La lutte antidopage à un carrefour

La lutte antidopage est à un carrefour Le nouveau directeur général de l'agence internationale de contrôles (ITA), Benjamin Cohen, se dit

La lutte antidopage est à un carrefour

Le nouveau directeur général de l’agence internationale de contrôles (ITA), Benjamin Cohen, se dit très attentif aux performances qui seront réalisées lors des Enhanced Games (autrement appelé « Jeux pour dopés ») qui se dérouleront à Las Vegas, le 24 mai prochain. Les résultats obtenus par les participants pourraient être déterminants pour l’évolution de la lutte antidopage.

 

La première édition des Enhanced Games verra s’affronter quarante-sept athlètes en athlétisme (sprint), en natation (petite distance) et en haltérophilie. Tous ceux qui y battront un record du monde obtiendront un chèque d’un million de dollars (920 000 €). Il semblerait, selon les déclarations des organisateurs, que les participants sont autorisés à se préparer en utilisant des drogues, mais sous contrôles médicaux. Voilà pour le seul intérêt de la compétition.

 

En revanche, les résultats obtenus par ces participants intéressent fortement l’Agence internationale de contrôle (ITA) chargée de la lutte antidopage. En effet, si aucun record n’est battu lors des Enhanced Games, cela pourrait remettre en question la crédibilité des résultats dans le sport traditionnel.

 

Selon le directeur général de l’ITA, Benjamin Cohen (photo), « si l’on part du principe que les organismes antidopage sont incapables de démasquer les tricheurs, il nous faudra impérativement procéder à un examen interne de nos procédures.

Et de poursuivre fermement : « Cela impliquerait de revoir nos stratégies. Soit nous ne contrôlons pas les athlètes au bon moment, soit nous ne recherchons pas la bonne substance, soit les laboratoires sont incapables de détecter les produits qu’ils consomment actuellement. Il nous faudrait donc mener une véritable introspection au sein du mouvement antidopage et nous interroger : sommes-nous collectivement inefficaces ?  »

Contrôles nocturnes

Au cours de la dernière décennie, le nombre de cas de dopage dans le monde, tous sports confondus, est stable. Toutefois, en 2023, on a dénombré 2 005 cas. C’est un chiffre record depuis que l’Agence mondiale antidopage (AMA) a commencé à publier des rapports en 2013. L’AMA, qui établit les règles antidopage internationales, autorise les contrôles à tout moment de la journée. En revanche, les athlètes sont très rarement contrôlés entre 23 heures et 5 heures du matin. Or, certaines substances ont une fenêtre de détection très courte. En théorie, cela pourrait permettre à un athlète de prendre une substance interdite à minuit et d’échapper à un contrôle effectué à 5 h du matin.

Benjamin Cohen serait favorable à une plus grande flexibilité concernant les contrôles nocturnes, dit-il dans l’interview qu’il a accordé à The Athletics.

L’Inde sous contrôle

Autre inquiétude, elle concerne l’Inde, le pays favori pour l’organisation des Jeux de 2036. Le pays a enregistré le plus grand nombre de cas positifs de dopage au monde ces trois dernières années et a également été largement associé, dans les médias, à la production de produits dopants.  » Nous entendons parler d’athlètes qui prennent la fuite lors d’un contrôle antidopage « , indique le directeur général.

Le Suisse précise que les autorités indiennes sont peu disposées à collaborer avec l’ITA, car cela revient à dire que le système est en échec et que le pays n’a pas la compétence nécessaire pour gérer ses propres problèmes. Une chose est sûre, dit-il,  » de nombreuses réformes de gouvernance et structurelles sont nécessaires pour que la lutte antidopage soit pleinement efficace en Inde ». Les choses doivent rapidement changer dans ce pays s’il entend rester dans la course à l’édition 2036.

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