L’or olympique à titre posthume
L'or olympique à titre posthume Nul doute que la gymnaste tchèque Eliska Misakova (1926 - 1948) aurait aimé monter sur le
L’or olympique à titre posthume
Nul doute que la gymnaste tchèque Eliska Misakova (1926 – 1948) aurait aimé monter sur le podium des Jeux de Londres 1948 pour y recevoir la médaille d’or du concours par équipe.
Alors qu’elle est profondément affectée par la mort de ses parents quelques mois plus tôt, avec sa sœur Miloslava, également membre de l’équipe nationale, elles conviennent de tout donner pour obtenir l’or. Une médaille qu’elles entendent dédier à leurs parents qui les ont encouragés depuis leur enfance.

L’équipe tchèque avant son envol pour Londres. Eliska Misakova est debout, au centre du groupe.
Hélas pour Eliska, elle tombe malade lors de son arrivée à Londres. Les médecins suspectent une méningite. Finalement, elle reçoit un diagnostic de poliomyélite foudroyante. Conduite à l’hôpital en urgence, elle est remplacée par Vera Ruzickova au sein de la formation tchèque.
Quelques heures plus tard, ses camarades lui rendent visite à l’hôpital. Le spectacle est triste. Les membres de l’équipe ne peuvent pas l’approcher et la regardent à travers une vitre. Elle est clouée dans son lit serré dans des poumons de fer. Elle ne peut plus parler, ses mains et ses pieds sont paralysés.
Quelle différence avec la jeune fille pleine de vie qui quelques heures plus tôt s’est envolée de Prague (photo).
Loin de s’améliorer, son état de santé s’aggrave d’heure en heure. Finalement, Eliska Misakova va décéder à l’hôpital londonien d’Uxbridge à 7h30 du matin, pendant que la compétition s’apprête à débuter dans l’Empress Hall à Kensington, sans elle.
Dans la journée, l’équipe tchécoslovaque transcendée par cette triste nouvelle remporte la victoire et la médaille d’or. Lors de la cérémonie des médailles, leur drapeau est hissé avec une bordure de deuil noire. L’équipe est en larmes.
Exceptionnellement et pour la seule fois aux Jeux olympiques, Eliska Misakova recevra elle aussi une médaille d’or… à titre posthume.