Les JO de l’eSport sur la mauvaise pente

Les JO de l'eSport sur la mauvaise pente Après l'annulation de premiers Jeux olympiques de l'eSport qui devaient se tenir en

Les JO de l’eSport sur la mauvaise pente

Après l’annulation de premiers Jeux olympiques de l’eSport qui devaient se tenir en 2027, le CIO n’a désormais plus de commission ad hoc chargée de plancher sur le sujet. La division entre le sport traditionnel et le sport électronique est devenue manifeste au sein de l’organisation mondiale du sport.

 

Depuis sa nomination à la tête du Comité international olympique, Kirsty Coventry n’a jamais pris le temps de prendre la parole sur le sujet des Jeux olympiques de l’eSport. La présidente est trop occupée par d’autres problématiques plus brûlantes, comme la question de la protection du sport féminin ou celle de la désignation des futurs hôtes olympiques.

 

Lors des Jeux de Milan Cortina 2026, la question lui avait été posée. Sa réponse, cryptique, parlait de « pause », afin de voir  « comment le mouvement peut procéder ». Aujourd’hui, l’affaire semble repoussée aux calendes grecques. Le CIO n’a fait pour l’instant aucune annonce officielle, mais l’agence japonaise Kyodo, qui suit l’affaire de près, pense que le projet est mort et enterré.

 

On rappelle que les Jeux olympiques de l’eSport devaient se tenir en 2027 en Arabie Saoudite. La décision avait été actée en février 2024 et prise à l’unanimité lors de la 142e session du CIO à Paris, en juillet de la même année.

 

À l’époque un accord avait été scellé entre le Comité olympique saoudien, prêt à financer la compétition sur douze ans, à condition d’accueillir la première édition qui finalement n’aura pas lieu. Le Royaume n’a pas voulu tout gâcher du travail préparatoire et organisera, d’ici la fin de l’année, une compétition parallèle baptisée eSports Nations Cup (ENC). Un tournoi bâti autour de 16 jeux.

Un projet mal engagé

C’est le prédécesseur de Kirsty Coventry, qui avait eu l’idée de Jeux olympiques de l’eSport. Thomas Bach voulait toucher un public plus jeune. La stratégie numérique du CIO visait une architecture dotée d’une gouvernance légitime qui devait raconter sa propre histoire. Il avait désigné Ser Miang Ng, membre singapourien du CIO, pour mettre sur pied la nouvelle compétition en collaboration avec le ministre saoudien des Sports, le prince Abdulaziz bin Turki Al Faisal. Très vite, le projet s’est retrouvé confronté à des turbulences internes.

La première d’entre elles, fondamentale, était de se poser la question de savoir si le Mouvement olympique avait vraiment besoin du sport électronique. Même s’il n’a de cesse de courtiser, depuis bientôt une décennie, le sport électronique, qu’il juge capable de rajeunir et renouveler son audience, le CIO ne semble toujours pas savoir comment s’y prendre avec lui.

 

C’est alors qu’un fait d’actualité va faciliter sa réflexion. Ser Miang Ng fait l’objet d’une plainte pour manquement à l’éthique concernant un conflit d’intérêts présumé. Ses enfants sont en effet à la tête d’une société de jeux vidéo. De là à imaginer que le dignitaire singapourien aurait quelques intérêts dans l’affaire, il n’y a qu’un pas.

Mais la vraie rupture se situe fin 2025. Le CIO décide brutalement d’annuler l’accord avec l’Arabie saoudite. Au delà des aspects juridiques, le point de désaccord portait sur la volonté des Saoudiens d’aller vite.

Futur des Jeux ou Jeux du futur ?

Pour le CIO, ce rythme était trop rapide, pas suffisamment réfléchi. L’Organisation mondiale du sport tenait à ce que les disciplines pratiquées aux Jeux olympiques de l’eSport aient un lien avec l’activité physique (hometrainer, rameur, simulateur, tapis de course, etc.) L’ennui, c’est que ces disciplines sont très peu suivies par les amateurs de sports électroniques. Il tenait également à ce que les fédérations internationales disposent ou inventent des Jeux électroniques pratiqués virtuellement et beaucoup d’entre elles n’avaient pas même commencé à en imaginer le récit.

 

Désormais, les Saoudiens ont carte blanche pour avancer sur leur propre scénario. Avec une récompense de 45 millions de dollars, les joueurs les plus en vue seront de la partie à Riyad.  » Nous avons envie de faire de l’eSport un sport qui compte « , indique Ralf Reichert, qui pilotera l’organisation de l’eSport Nations Cup (ENC),  » nous restons de grands fans du CIO. Lorsqu’ils seront prêts opérationnellement pour lancer les JO, nous adorerions être impliqués et pouvoir les soutenir « .

 

En attendant, le CIO avance à son rythme. Mais quitte à imaginer toucher de nouvelles générations, de simples Jeux de l’eSport semblent réducteurs.

Pourquoi ne pas imaginer un nouvel écosystème autour du concept de Jeux du Futur, un univers où l’homme s’appuie autant sur les machines qu’il ne s’y confronte ? D’ailleurs le jeu video y tient une place. Il est l’un des six univers exploré par les Futurous Games. Un terrain à mi-chemin entre sport virtuel et sport traditionnel 2.0.

C’est cet environnement qui ferait entrer le Mouvement olympique de plain-pied dans le 21e siècle.

2 COMMENTAIRES
  • Blanchard 7 mai 2026

    Bonjour Philippe,

    Nous vous remercions pour votre appréciation et la reconnaissance que vous avez eue, très tôt, du travail de Futurous et des Futurous Games.

    Vous avez tout à fait raison, la question des sports éléctroniques est au coeur de l’avenir du sport. Pas seulement pour des raisons d’audience ou de sponsoring mais plus fondamentalement car les environnements virtuels sont maintenant au coeur de nos vies et le sport, miroir de nos sociétés, ne peut passer à côté.

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