale.

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