L’Indonésie « profondément » hors jeu
L'Indonésie "profondément"hors jeu Le Comité international olympique (CIO) déplore «profondément» l'absence des gymnastes israéliens aux Championnats du monde de gymnastique artistique
L’Indonésie « profondément »hors jeu
Le Comité international olympique (CIO) déplore «profondément» l’absence des gymnastes israéliens aux Championnats du monde de gymnastique artistique en Indonésie. Les autorités ont refusé de laisser entrer les athlètes sur leur territoire.
Publié le 19 octobre et réactualisé le 22 octobre
Le Comité international olympique (CIO) a annoncé ce mercredi rompre tout dialogue avec l’Indonésie en guise de sanction après que le pays a interdit à la délégation israélienne de participer aux Championnats du monde de gymnastique artistique, qui se déroulent jusqu’à dimanche prochain à Djakarta.
La décision des autorités indonésiennes semble d’autant plus regrettable qu’elle intervient « à la suite des progrès significatifs observés en faveur d’un accord de paix lors du récent sommet de la paix en Égypte, comme en a été témoin le président de l’Indonésie », écrit le CIO dans un communiqué.
« La commission exécutive du CIO se penchera sur la situation particulière de l’Indonésie lors de sa prochaine réunion », ajoute l’organisation mondiale du sport. Mais d’ores et déjà, le pays semble avoir perdu toute chance de pouvoir organiser les Jeux d’été de 2036 comme il le souhaitait.
Le CIO n’a pas tardé à réagir après la décision de l’Indonésie de fermer la porte aux sportifs israéliens, et en particulier à son meilleur représentant, le gymnaste Artem Dolgopyat, champion du monde 2023 et médaillé d’or au sol à Tokyo 2020. À plusieurs reprises déjà, le CIO a appelé à ne pas condamner les athlètes d’Israël en dépit des actions de son gouvernement, rappelant au passage que le cas d’Israël n’avait rien à voir avec celui de la Russie.
De son côté, le gouvernement indonésien indique avoir « une politique fermement établie de ne pas avoir de contact avec Israël tant qu’il ne reconnaîtra pas l’existence d’une Palestine libre et souveraine», expliquait récemment le ministre indonésien des Affaires juridiques et des Droits humains, Yusril Ihza Mahendra.
Une politique de façade quand on sait l’Indonésie entretient “secrètement” une coopération avec l’État hébreu dans les domaines de la santé, du commerce, du tourisme, comme le rapportait en 2023, le journal « The conversation ».
Le TAS rejette l’affaire sur la forme
Saisi par la Fédération israélienne (IGF), le Tribunal arbitral du sport (TAS) a rejeté les requêtes provisoires visant à obliger la Fédération internationale à «garantir la participation de l’équipe israélienne aux Championnats du monde» ou à défaut, à «déplacer ou annuler ces championnats».
Néanmoins, le TAS poursuit l’examen sur le fond de l’un des deux appels déposés par l’IGF, conjointement avec «six athlètes israéliens qualifiés» pour les Mondiaux.
Le CIO indique de son côté avoir «engagé le dialogue» avec la Fédération internationale de gymnastique «ainsi qu’avec le Comité national olympique et le gouvernement indonésien dans le but de contribuer à la recherche d’une solution. À ce jour, aucune issue n’a malheureusement pu être trouvée».
Spiros Capralos en remet une couche
Autre réaction importante, celle du président des Comités olympiques européens, Spiros Capralos. « La politique n’a pas sa place dans le sport », écrit-il.
Dans un communiqué, celui qui est également vice-président du CIO estime que la décision du gouvernement indonésien est « un acte flagrant de discrimination. Elle constitue une violation directe des principes fondamentaux du sport international : l’égalité, la neutralité et le respect entre les nations. Le comportement de l’Indonésie ces dernières années souligne la nécessité de prendre des mesures plus fermes, selon le Grec.
Capralos fait référence à l’annulation des Jeux mondiaux de plage 2023 (le Comité olympique indonésien s’était retiré un mois avant l’événement, ndlr). Il souligne par ailleurs que le pays manque à ses engagements internationaux en n’ayant toujours pas indemnisé l’Association des comités nationaux olympiques pour les pertes subies. « Aujourd’hui, ajoute-t-il, en refusant l’entrée à ses athlètes israéliens, l’Indonésie montre une fois de plus qu’elle ne respecte pas l’esprit ni les responsabilités d’un hôte sportif mondial ».