Qui pour succéder à Grospiron et pour quoi faire ?
Qui pour succéder à Grospiron et pour quoi faire ? Pendant trois jours, la commission de coordination du CIO a pu
Qui pour succéder à Grospiron et pour quoi faire ?
Pendant trois jours, la commission de coordination du CIO a pu évaluer les sites proposés et se tenir informés de l’état d’avancement du projet Alpes 2030. Mais au-delà de ces aspects, le remplacement d’Edgar Grospiron a été au centre de bien des conversations.
Pierre-Olivier Beckers-Vieujant, qui pilote la commission, estime que la nomination d’un nouveau président peut « prendre son temps sans en perdre et s’assurer qu’on trouve la bonne personne » pour remplacer Edgar Grospiron. Une chose est sûre, comme l’a dit Beckers-Vieujant, il faut s’assurer de trouver la bonne personne.
En attendant, le directeur général, Vincent Roberti assume l’intérim. Cela pourrait durer quelques longues semaines, le temps de trouver le profil idoine.
Après le retrait de Martin Fourcade au début de l’année 2025, Edgar Grospiron apparaissait comme le candidat idéal. Malheureusement, Grospiron a buté sur les difficultés que pressentait Martin Fourcade et qui l’avaient contraint à renoncer à un projet auquel il se préparait depuis plusieurs mois.
Paris 2024, ne peut pas être une référence
Contrairement à ce que l’on a bien voulu faire croire, le dossier Alpes 2030 n’a rien à voir avec ce qu’était Paris 2024. Lors des Jeux de Paris, les institutions politiques partenaires (état, ville de Paris) ont rarement cherché à imposer leur point de vue au COJOP qui a mené sa barque à bon port.
De plus, les Jeux de Paris permettaient simplement de faire briller Paris à l’international, tandis que les Jeux d’Alpes 2030 ont une tout autre ambition : ils posent l’avenir de la montagne face au réchauffement climatique.
Ils démontrent la nécessité de l’adaptation des villes et villages de montagne à devenir plus durables et mieux adaptés aux crises écologiques et économiques.
C’est ainsi que les régions AURA et PACA, parfois l’État et le CNOSF ont toujours exercé une forte influence sur le COJOP. On rappelle pourtant que l’état et les collectivités territoriales ne financent que 25% des 2,132 milliards d’euros de budget. Le reste, c’est la contribution du CIO et les financements privés qui assurent les 75% restants.
Grospiron explique son retrait
C’est dans ce cadre qu’Edgar Grospiron a préféré jeter l’éponge, lassé d’être la cible sous-jacente des critiques sur la gouvernance de l’organisation alors qu’il avait posé les bases du projet Alpes 2030 avec l’ambition des défis auxquels la montagne doit se préparer.
Il s’en explique sur LinkedIn. « Certains diront sans doute que c’est un échec ou un renoncement. Je préfère dire que j’ai atteint, dans le cadre qui était le mien, le point où il devenait plus juste de passer la main que de s’y accrocher », écrit-il.
« Je ne me suis jamais dérobé, j’ai toujours fait face aux difficultés et à mes responsabilités. Oui, il y a eu des obstacles. Oui, il y a eu des accrochages. Oui, il y a eu des décisions difficiles à prendre. Mais je suis fier d’avoir pu, avec les équipes du COJOP, installer Alpes 2030 comme un acteur respecté et respectable, tant au niveau des instances sportives internationales qu’au niveau des territoires », poursuit l’ancien champion olympique.
Qui pour lui succéder ?
La solution que certains n’ont pas manqué d’imaginer serait de faire appel à celui qui avait bâti Paris 2024, Tony Estanguet. Originaire d’un territoire de montagne, il a sans doute une idée sur la question. Mais l’ancien patron de Paris 2024 a coupé court à toutes les rumeurs : «Non, je n’irai pas. Pour l’instant, pour moi, l’enjeu, c’est vraiment de faire en sorte qu’il y ait de la place aussi pour une nouvelle équipe de prendre les responsabilités de ce projet. Je pense qu’à terme, c’est mieux pour la réussite de 2030», dit-il dans une interview au Figaro.
Dommage, mais c’est sûrement mieux ainsi. Quant à Martin Fourcade, autre membre du CIO fortement impliqué dès l’origine du projet, on le voit mal jouer les pompiers de service après avoir claqué la porte, il y a un an et demi.
Alors qui ? Il se dit que l’Élysée verrait d’un bon œil la nomination d’un ancien sportif déjà rompu aux exigences de l’administration du sport. Tout naturellement deux noms circulent avec insistance, les deux candidats malheureux de 2025 : Vincent Jay et Nathalie Péchalat.
Jay connaît bien le sujet pour avoir piloté en son temps ce dossier pour le compte de la région Rhône-Alpes-Auvergne. Il est certain qu’il aurait les faveurs des Rhônalpins qui sont aujourd’hui en pôle au sein de l’organisation.
Quant à Nathalie Péchalat, la patineuse artistique, ancienne cheffe de mission aux Jeux de Pékin 2022 et surtout ancienne présidente de la Fédération française des sports de glace, n’est pas candidate… mais elle laisse la porte ouverte. « La balle n’est pas du tout dans mon camp. Les décideurs doivent se prononcer », dit-elle dans une interview à Francs-Jeux.
Ce qui est sûr, en revanche, c’est que l’aventure la tente. Ses expériences précédentes l’ont conforté dans ce sens. De plus, en qualité de déléguée du Club France, elle a pu approcher de près l’organisation de Paris 2024 et s’imprégner des qualités nécessaires à la réussite du projet. Le Club France, qui, au passage, a accueilli 600 000 visiteurs uniques lors des Jeux.
Ceux qui ont travaillé avec elle lors de ses précédentes missions en sont convaincus, elle a le bon profil. Elle serait à l’écoute, aurait des idées et surtout n’aurait pas peur de dire « je ne sais pas » et s’appuyer sur ceux qui savent. Elle serait bosseuse, passionnée et motivée dans ce qu’elle entreprend. Comme elle le dit elle-même, « je n’ai pas peur des dossiers difficiles ».
Ça tombe bien, celui-là l’est au-delà de ce qu’on pouvait imaginer !