Un geste fort qui valait mieux que l’anonymat
Un geste fort qui valait mieux que l’anonymat Anastasia Kucherova est russe. Elle habite à Milan depuis 2012. Volontaire lors des
Un geste fort qui valait mieux que l’anonymat
Anastasia Kucherova est russe. Elle habite à Milan depuis 2012. Volontaire lors des Jeux de Milan Cortina, elle est l’auteur d’un geste hautement symbolique qui aurait pu rester totalement anonyme.
La Russie ne comptait que 13 représentants neutres lors de ces Jeux. Il n’y ont obtenu qu’une médaille. En revanche, une jeune Russe aura, elle, parfaitement réussi ses « Jeux ». Elle n’est pas une athlète, mais l’une des 18 000 bénévoles qui contribuent à la tenue des Jeux.
Son rôle ? Être l’une des 92 porte-panneaux nominatifs lors de la cérémonie d’ouverture dans le stade San Siro. Vêtue d’un long manteau argenté à capuche, les yeux cachés derrière des lunettes noires, Anastasia Kucherova portait le panneau « Ukraine ». Au départ, l’attribution des pays se faisait au hasard parmi les porteurs, mais le chorégraphe a ensuite demandé aux volontaires s’ils avaient des préférences. La Russe Anastasia Kucherova s’est avancée et a demandé à porter cet écriteau.
L’émotion l’a submergé
Anastasia Kucherova (photo) est une architecte qui vit à Milan depuis 14 ans. Elle aurait préféré que son geste reste anonyme, juste l’évoquer sur son compte Instagram qui ne compte que quelques centaines d’abonnés. Seulement rien n’échappe à ceux qui scrutent les réseaux sociaux.
L’Agence de presse AP a rencontré la jeune architecte qui s’est expliquée : » Quand vous marchez aux côtés de ces personnes, vous réalisez qu’elles ont tout à fait le droit de ressentir de la haine envers les Russes, a-t-elle déclaré. Néanmoins, je pense qu’il est important de faire un petit geste pour leur montrer que tout le monde ne pense pas forcément de la même manière. »
Pour Kucherova, parler de son petit acte de résistance est un moyen de rappeler au monde que si les Jeux sont formidables, la guerre n’était pas terminée. Sans savoir que Kucherova était russe, les athlètes ukrainiens ont immédiatement reconnu ses origines et lui ont parlé en russe.
Juste avant d’entrer dans le stade, « je me suis retournée – je ne savais pas quoi leur dire – mais je leur ai simplement dit que tout le stade allait leur faire une ovation debout. Les Ukrainiens semblaient sceptiques », a-t-elle déclaré.
Lorsque les acclamations ont retenti, Kucherova a déclaré avoir eu l’impression que tout le stade « reconnaissait leur indépendance, leur volonté de liberté et leur courage d’avoir réussi à se qualifier pour les Jeux olympiques ». Elle a pleuré en silence derrière ses lunettes.
Son geste symbolique, courageux, méritait d’être célébré.