La Trêve olympique adoptée… sans vote
La Trêve olympique adoptée
La Trêve olympique adoptée… sans vote
L’ONU a adopté par consensus une résolution préconisant la trêve olympique destinée à éviter que les conflits géopolitiques n’affectent les Jeux olympiques d’hiver de Milan Cortina 2026. Cette décision est le fruit de la diplomatie et des efforts conjoints de l’Italie et du CIO.
Intitulée « Construire un monde pacifique et meilleur par le sport et l’idéal olympique », la résolution appelle les États membres à respecter une trêve qui débutera sept jours avant le début des Jeux d’hiver, le 6 février 2026, et se prolongera jusqu’à une semaine après la clôture des Jeux paralympiques, le 15 mars. L’objectif est de garantir le passage en toute sécurité des athlètes, des officiels et du personnel accrédité dans un contexte international tendu et alors que se déroulent de multiples conflits partout dans le monde.
Cette trêve olympique rappelle, en tout point, les principes fondateurs dans le monde grec, de ce qu’on appelait jadis, l’Ekechéria.
Une série d’interventions soulignant la valeur symbolique de cette trêve contraste avec le contexte international difficile du moment. La présidente du Comité international olympique (CIO), Kirsty Coventry, a averti dans son discours que « lorsque les athlètes se réunissent, ils ne voient ni nationalité, ni religion, ni origine. Ils se voient comme des partenaires sportifs » a-t-elle déclaré, présentant la Trêve olympique comme « un appel à mettre de côté ce qui nous divise et à nous concentrer plutôt sur ce qui nous unit ».
Les mots justes, juste des mots

Kirsty Coventry entourée de la présidente de l’assemblée générale des Nations unies, Annalena Baerbock et Giovanni Malago, le président de Milan Cortina 2026.
Kirsty Coventry a exprimé sa gratitude pour le soutien international, assurant que l’assemblée envoyait un message fort aux participants des Jeux de 2026 : « Vous adressez un message clair aux athlètes du monde entier : oui, vous serez à leurs côtés lorsqu’ils démontreront, sur la scène olympique, que le sport peut nous unir, malgré nos divisions ».
La présidente de l’Assemblée générale, Annalena Baerbock, a ouvert la session en évoquant la capacité de l’Olympisme à inspirer les sociétés fracturées. « L’esprit olympique nous rappelle que la compétition peut élever l’humanité, que le dialogue peut surmonter les divisions », a-t-elle affirmé avant de définir la trêve comme une boussole morale appelant à la retenue armée, à la coopération et à la recherche de la compréhension pendant la période olympique et au-delà.
Annalena Baerbock, encore ministre des Affaires étrangères d’Allemagne (2021-2025), il y a peu, a été une sportive convaincue dans sa jeunesse, médaillée aux championnats d’Allemagne de trampoline.
Le document appelle tous les États à collaborer avec le CIO et le Comité international paralympique (IPC) pour utiliser le sport comme outil de promotion de la paix, du dialogue, de la tolérance et de la réconciliation, notamment dans les zones de conflit.
Les voix discordantes
Malgré l’optimisme ambiant, les interventions ont reflété les tensions inhérentes à toute initiative prônant la neutralité sportive. C’est ainsi que quelques voix discordantes se sont fait entendre.
L’Ukraine a ainsi appelé à l’exclusion de la Russie de toute compétition internationale. Elle accuse la Fédération de Russie d’avoir, dans le cadre de sa « guerre d’agression », tué au moins 640 sportifs ukrainiens et blessés de nombreux autres.
Un pays qui « tue des athlètes, détruit des stades, n’a aucune légitimité à parler d’idéal olympique », a poursuivi le représentant ukrainien.
Directement visée, la Fédération de Russie considère que le sport dans le monde doit être régi par ses propres règles, « indépendamment de la conjoncture politique et des préférences ». Son délégué insiste pour que tous les Olympiens aient la possibilité de participer aux compétitions sur un pied d’égalité, dans une atmosphère de respect et de justice.
À l’instar de la Chine, quelques délégations ont, de leur côté, appelé au respect du principe de neutralité politique dans le sport et à éviter de politiser les manifestations sportives. Préserver l’autonomie et garantir que les athlètes puissent participer librement aux Jeux, jugés uniquement sur leurs mérites sportifs et non sur des considérations politiques est un impératif, a insisté le Qatar. Ce pays fait partie des favoris pour la course aux Jeux de 2036.