Le Comité d’Éthiopie (EOC) au bord de l’implosion

Quatre dirigeants du Comité olympique éthiopien (EOC), dont le président Ashebir Woldegiorgis, sont accusés de traite d’êtres humains et d’autres

Quatre dirigeants du Comité olympique éthiopien (EOC), dont le président Ashebir Woldegiorgis, sont accusés de traite d’êtres humains et d’autres infractions. Un procès chargé de faire la lumière doit se tenir aujourd’hui.

 

Le procès qui s’ouvre aujourd’hui intervient dans un contexte de critiques à l’encontre du Comité olympique éthiopien (EOC) suite aux performances moyennes de l’équipe nationale aux Jeux olympiques de Paris 2024. Depuis, la victoire éclatante d’Abébé Bikila dans le marathon de Rome 1960, l’Éthiopie gagne bon gré, mal gré 1 à 2 médailles d’or à l’exception de Sydney 2000 et Pékin 2008 où les Éthiopiens avaient ramené 4 médailles d’or.

Cette fois, ils sont rentrés de Paris avec une médaille d’or dans le marathon avec Tamirat Tola et 3 médailles d’argent.

 

La plainte qui est à l’origine du procès d’aujourd’hui émane de deux anciens grands champions olympiques éthiopiens : les athlètes Haile Gebresselassie (photo) et Gezahgne Abera, mais également des Fédérations nationales de boxe et de tennis.

Elle désigne formellement le président Ashebir Woldegiorgis, sa vice-présidente Eden Ashenafi, le secrétaire général Dawit Asfau et le secrétaire adjoint Ghezahgne Wolde.

 


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Une réélection contestée

Les anciens champions et les deux fédérations contestent la réélection pour un troisième mandat en juin dernier du président Woldegiorgis. Selon les plaignants, les conditions étaient non réglementaires. L’assemblée générale se serait tenue en catimini, sans la présence des représentants des fédérations nationales. De plus des personnes, non autorisées à voter, auraient pris part à l’élection.

 

Woldegiorgis (photo) est un homme de fer qui cultive des relations au plus haut sommet de l’état éthiopien et sur le continent africain plus globalement.

 

Le tribunal fédéral de première instance, où l’affaire a été déposée, a suspendu les assemblées générales et les résolutions adoptées par le comité. Le tribunal a également ordonné la suspension de l’élection exécutive du Comité olympique éthiopien, le 4 juin dernier.

De curieuses affaires à élucider

L’avocat des plaignants, Ayalew Bitane, a déclaré à la BBC : « Nous soupçonnons les accusés d’être impliqués dans la traite d’êtres humains en lien avec les Jeux olympiques de Paris. Ils ont utilisé leur position au sein du comité olympique à des fins personnelles. Aucune accusation n’a encore été portée, mais une enquête criminelle est en cours auprès des autorités compétentes ».

 

Ajoutons que les fédérations ont condamné le départ forcé et anticipé des athlètes et des membres de la délégation éthiopienne des Jeux olympiques de Paris avant la fin des Jeux. Elles affirment que cela porte atteinte à la réputation du pays.

 

Sollicité par les fédérations nationales éthiopiennes, le ministère de la Culture et des Sports a demandé qu’un audit soit réalisé au sein du Comité national. Malgré les demandes, le Comité olympique refuse de se soumettre à un audit.

 

Depuis, le tribunal a ordonné le gel des comptes bancaires du CNO. Dès le lendemain de cette décision, le Comité olympique national aurait organisé une réception dans un grand hôtel d’Addis-Abeba pour distribuer des fonds du comité à divers professionnels des médias et à d’autres personnes. Une réponse à tous ces éléments à charge pourraient trouver une réponse lors du procès.

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