Pôle glace de Nice à Lyon : le dessous des cartes
Pôle glace de Nice à Lyon : le dessous des cartes 3 juin 2026 L'abandon de Nice au profit de Lyon pour
Pôle glace de Nice à Lyon : le dessous des cartes
3 juin 2026
L’abandon de Nice au profit de Lyon pour le pôle glace n’est pas seulement dû aux circonstances. L’affaire était même programmée depuis deux mois. Après le refus du nouveau maire de Nice Eric Ciotti de libérer l’Allianz Riviera pour y organiser le hockey sur glace, les acteurs principaux se sont rapidement tournés vers Lyon. On vous explique pourquoi.
Dans l’interview accordée à l’Équipe par Fabrice Pannekoucke (photo), le président de la région Rhône-Alpes et, à l’issue de la conférence de presse de son homologue de PACA, Renaud Muselier, on comprend les circonstances qui ont définitivement privé Nice, puis Paris, du pôle glace au profit de Lyon.
Tout d’abord, l’un et l’autre ne cachent pas leur optimisme. Ils sont convaincus que les Jeux dans les Alpes 2030 seront réussis. Mais l’un et l’autre expriment des regrets, celui de plusieurs mois de travaux gâchés.
Pour eux, seul Eric Ciotti, le nouveau maire de Nice en porte la responsabilité. Ils considèrent qu’il a tout gâché. Non seulement il ne permet pas de conserver un équilibre géographique entre les deux régions, mais ils ajoutent que Nice risque de perdre gros dans cette issue aventureuse.
Grosse perte financière pour Nice
Avec 75 matchs de hockey sur glace, 150 épreuves de curling, 16 sessions de patinage artistique et 9 épreuves de short-track qui s’envolent de Nice pour Lyon, c’est entre 800 millions et 1,1 milliard d’euros que perd l’agglomération azuréenne. De plus, Nice n’aura pas de Complexe omnisports olympique qui était nécessaire à la ville. Renaud Muselier ne décolère pas. « Nice devait être le cœur urbain des Jeux. Le cœur populaire, le cœur médiatique. La déception est immense, car l’histoire olympique ne repasse jamais deux fois. Mes regrets sont grands. »
Lors de la conférence de presse lundi, Muselier a ajouté : « L’histoire retiendra que pendant cinq ans, alors que nous préparions cette candidature, M. Ciotti l’a anéantie en deux mois. […] Ce qui vient de se produire est un gâchis colossal. »
Fabrice Pannekoucke, son collègue rhônalpin, se montre plus précis sur le sens de la décision. Il trouve d’ailleurs « indécent » l’exploitation politique que tente de faire Ciotti après avoir été écarté du projet. Selon lui, le nouveau maire de Nice savait depuis le départ que la non-utilisation du stade de l’Allianz Riviera pour organiser le hockey masculin et féminin sur un même lieu, comme le souhaitaient le CIO et la Fédération internationale de hockey sur glace (IIHF), était rédhibitoire.
« En avril (après les élections municipales), on décide donc de chercher un autre site. Nous, on est prêts à donner un coup de main, car ça ne doit pas être ailleurs que dans le nord des Alpes. Tout le monde ne peut pas répondre, ni Albertville, ni Grenoble, ni même Marseille, car ce n’est pas une kermesse : la billetterie du hockey masculin représente une part considérable des recettes des Jeux. Ce n’est possible que dans la métropole de Lyon, qui offre des infrastructures aéroportuaire et ferroviaire ».
Paris rapidement écarté
Après le choix de ne pas organiser le hockey sur glace à Nice, deux villes ont fait connaître leur intérêt pour l’organisation du hockey sur glace : Paris et Lyon. « Ça été vite réglé », dit Muselier.
Le choix du hockey dans la capitale est vite écarté. Paris vient d’organiser les Jeux d’été de 2024 et, en dépit de la proposition d’utiliser un lieu remarquable comme l’Accor Arena, les Jeux doivent rester dans les Alpes. L’arbitrage en faveur de Lyon devient facile, voire indispensable.
Le travail a déjà commencé et oblige l’ensemble des promoteurs à aller vite. Pannekoucke précise : « On regarde où on peut recevoir les épreuves, comment on organise l’hébergement des athlètes et comment on répond simplement à nos engagements. » On n’a pas encore tous les éléments, mais la carte des sites sera révélée le 29 juin et on sera au rendez-vous ».
Lyon récupère le pôle glace, cela ne fait plus de doute. Le déséquilibre entre les deux régions est acté et la responsabilité n’incombe en rien aux promoteurs du projet.
La région sud ne disposera plus que des sports de glisse moderne (ski acrobatique, snowboard) dans le Briançonnais, à Serre-Chevalier et Montgenièvre. Elle va pouvoir se concentrer sur deux objectifs : le désenclavement de la région et la rénovation du fort Vauban, appelé à devenir un Village olympique.
Pingback:La région sud espère conserver sa "cérémonie" | DICOLYMPIQUE 5 juin 2026