La petite phrase qui balaie tout

La petite phrase qui balaie tout C'est peu dire que les Jeux de Tokyo 2020 auront connu toutes les affres possibles

La petite phrase qui balaie tout

C’est peu dire que les Jeux de Tokyo 2020 auront connu toutes les affres possibles et inimaginables. Initialement prévus à l’été 2020, les Jeux doivent être reportés d’un an en raison de la crise du Covid-19. Malgré cela, l’état japonais et le comité d’organisation s’attellent à la tâche. Il faut entretenir les lieux de compétition et prévoir leur gardiennage, lancer une nouvelle campagne de billetterie, relancer le recrutement de volontaires et surtout tenter de ne pas faire exploser le budget d’organisation.

 

À la tête du comité d’organisation, Yoshiro Mori, un homme de 83 ans, certes, mais une personne expérimentée, ancien Premier ministre japonais. Mori mène l’affaire à sa main et éteint toute contestation.

 

Et voilà qu’à l’issue d’une interview, tout bascule. Alors qu’on lui pose la question de savoir s’il compte faire entrer davantage de femmes au sein du conseil d’administration de Tokyo 2020. Yoshiro Mori déclare que « les femmes parlent trop pendant les réunions ». Il ajoute des propos indiquant que les femmes ont « un fort sentiment de rivalité », ajoutant lorsqu’une femme lève la main pour parler, « tout le monde finit par dire… quelque chose. »

Le JOC (le Comité d’organisation de Tokyo 2020) ne compte que cinq femmes dans son conseil exécutif de 24 membres. Dès lors, l’ancien Premier ministre déclenche une campagne médiatique qui va l’emporter.

De la simple vague au raz-de-marée ?

Ces propos mettent surtout en exergue, le peu de place accordé aux femmes au sein des instances dirigeantes du Japon. Le pays est souvent critiqué pour son peu d’effort accordé à l’égalité des sexes. Il se classe 121e sur 153 pays étudiés dans le rapport mondial 2020 sur l’écart entre les sexes au sein du Forum économique mondial.

Ces propos ont déclenché une vague de colère dans tout le pays. Un hashtag en japonais signifiant « Veuillez prendre votre retraite, Yoshiro Mori » est devenu viral sur les réseaux sociaux.

D’un coup, Yoshino Mori est devenu un homme du passé.

L’attaque la plus virulente est venue de celle qui est la partenaire du Comité d’organisation, la gouverneure de Tokyo, Yuriko Koike. Pour elle,  les commentaires sont « inadmissibles ». Pourtant, elle ne demande pas la tête de Mori.

 

Il faut dire qu’en coulisse, à six mois des Jeux, ses partenaires du comité d’organisation n’en mènent pas large. Ainsi, le directeur général de Tokyo 2020, Toshiro Muto confesse. « Si vous démissionniez de la présidence, que deviendrait cette organisation de 5 000 personnes?  » aurait-il dit.

Mori s’en satisfait et ne démissionne pas. Mieux même, il en plaisante en disant que sa femme l’a « grondé » pour ses propos.

Le CIO fait pencher la balance

Pourtant, après avoir fermé les yeux sur cette histoire, le CIO a fini par dire que les propos de Mori « étaient inappropriés ». Entre les lignes, on comprend qu’il demande à Mori de démissionner. Ce dernier ne tarde pas à rendre son tablier.

 

C’est une femme qui lui succède, Seiko Hashimoto (photo ci-dessus aux côtés de Yuriko Koike) qui occupe jusque là le poste de ministre des Jeux olympiques. Sans faire de bruit, elle mènera l’aventure jusqu’à son terme avec réussite. Le scandale de corruption qui rejaillira aux termes des Jeux ne sera pas de son fait.  Il avait été couvert… par son prédécesseur.

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